JO: les handballeuses françaises digèrent mal la défaite

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UNE DÉFAITE DIFFICILE À DIGÉRER POUR LES HANDBALLEUSES FRANÇAISES
UNE DÉFAITE DIFFICILE À DIGÉRER POUR LES HANDBALLEUSES FRANÇAISES

par Olivier Guillemain

LONDRES (Reuters) - Comme si l'élimination était trop précoce pour être plausible, les handballeuses françaises, éberluées d'avoir perdu d'un point contre le Monténégro en quarts de finale des Jeux de Londres, ont refusé mardi d'accepter leur sort.

Huit mois après leur échec cuisant en finale du Mondial au Brésil, les "femmes de défi" ont cette fois-ci chuté plus bas, beaucoup plus bas, battues sur le fil par une séduisante équipe du Monténégro (23-22).

"Si on joue tout le temps comme ça, on gagnera des choses", a ainsi déclaré à l'issue de la défaite de ses protégées Olivier Krumbholz, sans humour noir, parfaitement sincère.

"On n'a pas fait le match parfait mais on a fait un bon match. Cela s'est joué à rien. Et vous savez, c'est très manichéen de penser que quand on gagne c'est bien et que quand on perd, c'est mal. Parfois, quand on perd, ça peut être bien aussi", a ajouté l'entraîneur français.

Comme pour protéger ses joueuses, un peu à l'image de son homologue du football Bruno Bini, Olivier Krumbholz a défendu ses joueuses bec et ongles, pardonnant notamment leur maladresse devant le but monténégrin quand elles menaient de deux, voire trois buts en deuxième période.

"Honnêtement, pourquoi serais-je en colère?", a-t-il commencé par dire.

"Vous savez, c'est très facile de mettre les balles au fond quand on est dans son canapé avec une part de pizza dans la main et une bière dans l'autre. Par contre sur le terrain, c'est pas évident."

Continuant dans ce même exercice de justification, l'entraîneur français a laissé entendre qu'en terminant première de son groupe, son équipe n'aurait jamais dû affronter une formation du calibre du Monténégro.

"J'AURAIS PRÉFÉRÉ PERDRE DE DIX BUTS"

"Je ne comprends pas le fait que le Monténégro ait terminé quatrième de sa poule. On n'a pas été payé de nos efforts en les jouant dès les quarts de finale", a-t-il dit.

Pour le technicien français, son équipe a aussi avant tout perdu parce que, en face, il s'agissait d'une formation solide et expérimentée.

"Elles jouent toutes dans le même club, elles ont gagné la Champions League, elles ont le même entraîneur en club et en sélection. Elles s'entraînent ensemble deux fois par jour depuis des années", a-t-il avancé.

"Nous, ce n'est pas le cas donc il faut comprendre que même si on a perdu, l'équipe de France a fait un grand match."

Pour Nina Kanto Njitam, cette défaite relève aussi de l'inexplicable.

"Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. A chaud, je n'ai aucun recul", a-t-elle commencé par dire, au bord des larmes.

"Tout ce que je sais, c'est qu'elles ont fait comme elles savent jouer, c'est à dire en truquant tout le match et ça a marché."

"Comme d'habitude, il y a eu beaucoup de fautes qui n'existaient pas. Le match s'est passé comme elles le voulaient, elles nous ont eues à l'expérience. On ne fait pas un mauvais match, c'est juste qu'on est tombé dans leur piège", a-t-elle conclu.

Peut-être la plus lucide de toutes après cette défaite, la capitaine Raphaëlle Tervel a elle aussi détesté cette défaite qui ne ressemblait presque pas, à son goût, à une défaite.

"Honnêtement, c'est le pire scénario possible, j'aurais préféré perdre de dix buts."

Edité par Simon Carraud et Jean Décotte

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