JO: les footballeuses françaises prétendantes sérieuses au titre

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L'ÉQUIPE DE FRANCE DE FOOTBALL FÉMININ ASPIRE AU TITRE
L'ÉQUIPE DE FRANCE DE FOOTBALL FÉMININ ASPIRE AU TITRE

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - Il y a encore un an, qui aurait cru que l'équipe de France de football féminin serait une prétendante sérieuse pour le titre de championne olympique ?

Pas grand monde. Ou alors quelques parieurs appâtés par une perspective de gain rendue possible par la faible cote à l'époque de la bande de Bruno Bini.

Mais voilà, entre-temps, les Bleues ont atteint une demi-finale de Coupe du monde et fait découvrir par la même occasion à la France entière que le football féminin existait bel et bien, avec un niveau technique rendant caduc n'importe quel cliché machiste.

Camille Abily, pilier de l'équipe de France féminine avec 98 sélections, explique ce récent changement de dimension, de l'anonymat à la lumière, par le désintérêt qui a longtemps existé pour cette version féminine du sport le plus populaire du monde.

"Avant, quand on disait 'Je fais du foot", on nous regardait un peu bizarrement et on nous demandait, 'Mais, euh, du football féminin?'. Maintenant, c'est beaucoup plus respecté et les gens reconnaissent que c'est aussi joli à voir", explique la joueuse de l'Olympique Lyonnais dans un entretien accordé à Reuters.

Pour sa coéquipière en sélection Laure Boulleau, cette nouvelle notoriété est née, en quelque sorte, d'un "concours de circonstances".

"Il y a plusieurs choses. L'été dernier, il n'y avait pas de compétition masculine, tout un contexte extérieur au foot qui a fait qu'on a été mises en avant, c'était un pur hasard. Il n'y avait pas le Tour de France en même temps et du coup, on était la seule occupation de l'été", raconte la joueuse du PSG.

"Et puis on a produit un jeu qui était quasiment le plus beau, sans vouloir nous jeter des fleurs. Cela a plu aux gens. Comme le fait qu'on ne soit pas toutes professionnelles. On a les pieds bien sur terre. Les gens se retrouvent un peu dans ces valeurs-là", poursuit-elle.

"Bref, plein de choses qui font qu'on a touché les gens, qu'ils nous ont bien soutenues et qu'on a envie aujourd'hui de leur rendre."

Et comme pour pousser la comparaison avec leurs homologues masculins, tout en finesse, Camille Abily complète le propos de sa partenaire en expliquant "qu'après le triste épisode de Knysna, les gens avaient peut-être un peu de besoin de cela, de choses simples".

"ON N'A ENCORE RIEN GAGNÉ"

"Les gens se sont identifiés à notre équipe, à nos valeurs. On est peut-être plus dans la réalité des choses. Ce n'est pas péjoratif mais on est plus abordables. C'est complètement différent", dit-elle en toute sincérité, sans méchanceté aucune.

Sans faire injure à leur théorie du "concours de circonstances", les Bleues ont aussi trouvé grâce aux yeux du public à la faveur de leurs excellents résultats.

Depuis leur demi-finale perdue face aux Etats-Unis, elles ont enchaîné en effet dix succès de rang, sans jamais connaître la défaite. Lors de leur préparation, elles ont ajouté trois nouveaux succès, dont un de prestige face aux Japonaises (2-0), championnes du monde en titre.

Malgré cette série d'invincibilité, le sélectionneur Bruno Bini refuse de s'enflammer, bien au contraire, soulignant que, pour lui, seule la compétition est juge de paix.

"On n'a encore rien gagné", a-t-il répété après la victoire face au Japon.

"Les matches de préparation, c'est une chose, la compétition, une autre. Vous savez, c'est comme quand on fait une séance de tirs au but, comme ça, sans enjeu. En général, tout le monde marque. Après, dans un stade avec 40.000 personnes, c'est une autre histoire", a-t-il poursuivi.

"Il y a un an, selon tout le monde, on avait une équipe en bois et on allait se faire éliminer très rapidement de la Coupe du monde. Aujourd'hui, si j'écoute tout ce qu'on me dit, les filles vont être championnes olympiques. Du coup, je suis obligé de faire le balancier, entre vous, les journalistes, et le public."

Derrière cette attitude très prudente et très protectrice à l'égard de ses joueuses, Bruno Bini pense tout de même que rapporter une médaille de Londres relève du possible.

Mais avant d'aller à Londres, il faudra d'abord jouer trois matches de poule à Glasgow et à Newcastle, contre les Américaines, tenantes du titre, les Colombiennes et les Nord-Coréennes.

"Quand on a appris qu'on ne serait pas au Village olympique, on était un peu déçues mais bon, on va tout faire pour voir Londres", promet Gaëtane Thiney.

Edité par Jean-Stéphane Brosse

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