JO: Mahiédine Mekhissi n'a pas usurpé l'argent du 3.000m steeple

le
0
MAHIÉDINE MEKHISSI EN ARGENT SUR 3.000 M STEEPLE
MAHIÉDINE MEKHISSI EN ARGENT SUR 3.000 M STEEPLE

par Olivier Guillemain

LONDRES (Reuters) - Médaillé d'argent controversé aux Jeux de Pékin, le Français Mahiédine Mekhissi a prouvé dimanche à Londres qu'il n'avait rien usurpé en terminant à nouveau vice-champion olympique du 3.000 mètres steeple.

Auteur d'une course tactique remarquable, serré de près par les trois Kényans rois de la discipline, l'athlète de 27 ans est allé chercher au courage la première médaille de l'athlétisme français dans ces JO.

Pour près de 50 centièmes, le natif de Reims a laissé l'or au Kényan Ezekiel Kemboi (8'18"56) et arraché l'argent juste devant son compatriote Abel Kiprop Mutai (8'19"73).

Le champion olympique en titre Brimin Kipruto, avec qui Mahiédine Mekhissi est en contentieux depuis les championnats du monde 2011, a terminé cinquième de la course, ralenti par une chute à près d'un tour de l'arrivée.

"Je suis content d'avoir gagné cette médaille pour l'équipe de France. Je débloque le compteur pour l'athlétisme", s'est félicité le Français au micro de France Télévisions.

"Aujourd'hui c'était une course très relevée (...) et je croyais en moi, je croyais en mes chances. J'ai réalisé une bonne course tactiquement, techniquement", a-t-il poursuivi, se disant "très fier" de sa performance.

Mahiédine Mekhissi se souviendra en effet certainement de ce jour où il a écrit ou réécrit l'un des plus beaux chapitres de sa vie, dans un stade olympique de Londres chauffé à blanc par l'imminence de la finale du 100 m.

Programmés moins d'une demi-heure avant l'entrée dans l'arène des étoiles du sprint, les steeplers ont en effet tenu en haleine les 80.000 spectateurs du stade olympique pendant un peu plus de huit minutes, déclenchant des frissons à chacun de leurs sept passages au-dessus de la "rivière".

TOILE D'ARAIGNÉE KÉNYANE

Parti sagement dans le peloton emmené par les deux Américains Evan Jager et Donald Cabral, Mahiédine Mekhissi a rapidement compris que les trois Kényans du jour avaient mis en place une stratégie pour l'empêcher de prendre toute initiative.

Le plan était simple : un coureur devant lui, un deuxième à ses côtés et un troisième derrière.

Conscient du piège qui était en train de se refermer sur lui, le Français s'est extirpé de cette toile d'araignée avec intelligence à quatre tours de l'arrivée.

A 2.000 mètres, Abel Kiprop Mutai a placé une accélération fatale à tous les autres concurrents de cette finale, sauf à ses compatriotes, à Mekhissi et à l'Ethiopien Roba Gari.

A deux tours, le champion olympique en titre est tombé et le match pour le podium s'est réduit à quatre prétendants.

Quatrième à la cloche indiquant le dernier tour, le Français a d'abord semblé souffrir, les traits tirés, avant de placer à son tour une attaque tranchante.

Dans les tous derniers mètres, il a d'abord doublé Roba Gari pour s'assurer le bronze puis Abel Kiprop Mutai, pour s'offrir à 27 ans la deuxième médaille d'argent olympique de sa carrière.

De son propre aveu, gagner dimanche à Londres était quasi impossible.

Et ce n'était parce que depuis 1968, hormis les JO boycottés de 1976 et 1980, le Kenya a remporté tous les titres olympiques de cette épreuve exigeante et technique.

Pour Mahiédine Mekhissi, Kemboi a couru sur des bases supérieures à tous les autres concurrents.

"Il a gagné aujourd'hui, c'est lui qui était le plus fort et je tiens à le féliciter", a dit le Français à propos du tout champion kényan, qu'il a longuement étreint à l'issue de la course.

Edité par Jean Décotte

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant