JO: Sotchi vitrine de la Russie moderne

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LES JEUX DE SOTCHI, VITRINE DE LA RUSSIE MODERNE
LES JEUX DE SOTCHI, VITRINE DE LA RUSSIE MODERNE

par Ossian Shine

SOTCHI, Russie (Reuters) - Après sept ans de critiques qui les présentaient comme une extravagance au prix exorbitant de 50 milliards de dollars, Vladimir Poutine a réussi à faire des Jeux olympiques de Sotchi la vitrine d'une Russie moderne à la puissance retrouvée.

Le chef de l'Etat jouait aussi une partie de sa réputation sur la réussite ou l'échec de l'événement. Il s'est livré à une offensive de charme, a assisté à plusieurs épreuves et est allé rendre visite à la délégation américaine, partageant un verre de vin avec ses dirigeants.

La sécurité était l'un des principaux thèmes dans la montée vers les Jeux. Elle a été assurée par une main de fer dans un gant de velours et athlètes et visiteurs n'ont eu que louange à la bouche.

Il y a bien eu quelques manifestations. La plus visible a été une tentative de performance des Pussy Riot, militantes de la défense des droits de la femme en Russie.

L'affaire a failli mal tourner quand des cosaques, supplétifs des forces de sécurité, ont attaqué les jeunes femmes à coups de fouet mais les critiques sur le coût, les droits de l'homme et la corruption n'ont pas déstabilisé les Jeux.

La première place de la Russie au tableau final des médailles devant la Norvège et le Canada (que l'on prenne en compte le nombre de médailles d'or ou le butin total) a certainement contribué au succès des Jeux.

Le vice-Premier ministre Dmitri Kozak n'a pas manqué d'en tirer avantage.

"Les Jeux ont transformé notre pays, sa culture et son peuple pour les rendre plus proches, plus attirants et plus faciles à comprendre pour le reste du monde", a-t-il dit.

Mais, pendant 17 jours, sur les bords de la mer Noire et dans les montagnes du Caucase, les Russes ont fait vivre aux acteurs et spectateurs bien plus qu'un exercice de relations publiques.

Avec une armée de volontaires déguisés dans des tenues psychédéliques dessinées par l'atelier russe Bosco, Sotchi a été le théâtre d'un formidable festival dès que les articles au vitriol ont laissé place aux comptes-rendus de sport.

De nouveaux champions sont nés sur les pistes, les patinoires et tremplins. D'autres ont fondu comme neige de printemps.

BJOERNDALEN HOMME DES JEUX

La plus violente polémique a concerné le patinage artistique féminin. La victoire d'Adelina Sotnikova qui est devenue la première Russe championne olympique en individuel, a fait hurler de joie le public russe.

Elle a aussi fait pleurer la Sud-Coréenne Kim Yuna qui visait un doublé après son triomphe à Vancouver et rugir de colère bon nombre de spécialistes furieux contre les juges.

Le pire accident des Jeux s'est produit dans le Parc de l'extrême où se déroulaient notamment les épreuves de ski acrobatique. Une concurrente, la Russe Maria Komissarova, s'est brisé la colonne vertébrale à l'entraînement.

Autre coup dur pour la Russie, son équipe de hockey sur glace, sport national, a été battue deux fois. La première par les Etats-Unis dans un match de poule aux relents de guerre froide, puis par la Finlande dans un quart de finale à élimination directe. Le Canada a battu la Suède en finale.

Un grand moment des Jeux est venu lorsque des femmes se sont pour la première fois envolées dans un ciel olympique depuis un tremplin. La première médaille d'or de saut féminin est allée à l'Allemande Carina Vogt.

En descente, épreuve-reine des Jeux, Tina Maze et Dominique Gisin, ont offert un autre grand moment. Elles ont été déclarées vainqueurs ex aequo au centième de seconde près pour la première fois dans l'histoire des Jeux.

Aux deux extrémités de la pyramide des âges, l'Américaine Mikaela Shiffrin, médaille du slalom, est devenue à 18 ans la plus jeune championne olympique de ski alpin.

L'Autrichien Mario Matt, titré lui aussi en slalom, est désormais, à 34 ans, le champion olympique le plus âgé.

L'Américain Bode Miller, de deux ans son aîné, est devenu le médaillé olympique en ski le plus âgé. Il a porté une dernière touche à son palmarès avec la médaille de bronze de super-G.

La plus belle démonstration collective est allée aux patineurs de vitesse des Pays-Bas qui ont raflé huit médailles d'or sur 12 avec quatre triplés en prime.

Et si l'on cherche l'athlète des Jeux, le biathlète Norvégien Ole-Einar Bjoerndalen qui a établi à 40 ans un nouveau record de 13 médailles olympiques vient immédiatement à l'esprit.

Deux autres biathlètes, Martin Fourcade et Darya Domratcheva ont été l'homme et la femme les plus titrées des Jeux avec deux médailles d'or et une d'argent pour le Français et trois médailles d'or pour la Russe.

Jean-Paul Couret pour le service français

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