JO: le problème de la sécurité gagne les pistes

le
0
INQUIÉTUDES SUR LA SÉCURITÉ À LA VEILLE DE L'OUVERTURE DES JO DE SOTCHI
INQUIÉTUDES SUR LA SÉCURITÉ À LA VEILLE DE L'OUVERTURE DES JO DE SOTCHI

par Mike Collett-White

SOTCHI, Russie (Reuters) - La veille de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi a été dominée jeudi par des inquiétudes récurrentes sur la sécurité nées de menaces d'attentats mais aussi de soucis techniques apparus dans certaines épreuves.

C'est le vice-premier ministre Dimitri Kozak qui a été chargé de défendre le discours officiel auprès des représentants des media du monde entier de plus en plus nombreux dans la station touristique de la mer Noire.

"Nos services de sécurité travaillent en coopération avec leurs collègues d'Europe et des Etats-Unis", a-t-il dit.

"Il n'y a aucune raison de penser que le degré de danger est plus important à Sotchi que dans n'importe quel autre lieu de la planète, que ce soit Boston, Londres, New York ou Washington", a-t-il ajouté.

"Nous garantissons la sécurité des gens aussi bien que tout gouvernement qui accueillerait un événement de masse."

Les menaces sur les Jeux viennent des mouvements séparatistes du Nord-Caucase, notamment tchétchènes, auxquels Vladimir Poutine a déclaré une guerre sans merci.

Le président russe joue sa réputation internationale et celle de son pays sur le déroulement des Jeux qui seront les plus chers de l'histoire avec un budget officiel de 50 milliards de dollars (près de 37 milliards d'euros).

Responsables russes et spécialistes des problèmes de sécurité pensent que la menace d'un attentat est plus vive ailleurs en Russie qu'à Sotchi ou dans le Caucase.

Deux attentats en deux jours ont déjà tué 34 personnes à Volgograd, à 700 km de Sotchi, en décembre.

Les autorités ont promis qu'une "ceinture d'acier" serait installée autour des sites olympiques. Quelque 37.000 agents des forces de sécurité ont été déployés et mis en état d'alerte permanent.

Les forces russes n'en traquent pas moins une femme qui est soupçonnée de préparer un attentat suicide et pourrait être déjà à Sotchi.

Barak Obama s'est dit convaincu que les Jeux étaient en sécurité mais certains diplomates font état d'une certaine tension entre les Etats-Unis et la Russie.

Mercredi, Washington a demandé aux aéroports et compagnies aériennes qui desservent la Russie de redoubler de vigilance sur, notamment, des tubes de dentifrice, qui pourraient contenir de quoi fabriquer des explosifs.

BOSSE DANGEREUSE

Les organisateurs des Jeux sont en outre confrontés à des problèmes qui vont du retard dans la construction des hôtels au sort des chiens errants qu'ils essaient d'éliminer de Sotchi en passant par un risque de manifestations de défense des droits des homosexuels.

Sur le plan diplomatique la plaisanterie du jour, involontaire certes, a été le fait de Sepp Blatter, qui a conseillé au CIO la limite d'âge de 80 ans pour ses membres. Beaucoup ont ri car le président de la Fifa a lui-même 77 ans.

C'est dans ce contexte que le coup d'envoi des compétitions a été donné jeudi matin.

Le soleil brillait sur la station d'altitude de Rosa Khutor lorsque les concurrents du snowboard slopestyle ont disputé leur première série de qualification.

L'épreuve s'est déroulée sur fond de polémique après le retrait mercredi du double champion olympique américain Shaun White qui a jugé la piste trop dangereuse.

La neige était dure à souhait lorsque les skieurs alpins ont effectué leur première descente d'entraînement. L'Américain Bode Miller s'est ri de ses 36 ans et a signé le meilleur temps devant des adversaires de deuxième catégorie.

Son grand rival, le Norvégien Aksel Lund Svindal, actuel premier du classement de la Coupe du monde de la discipline, s'est contenté du huitième temps sans forcer son talent.

La descente sera la première épreuve de ski alpin dimanche. Les descendeuses ont elles aussi entamé leur entraînement mais la dernière bosse avant le dernier schuss a joué avec leurs nerfs.

L'Italienne Daniela Merighetti a été victime d'une chute spectaculaire. Les organisateurs ont gelé l'épreuve par respect pour la sécurité des skieuses et ont envoyé une brigade d'ouvrier raboter la bosse. Seulement trois des 56 concurrentes avaient parcouru la piste.

Après plus d'une heure d'attente, les skieuses ont pu s'élancer à nouveau. L'Autrichienne Anna Fenninger a réussi le meilleur temps. Les autres favorites n'ont utilisé l'exercice que pour prendre un premier contact avec la piste et la neige en prévision de la course de mercredi prochain.

Jean-Paul Couret pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant