JO: Londres, Olympe d'un temps troublé

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UNE XXXE OLYMPIADE EN DES TEMPS TROUBLÉS
UNE XXXE OLYMPIADE EN DES TEMPS TROUBLÉS

par John Mehaffey

LONDRES (Reuters) - La fête olympique commence vendredi et tout un monde - athlètes, organisateurs, volontaires, spectateurs - espère qu'elle sera belle, même si rôdent, en des temps troublés, crise économique et sociale ainsi que menaces de violences extrémistes.

Le ton a été donné dès 2005 lorsque l'euphorie provoquée à Londres par l'attribution des Jeux de la XXXe olympiade a été anéantie dans les 24 heures par une vague de quatre attentats qui ont fait 52 morts.

Ce ton demeure et la cérémonie d'ouverture de vendredi au Stade olympique sera la plus importante opération de maintien de la sécurité qu'ait connue la Grande-Bretagne en temps de paix.

Les transports en commun londoniens et notamment le "Tube", le métro, épinglé par le CIO et jugé archaïque par bon nombre de ses usagers sont aussi un facteur d'inquiétude.

Le budget qui flambe depuis la candidature en est un autre comme le temps qui vient de justifier sa triste réputation par des semaines de pluie.

Les dernières prévisions météorologiques ont cependant redonné du baume au coeur des organisateurs qui tentent de se persuader que la Grande-Bretagne et sa capitale ont tous les atouts pour réussir les Jeux, à commencer par leur habitude d'accueillir de grands événements.

"Londres organise en permanence des événements de portée internationale, parfois même plusieurs en même temps et nous avons un bon bilan", a déclaré à Reuter Sebastian Coe, président du Comité d'organisation des Jeux.

"Je ne veux pas donner l'impression d'être trop optimiste ou trop désinvolte mais nous ne voulons pas que les gens aient l'impression de venir dans une ville en état de siège.".

Pour ne retenir que les Jeux olympiques, Londres s'apprête à les accueillir pour la troisième fois après ceux de 1908, à l'époque de la splendeur edwardienne et en 1948, alors qu'elle se relevait à peine de la Seconde Guerre mondiale.

La capitale britannique sera la seule ville à avoir obtenu cet honneur à ce jour. Comme pour établir un lien avec le passé, elle a décidé d'installer son Parc olympique dans les quartiers de l'East End qui avaient été ravagés par le Blitz.

BOLT ET PHELPS

Un autre lien avec l'histoire vient de la place qu'occupe la Grande-Bretagne dans le sport depuis l'époque victorienne durant laquelle elle a forgé sur son sol les règles de pratiquement toutes les disciplines.

"Nous venons à une nation qui a inventé le sport moderne dans la seconde moitié du 19e siècle", a récemment déclaré le président du CIO, Jacques Rogge, lors du Grand Prix de Formule un de Grande-Bretagne.

"Nous venons aussi à une nation qui a inscrit le sport dans les programmes scolaires, une nation qui aime et comprend le sport."

Ce passé de la Grande-Bretagne devrait garantir un succès sans précédent aux athlètes qui triompheront pendant les Jeux.

Le public attend ainsi avec ferveur Usain Bolt qui avait électrifié le "Nid d'oiseau" de Pékin, il y a quatre ans puis a couru en 2009 le 100m et le 200m les plus rapides du monde en 9"58 et 19"19 à Berlin.

Le temps est cependant parfois cruel même pour les plus grands et un autre Jamaïcain, Yohan Blake dit "La Bête", pourrait bien supplanter Usain Bolt come il l'a déjà fait à deux reprises.

C'était en finale du 100m des Mondiaux de Daegu, lorsqu'il a profité d'un faux départ et lors des sélections jamaïcaines quand il s'est joué des adducteurs douloureux de son modèle.

Ce 100 et ce 200 mètres de Kingston début juillet ont redonné tout leur attrait aux courses de sprint de Londres, le 5 et le 8 août.

D'ici là, ce sont les nageurs qui seront en vedette avec notamment Michael Phelps, auteur de l'autre exploit des Jeux de Pékin où il avait remporté huit médailles d'or.

L'Américain ne briguera cette fois que sept médailles d'or et comme Usain Bolt il sera confronté à un de ses compatriotes, Ryan Lochte, qui se présentera fort de cinq titres aux derniers championnats du monde.

A côté de ces stars, ils seront des dizaines, des centaines et même des milliers d'athlètes venus de 203 pays à rêver d'un triomphe, d'un petit moment de gloire ou d'une participation honorable qu'ils pourront revivre encore et encore puis raconter encore et encore.

Jean-Paul Couret pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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