JO: le pistard Grégory Baugé emporté par la vague britannique

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par Mario Andres

LONDRES (Reuters) - Grégory Baugé n'a pu résister au raz-de-marée britannique sur la piste du Velo Park de Stratford, s'inclinant en finale de la vitesse individuelle des Jeux olympiques de Londres devant le favori du public, Jason Kenny.

Déjà sacré en vitesse par équipes, le Britannique, qui n'avait jamais battu le Français, a bénéficié de cette métamorphose des pistards locaux sur l'anneau olympiques pour l'emporter facilement en deux manches.

Cette revanche de la finale des derniers championnats du monde de Melbourne a permis au coureur de Bolton de convertir en or sa médaille d'argent des Jeux de Pékin et d'offrir à son pays son cinquième titre et son sixième trophée dans le "Pringle" du Parc olympique.

"Le titre en vitesse par équipes, je n'ai pu l'apprécier autant parce que j'étais un peu malade. Là, j'ai vraiment pu savourer, surtout avec ce public qui vous porte jusqu'à la ligne", a-t-il dit.

Pour Grégory Baugé, c'est l'argent, comme en vitesse par équipes, et la troisième médaille française dans ce métal, le seul auquel semblent pouvoir aspirer les adversaires des coureurs du cru en cyclisme sur piste.

"Ce n'est pas celle que je voulais. Moi, les médailles d'argent, je ne les compte pas. Il n'y a que la victoire qui compte", lâchait le Français, dépité, et bien en mal d'expliquer cette défaite cuisante.

"J'étais bien préparé, je ne fais pas d'erreur et je perds mes deux manches. Voilà", ajoutait-il.

Le meilleur sprinter de ces quatre dernières saisons a au moins obtenu la consolation de permettre à la France de faire mieux qu'en 2008, où les cyclistes tricolores, déjà submergés par les prodiges du Team GB, n'avaient obtenu qu'une médaille d'argent et une de bronze.

TOUT POUR LES JO

"Nous n'avons pas la même organisation que les Anglais. Nous, on ne peut pas se permettre de tout miser sur les Jeux olympiques. Déjà que nous ne sommes pas très reconnus en tant que sport, si nous faisions l'impasse sur les championnats du monde, je ne serais même pas ici", a-t-il expliqué.

En demi-finale, Grégory Baugé s'était facilement défait de l'Australien Shane Perkins tandis que Jason Kenny disposait du Trinitéen Njisane Nicholas Phillip, tous les deux en deux manches.

Shane Perkins a ensuite dompté le fougueux Trinitéen pour remporter la médaille de bronze.

La finale idéale pouvait commencer.

Dans la première manche, contraint de mener la danse, Grégory Baugé ne pouvait résister en puissance à un Jason Kenny transfiguré par le soutien des 6.000 spectateurs tout acquis à sa cause.

Plus rapide que le Français dans tous ses passages depuis le début du tournoi de vitesse, le vice-champion olympique confirmait son ascendant actuel en 10"232.

La deuxième manche était plus tactique, mais le résultat identique. Jason Kenny menait la danse et le Guadeloupéen ne parvenait, à aucun moment, à refaire son retard.

"Depuis le début du tournoi, nous avions constaté que nous avions cette pointe de vitesse en plus. C'est un luxe énorme en vitesse individuelle, qui m'a permis de mener mes deux matches de devant", a expliqué le Britannique.

Jason Kenny succédait ainsi au palmarès à Sir Chris Hoy, à qui il avait été préféré pour cette épreuve, et pouvait entamer un long tour d'honneur.

"Ce n'était pas facile de succéder à Chris, et je devais démontrer que je méritais cet honneur", a-t-il conclu.

Quand à la France, elle attend toujours son premier champion olympique de vitesse individuelle depuis quarante ans.

Edité par Simon Carraud

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