JO: le pentathlon français échoue dans sa mission médaille

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LES PENTATHLÈTES FRANÇAISES BREDOUILLES
LES PENTATHLÈTES FRANÇAISES BREDOUILLES

par Olivier Guillemain

LONDRES (Reuters) - Amélie Cazé et Elodie Clouvel portaient dimanche sur leurs épaules la responsabilité d'être les dernières Françaises en mesure de décrocher une médaille aux JO de Londres mais les deux pentathlètes ont sombré, comme dépassées par les événements.

Amélie Cazé a connu le destin le plus cruel puisque, avant l'ultime épreuve de course à pied et de tir combinés, la triple championne du monde pointait à la troisième place du classement général.

Au final, la licenciée du club de Noyon (Oise) a terminé 18e avec 5.108 points, soit 300 de moins que la médaillée d'or du jour, la Lituanienne Laura Asadauskaite.

Pour Elodie Clouvel, la donne était différente. Tout au long de cette journée, l'ancienne nageuse et élève de Philippe Lucas n'a jamais vraiment été en mesure de disputer une quelconque récompense, si bien qu'elle a fini à la 31e place sur 36.

"C'était une journée sans vie", a dit à la presse Amélie Cazé à l'issue de sa contre-performance, laissant de marbre ses interlocuteurs.

Après un long silence d'une trentaine de secondes, celle-ci a expliqué avoir été peut-être trop tendue pour ses troisièmes Jeux olympiques.

"Je n'ai pas réussi à m'exprimer et à tout lâcher. J'ai complètement sombré sur l'escrime. Le tir a été le reflet de ma journée, où j'étais à côté de mes pompes. Je me suis battue mais je n'étais vraiment pas à mon niveau. Ce n'était pas mon jour", a-t-elle poursuivi, les larmes commençant à devenir trop lourdes pour ses paupières.

"Cela faisait dix mois que je préparais ça, que je m'investissais à fond (...) Voilà, maintenant il faut assumer d'être mauvaise. Cela fait partie du sport, il faut supporter cette espèce de honte qui vous tombe dessus", a-t-elle dit, avant de s'éclipser.

"MON ESPRIT ÉTAIT UN PEU AILLEURS"

Avant de prononcer ces mots très durs, Amélie Cazé venait de disputer une épreuve imaginée par le baron Pierre de Coubertin et considérée comme archaïque par beaucoup: un enchaînement sur une journée de cinq disciplines: de l'escrime, de la natation, de l'équitation, de la course à pied et du tir au pistolet.

Distancée le matin dans la salle d'armes, seulement onzième, la triple championne du monde a rectifié le tir en signant le quatrième temps de la piscine et surtout la deuxième meilleure performance à cheval, son épreuve fétiche.

Cinquième du classement général avant de monter en selle, elle a en effet sorti le grand numéro à Greenwich Park, le parc royal le plus ancien de Londres par lequel passe le méridien du même nom.

Médaillée de bronze virtuelle avant de prendre le départ de l'épreuve combinée, à huit petits points de l'or, Amélie Cazé a complètement craqué dans ce final haletant, perdant notamment beaucoup de temps au tir, par manque de précision.

Partie en troisième position, la Française a terminé 32e de cette épreuve, deux places devant Elodie Clouvel qui, elle, a plaidé l'erreur de jeunesse pour expliquer son inconsistance tout au long de la journée.

"Je suis passée à côté. Tout au long de ces deux semaines je me suis laissée emporter par la grandeur des Jeux. Tout ça, c'était un rêve de gamine. Cela fait deux semaines que je bous, trois jours que je n'ai pas dormi. Bref, j'ai perdu beaucoup d'énergie", a-t-elle expliqué en toute honnêteté.

"Mon esprit était un peu ailleurs", a-t-elle reconnu.

"Je me regardais un peu et ce qu'il se passait autour. Je n'étais pas actrice et c'est ce qui m'a manqué. Mais bon, j'ai beaucoup appris aujourd'hui et j'ai envie de dire: rendez-vous à Rio."

Edité par Simon Carraud

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