JO: les Jeux de Sotchi dans la porte de départ

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SOTCHI À L'HEURE DES JEUX
SOTCHI À L'HEURE DES JEUX

par Mike Collett-White

SOTCHI, Russie (Reuters) - Au prix de sept ans de travaux forcés, de 50 milliards de dollars, de menaces d'attentats et de controverses politiques, les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi ont vécu vendredi leur dernière journée de préparation avant la cérémonie d'ouverture.

Vladimir Poutine, qui a misé sur la réussite de Sotchi sa réputation et celle de sa nouvelle Russie, a évité le camouflet d'un boycott comme celui qui avait assommé les premiers JO organisés par l'URSS de Leonid Brejnev à l'été 1980.

Il y a bien eu des critiques internationales sur la loi contre "la propagande gay", qui selon certains mouvements, limite les droits des homosexuels.

Le président russe a toujours soutenu que sa loi n'avait pour but que de protéger les enfants et que les Jeux olympiques n'étaient pas un lieu propice aux débats politiques.

Il l'a répété vendredi à l'occasion d'un entretien avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

"Je sais que vous accordez beaucoup d'importance aux questions humanitaires et à la défense des droits de l'homme", a-t-il dit. "Nous sommes toujours ouverts à la discussion".

Mark Rutte est au nombre de la quarantaine de chefs d'Etat dont le chinois Xi Jinping qui ont sauvé le volet diplomatique des Jeux même si Barak Obama, François Hollande, David Cameron et le président allemand Joachim Glauck n'ont pas fait le voyage de Sotchi.

La délégation américaine comprendra des représentants du mouvement gay. L'ancienne championne de tennis Billy Jean King aurait également dû être présente vendredi soir mais elle a déclaré forfait à cause d'un problème familial.

Google a mis son grain de sel en affichant vendredi sur sa page de recherche un logo aux couleurs de l'arc-en-ciel du mouvement gay, rouge, orange, jaune, vert, bleu et violet.

Les préparatifs techniques et matériels des Jeux n'ont pas été non plus sans souci.

HISTOIRES DE BOSSES

Le principal problème a été le logement en raison du retard pris dans la construction des nouveaux hôtels. Des chambres restent en travaux, sans télévision ni accès internet. Certains robinets et certaines douches ne produisent qu'une eau marron ou froide mais les 3.000 athlètes semblent avoir été préservés.

"Les conditions offertes aux athlètes sont absolument exceptionnelles", a déclaré le président du Comité national olympique français Denis Masseglia.

Un autre sujet d'inquiétude a été les menaces d'attentats proférées par les groupes islamistes et séparatistes du Nord-Caucase et notamment Tchétchènes auxquels Poutine a déclaré une guerre sans merci.

Responsables russes et spécialistes des problèmes de sécurité pensent que la menace d'un attentat est plus vive ailleurs en Russie qu'à Sotchi ou dans le Caucase.

Deux attentats en deux jours ont déjà tué 34 personnes à Volgograd, à 700 km de Sotchi, en décembre.

Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a appelé vendredi par tweet les habitants de la capitale à "être particulièrement vigilants dans les transports en commun et les gares de train".

A Sotchi, les autorités ont promis qu'un "anneau d'acier" serait installé autour des sites olympiques. Environ 37.000 agents des forces de sécurité ont été déployés et mis en état d'alerte permanent.

Ce dispositif a certes été la source de contraintes pour les athlètes mais ils n'en ont pas moins chaussé les skis ou les patins avec enthousiasme.

Les skieurs qui faisaient leurs premières descentes d'entraînement jeudi et vendredi ont découvert des pistes difficiles à maîtriser.

La première séance dames a été suspendue jeudi matin le temps que la dernière bosse avant le schuss d'arrivée soit rabotée.

Maria-Höfl Riesch, première au classement de la Coupe du monde de descente, n'a pas apprécié et s'est plainte vendredi que la piste était désormais trop lente. "Ce n'est plus une descente", a-t-elle dit.

Chez les hommes, le Norvégien Aksel Lund Svindal a au contraire jugé que les sauts spectaculaires provoqués par les bosses de la piste masculine étaient "à la limite" du dangereux et a réclamé des modifications.

L'Américain Sven Nyman a jugé qu'au matin d'une nuit plus fraîche que la précédente la neige était "devenue de la glace pure". "J'ai eu l'impression de me retrouver sur une patinoire verticale", a-t-il ajouté.

Jean-Paul Couret pour le service français

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