JO: les nouvelles "perdantes magnifiques" du football

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par Olivier Guillemain

LONDRES (Reuters) - A une certaine époque, il y avait dans le football "les perdants magnifiques", aujourd'hui l'expression se décline au féminin.

Elles sont brillantes, attachantes, et ont conquis le coeur des Français sur les cendres encore fumantes de Knysna, il y a un an, en se hissant en demi-finale de la Coupe du monde en Allemagne.

Lundi, à Wembley, la même histoire romantique s'est rejouée mais cette fois-ci dans le cadre des Jeux olympiques, au terme d'une rencontre au scénario cruel avec une domination dans le jeu, un penalty manqué et une défaite amère à la fin, pleine de frustrations.

Un peu à l'image de la génération des footballeurs français qui ont connu les désillusions de Séville 1982, ou de France-Allemagne 1986, les Bleues sont en train de se forger une réputation de "looseuses magnifiques", admirables dans la défaite.

Le gourou de ces dames, Bruno Bini, est l'incarnation parfaite de cette philosophie.

En quelques mots, lundi, il a décrit avec humour la situation dans laquelle il se trouve depuis deux ans.

"Mon problème, c'est que je ne sais pas faire les demi-finales", a-t-il commencé par dire, avant de faire une promesse pleine d'amour à ses protégées.

"Donc si l'année prochaine on est (en demi-finales) à l'Euro, je crois que je rentrerai à la maison et qu'on fera venir quelqu'un d'autre pour coacher l'équipe."

Pour le sélectionneur de l'équipe de France, les deux échecs successifs en demi-finale d'une grande compétition ne sont toutefois pas comparables.

"PERDRE À NOUVEAU EN DEMI-FINALE, C'EST DUR"

"Aujourd'hui, c'est pire", a-t-il souligné.

"On n'a pas concédé une seule occasion pendant toute la deuxième période et je crois que pendant les 20 dernières minutes, elles ont dû dépasser deux fois le milieu de terrain", a-t-il noté, en faisant référence aux Japonaises.

C'est vrai que l'année dernière, lors du Mondial allemand, son équipe s'était inclinée 3-1 face aux Américaines et n'avait pas semblé aussi proche que lundi de s'offrir la première finale de la jeune histoire du football féminin français.

Pilier de cette équipe avec plus d'une centaine de sélections, Camille Abily a dit à Reuters toute sa frustration d'échouer encore si proche de la plus haute marche.

"C'est la deuxième fois que cela nous arrive, c'est rageant. Perdre à nouveau en demi-finale, c'est dur", a expliqué la joueuse de l'Olympique lyonnais.

Lucide du haut de ses 38 printemps, la capitaine Sandrine Soubeyrand pense quant elle déjà à la suite, jeudi, avec le match pour la troisième place.

"L'année passée on a terminé quatrième de la Coupe du monde", a-t-elle commencé par rappeler.

"Donc, là, le but du jeu, c'est un peu d'éviter à tout prix la place du con", a-t-elle ajouté, faisant référence de manière un peu grossière, à ce qu'on désigne, par une litote, comme "une médaille en chocolat".

Edité par Simon Carraud

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