JO: Murray prend le pouvoir à Wimbledon, Bolt contesté

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ANDY MURRAY, CHAMPION OLYMPIQUE À WIMBLEDON
ANDY MURRAY, CHAMPION OLYMPIQUE À WIMBLEDON

par Kevin Liffey et Alison Williams

LONDRES (Reuters) - Les spectateurs de Wimbledon ont assisté dimanche à un putsch sur le gazon du Centre Court, où Andy Murray a pris le pouvoir dans le fief de Roger Federer et c'est un autre coup d'Etat qu'espèrent les rivaux du Jamaïcain Usain Bolt sur le 100 m des Jeux de Londres.

La finale de la distance reine du sprint, prévue en fin de soirée, répondra à cette question que tous les amateurs d'athlétisme se posent : le triple champion olympique est-il toujours aussi souverain ?

Sauf surprise en demi-finale, la grande explication mettra aux prises les quatre hommes les plus rapides de l'histoire, à savoir les Jamaïcains Yohan Blake et Asafa Powell, l'Américain Tyson Gay et, bien entendu, le tenant du titre Bolt.

Parmi ces candidats, tous ont un CV suffisamment crédible pour postuler au sacre. Mais le jeune loup Yohan Blake semble être le plus à même de contester le couronne de son compatriote.

Le sprinteur de 22 ans a déjà succédé à son aîné au palmarès des championnats du monde, l'année dernière à Daegu en Corée du Sud, mais il avait à l'époque profité d'un faux départ du favori pour monter sur le trône laissé vacant.

Il y a un peu plus d'un mois, Yohan Blake a pris Usain Bolt de vitesse coup sur coup, au 100 m et au 200 m, lors des sélections nationales, comme pour signaler à Bolt que le temps du renouvellement de génération était peut-être venu au sommet de la hiérarchie mondiale.

Outre les généraux habituels, un autre Américain, Ryan Bailey, pourrait se mêler aux débats. Samedi, il a signé le meilleur temps des séries, en 9"88.

"JE NE REGRETTE PAS"

En l'absence de Christophe Lemaitre, les seules chances françaises reposeront sur les épaules de Jimmy Vicaut, sixième de la finale mondiale à Daegu. Sa présence en finale, parmi les gros bras de la discipline, constituerait déjà un bon résultat pour le jeune athlète de 20 ans toujours en apprentissage.

Christophe Lemaitre a certes renoncé à la course pour se ménager en vue du 200 m, mais il surveillera de près ses futurs adversaires.

"Je ne ressentirai pas plus de choses que d'habitude, honnêtement. Je vais quand même la regarder cette finale, c'est sûr, car c'est ma discipline", a dit le sprinteur, imperméable à la pression.

"Sinon, ce que je peux vous dire, c'est que je ne suis pas plus dépité que ça de ne pas y participer. J'ai fait un choix et je ne le regrette pas."

Le Suisse Roger Federer pourra, lui, nourrir quelques regrets. Le numéro mondial, qui aura 31 ans mercredi - un âge canonique au regard des standards de la discipline -, n'a pas réussi à ajouter l'or olympique qui manque à son palmarès en individuel.

Le tennisman jouait pourtant en son royaume, sur le Court central de Wimbledon où il a déjà triomphé à sept reprises en Grand Chelem. La dernière fois, c'était il y a moins d'un mois, face à l'Ecossais Andy Murray.

Mais, le vent, cette fois--ci, a tourné contre lui et Roger Federer a été emporté en trois manches cinglantes 6-2 6-1 6-4.

Battu sur un ultime ace d'Andy Murray, le roi du gazon londonien a donc transmis son sceptre à un Britannique, pour le plus grand bonheur des tribunes pavoisées d'Union Jacks.

COUP DE POING POUR UN COUP D'ESSAI

Ce nouveau couronnement est intervenu au lendemain du jour le plus faste de la Grande-Bretagne aux Jeux olympiques depuis l'édition 1908, qui avait déjà eu lieu sur le sol anglais. La délégation a récolté pas moins de six médailles d'or samedi, dont trois en athlétisme.

La Chine a fait encore mieux sur les épreuves de badminton. Le pays a réalisé un grand chelem avec cinq médailles d'or, soit la totalité des titres mis en jeu dans la capitale anglaise.

Quelques instants après la victoire de Lin Dan en simple, le duo a battu en finale les Danois Mathias Boe et Carsten Mogensen en deux manches (21-16 21-15) pour assoir un peu plus l'hégémonie chinoise.

A défaut de putsch, la Russe Elena Savelyeva a fait parler son punch. La Russe a décoché dimanche à Londres le premier coup de poing de l'histoire de la boxe féminine aux Jeux olympiques avant de remporter le combat.

Les rings étaient jusque-là strictement réservés aux hommes aux Jeux en raison du manque d'intérêt, réel ou présumé, pour cette discipline chez les femmes.

Côté Français, la moisson a été maigre ce dimanche : Jonathan Lobert s'est adjugé la médaille de bronze des régates olympiques de Finn dans la baie de Weymouth, au sud-ouest de Londres, une épreuve remportée par le Britannique Ben Ainslie.

Naviguant sous le soleil, dans des conditions parfaites, le Français de 27 ans a remporté la dernière régate, ou "course pour les médailles" ('medal race'), pour devancer sur le fil le Néerlandais Pieter-Jan Postma au classement général et prendre place sur le podium.

La France risque bien de se contenter de cette médaille dimanche. La journée serait pour les Bleus au diapason de l'humeur des escrimeurs, morose.

La défaite de l'équipe masculine de fleuret par équipe en quart de finale a mis fin à l'agonie londonienne de l'escrime française qui n'a pas remporté la moindre médaille dans ces Jeux, une première depuis 52 ans.

Simon Carraud pour le service français, édité par Jean Décotte

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