JO: les "Experts" restent les experts

le
0
L'OR OLYMPIQUE RESTE ENTRE LES MAINS DES EXPERTS
L'OR OLYMPIQUE RESTE ENTRE LES MAINS DES EXPERTS

par Chrystel Boulet-Euchin

LONDRES (Reuters) - Les handballeurs français, que certains disaient moribonds en janvier après un Euro raté, ont prouvé dimanche qu'ils n'avaient pas quitté les sommets en conservant leur titre olympique aux Jeux de Londres, une première dans leur sport.

Jamais bousculés par les Suédois en finale, les "Experts" ont fait preuve d'un sang-froid clinique d'un bout à l'autre du match malgré le score finalement étriqué 22-21.

Les champions du monde en titre sont tombés dans les bras les uns des autres, comme des poussins après une première victoire.

Dans les tribunes, l'énorme colonie française a explosé de joie, déployant un immense drapeau bleu-blanc-rouge avant la montée sur le podium où les Bleus ont offert une petite chorégraphie, dite de "la flèche" à la mode Usain Bolt.

Tous ont chanté la Marseillaise avant de nouvelles longues étreintes à la descente du podium.

"Ca c'est fait, et bien fait. Nous sommes tous fiers de nous et de tout ce que l'on a fait pendant les huit semaines de préparation", a dit à Reuters Jérôme Fernandez, le capitaine des "Experts".

"Jamais nous n'avons eu peur. Le match aurait pu durer encore plus longtemps, on l'aurait gagné."

Les Bleus ont été les seuls handballeurs de l'histoire à détenir en même temps le titre olympique, le titre mondial et le titre européen, avant de chuter en Serbie il y a six mois où ils ont terminé l'Euro à une désastreuse 11e place.

A force d'abnégation et de travail, ils se sont relevés.

Ils sont revenus au plus haut niveau à force de patience et le faux pas contre l'Islande en match de poule il y a huit jours n'a pas suffi à faire douter cette équipe moins vieillissante qu'il n'y paraît au regard de la moyenne d'âge des finalistes.

"LA VICTOIRE LA PLUS DIFFICILE"

"Cette nouvelle victoire a sans doute été la plus difficile car après l'échec de l'Euro, il fallait reconstruire et prouver qu'on était bien une grande équipe", a encore dit Fernandez.

Lors de l'ultime rencontre, ils ont fait la course en tête dès la première période qu'ils ont finie avec un avantage de deux points (10-8).

En deuxième période, ils se sont détachés à plusieurs reprises par trois buts d'avance. Les Scandinaves sont restés au contact mais sans jamais donner l'impression de pouvoir l'emporter même s'ils ne terminent qu'à une longueur.

"C'est une joie totale, bien sûr. La défense a été notre point fort durant tout le tournoi. C'est dur de réaliser ce que l'on a fait. Ca fait deux mois qu'on bosse comme des malades, il y avait beaucoup de pression", a expliqué Nikola Karabatic.

"Quand on a gagné un grand titre, le plus dur, c'est de le refaire parce que tu es attendu par tout le monde. Tu fais une contre-performance et tout le monde doute. Etre critiqué n'est pas un problème mais il faut bien le faire."

Même s'ils n'aiment pas le terme, les Français ont donc pris une belle revanche après le revers serbe.

Ils ont réussi leur pari, face à des Suédois qui avaient, eux aussi, pourtant une revanche à prendre sur le destin. Maîtres de la discipline dans les années 1990, comme le sont les Bleus aujourd'hui, il espéraient faire leur retour sur le devant de la scène après une longue éclipse.

Ils y sont en partie parvenus mais n'ont pas pu aller au bout de l'aventure.

Peu avant cette finale, la Croatie, que les Bleus avaient éliminée en demie, avait pris la médaille de bronze grâce à une victoire 33-26 sur la Hongrie.

Edité par Jean-Paul Couret

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant