JO: Michael Phelps et les pistards du Team GB maîtres du temps

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20E MÉDAILLE OLYMPIQUE POUR MICHAEL PHELPS
20E MÉDAILLE OLYMPIQUE POUR MICHAEL PHELPS

LONDRES (Reuters) - Michael Phelps a encore repoussé ses propres limites jeudi en remportant une 20e médaille olympique, la 16e en or, un métal auquel les pistards britanniques ont également goûté en pulvérisant le record du monde de la vitesse par équipes.

L'Américain, auquel le président du comité organisateur des Jeux, Sebastian Coe, avait contesté mercredi le statut de plus grand champion olympique de tous les temps après son record de médailles, a répondu de la seule manière qu'il connaît : en gagnant.

Vainqueur du 200 mètres quatre nages devant son compatriote et ami Ryan Lochte, Michael Phelps n'a pas seulement décroché une nouvelle médaille, il est devenu le premier nageur à s'imposer sur la même distance lors de trois JO différents chez les hommes.

De quoi marquer un peu plus l'histoire des Jeux de son immense empreinte.

L'Américain a ainsi éclipsé la performance de son compatriote Tyler Clary, vainqueur surprise du 200 m dos, et même les reines du soir: la Néerlandaise Ranomi Kromowidjojo, sacrée sur 100 m nage libre, ou l'Américaine Rebecca Soni, qui a réussi le doublé Pékin-Londres sur 200 m brasse, record du monde à la clé.

S'il n'est plus aussi dominateur qu'à Pékin (huit titres), Michael Phelps totalise déjà deux médailles d'or et deux d'argent. Et le festin du "glouton du Michigan" n'est peut-être pas terminé, puisqu'il s'est aussi qualifié jeudi pour la finale du 100 mètres papillon.

A peine redescendu du podium, Michael Phelps a replongé dans la piscine de l'Aquatics Centre pour signer le meilleur temps des demi-finales et il serait surprenant qu'il laisse passer l'occasion, vendredi en finale, puis normalement samedi lors du relais 4x100 m 4 nages, de repousser les limites de ses propres records.

PISTE RECORD

De record, il en a aussi été question dans l'enceinte surchauffée du Vélodrome de Londres, où comme à Pékin en 2008, la Grande-Bretagne a remporté l'épreuve de vitesse par équipes en battant la France en finale.

Au lendemain de la victoire de l'ancien pistard Bradley Wiggins dans le contre-la-montre sur route, une marée d'Union Jacks attendait Sir Chris Hoy et ses frères d'arme, Jason Kenny et le jeune Philip Hindes, pour cette première journée de cyclisme sur piste.

Et les quelque 6.000 spectateurs, dont le Premier ministre David Cameron, le duc et la duchesse de Cambridge et le prince Harry, n'ont pas été déçus : bien aidé par ses équipiers, Chris Hoy a enlevé sa cinquième médaille d'or olympique et égalé le record britannique du rameur Steve Redgrave.

L'euphorie des Britanniques contrastait avec la déception des Français, qui n'avaient plus perdu contre cet adversaire depuis... la finale de Pékin.

"On est déçu. On était venu pour l'or. On s'est préparé pendant des années pour ça. Mais on n'a rien à se reprocher, nous avons amélioré nos meilleures marques à trois reprises. Ils étaient juste plus forts", a résumé Kevin Sireau, le deuxième relayeur français.

Et Grégory Baugé, revanchard, de rappeler que les compétitions sur piste ne font que commencer et qu'il demeure l'homme à battre en vitesse individuelle, où Jason Kenny a été préféré à Chris Hoy : "La vitesse individuelle, c'est totalement différent", a-t-il assuré.

DU SIMPLE AU DOUBLE

Mais comment arrêter les Britanniques ? La question risque de devenir de plus en plus insoluble au fil des jours tant l'euphorie collective semble avoir gagné le Royaume.

S'ils ont patienté jusqu'à mercredi pour remporter leurs deux premières médailles d'or, les sujets de sa Gracieuse Majesté, présente au Vélodrome, en ont ajouté trois à leur palmarès jeudi, grâce au tir et au canoë biplace, discipline dans laquelle ils ont même signé un doublé or-argent.

En judo, Gemma Gibbons a dû se contenter de l'argent, non sans avoir sorti en demi-finale la championne du monde française Audrey Tcheuméo, médaillée de bronze mais inconsolable d'avoir laissé échapper un titre olympique qui lui tendait les bras.

Emilie Fer a eu davantage de réussite en kayak, signant une rafraîchissante victoire dans le bassin tourmenté de Lee Valley, une sixième récompense en or qui a permis à la France de conserver sa quatrième place au tableau des médailles, juste devant la Grande-Bretagne.

Ce n'est que partie remise, doit se dire le pays hôte, qui outre le cyclisme sur piste, l'aviron ou la voile, disciplines dans lesquelles il devrait poursuivre sa razzia, se prend à rêver d'un sacre dans la plus royale des enceintes, Wimbledon, où Andy Murray s'est hissé dans le dernier carré.

L'Ecossais s'y trouvera en bonne compagnie, avec en demi-finale le Serbe Novak Djokovic, qui a allégé les travaux d'Hercule de Jo-Wilfried Tsonga et peut-être en finale le Suisse Roger Federer ou l'Argentin Juan Martin Del Potro.

Qu'à cela ne tienne : les Français peuvent aussi rêver d'or, mais en double, les paires Jo-Wilfried Tsonga-Michaël Llodra et Julien Benneteau-Richard Gasquet étant toutes deux qualifiées pour les demi-finales.

Tangi Salaün pour le service français, édité par Simon Carraud

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