JO: le parcours inespéré des basketteuses françaises

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UN PARCOURS AUX JO INESPÉRÉ POUR LES BASKETTEUSES FRANÇAISES
UN PARCOURS AUX JO INESPÉRÉ POUR LES BASKETTEUSES FRANÇAISES

par Romain Brunet

LONDRES (Reuters) - "Je ne pensais pas qu'on arriverait là": l'aveu est signé Pierre Vincent, le sélectionneur de l'équipe de France de basket féminine, qui semble incrédule devant le parcours de ses joueuses, médaillées d'argent aux Jeux olympiques de Londres.

Il y a encore un mois et demi, elles devaient jouer un tournoi de qualification à Istanbul, passage obligé pour valider leur billet pour la capitale anglaise.

Samedi, elles ont perdu en finale contre la meilleure équipe du monde, les Etats-Unis. Une défaite qui n'a rien d'indigne au regard du CV des Américaines, qui n'ont plus perdu le moindre match olympique depuis les Jeux de Barcelone en 1992.

Les Bleues ont certes perdu, mais elles ont décroché la première médaille olympique d'une équipe féminine tricolore aux Jeux.

"J'ai toujours dit aux filles que je voulais aller aux Jeux olympiques, mais que je voulais y aller pour performer", rappelle Pierre Vincent.

"Mais je ne pensais pas qu'on arriverait là. Sincèrement, je ne le pensais pas. Si on l'a fait c'est qu'on avait les moyens de le faire."

Après un parcours exceptionnel - sept victoires en autant de matches jusqu'à la finale -, les Françaises ont perdu 86-50.

"Maintenant, on mesure aussi la distance qu'il y a entre nous et les Américaines, d'un point de vue athlétique, d'un point de vue technique, au niveau des qualités offensives et défensives. Mais elles, elles ne progresseront pas beaucoup et nous, le basket français, on peut progresser", estime Pierre Vincent.

"J'ÉTAIS EN PLEINE DÉPRESSION"

Elles doivent cette trajectoire fulgurante, notamment, à Céline Dumerc qui a su à elle seule renverser des situations désespérées comme avec ses deux tirs à trois points à la fin du match contre la Grande-Bretagne, au premier tour.

"J'ai fêté mes 30 ans il n'y a pas si longtemps que ça, j'étais en pleine dépression parce que je n'ai pas trop envie de vieillir", raconte la capitaine de l'équipe de France.

"Je n'ai pas vécu des saisons particulièrement euphoriques ces dernières années et arriver à jouer un basket comme ça, dans une compétition comme ça, avec tout ce décor autour de moi, je suis quand même super heureuse et pour une fois, je suis fière de moi."

Les Jeux ont transcendé Céline Dumerc mais la meneuse française n'a jamais voulu tirer la couverture à elle. Et c'est peut-être ce qui définit le mieux ces filles argentées qui préfèrent mettre en avant leur entraîneur.

"On a un chef d'orchestre qui est incroyable donc ça facilite les choses car c'est facile d'avoir des talents, mais ce n'est pas facile de les associer", affirme Céline Dumerc.

"Pierre (Vincent) l'a toujours très bien fait. Il a toujours dit que l'équipe de France n'appartient à personne. C'est l'équipe et pas une joueuse qui fait l'équipe de France."

"On est vachement altruiste entre nous", selon Emilie Gomis.

"On n'est pas là pour sa pomme. On sait que c'est le groupe qui va avancer avant tout. Même s'il y a des individualités qui arrivent à sortir du lot plus que d'autres, il y a une hiérarchie qui s'est installée et tout le monde la respecte."

"JUSTE AVEC UN REGARD"

Chaque nouvelle rencontre a été l'occasion pour une joueuse différente de briller.

Emilie Gomis a été décisive contre l'Australie, Isabelle Yacoubou a imposé sa présence dans la raquette face aux intérieures canadiennes, Endy Miyem a joué un rôle majeur lors du quart de finale contre la République tchèque et Edwige Lawson-Wade a apporté son expérience en demi-finale contre la Russie.

"C'est une de nos forces, on peut compter sur tout le monde", expliquait Endy Miyem après la qualification des Bleues pour la demi-finale.

"Ça fait cinq ans qu'on travaille ensemble donc il y a une forme de confiance réciproque", analyse Pierre Vincent. "Ce sont des rapports de confiance qui s'établissent et qui prennent du temps à se mettre en ouvre. Apprendre à communiquer ensemble, apprendre à travailler ensemble."

"Ça fait des années qu'on se connaît, donc ça, ça aide vachement sur le terrain, estime pour sa part Émilie Gomis. Quand on arrive à se comprendre en quelques secondes ou juste avec un regard, il n'y a pas plus fort comme relation."

Et cela se voit sur le terrain. Comme en 2009 lorsqu'elles étaient devenues championnes d'Europe à la surprise générale, les Bleues ont affiché un engagement et un état d'esprit exemplaires qui leur ont permis de se hisser en finale.

Une place qu'elles n'ont pas usurpées.

"On ne l'a pas volée", affirme Émilie Gomis.

"D'avoir pu rencontrer l'Australie, de les avoir battues et d'avoir battu deux fois la Russie, ça montre vraiment que notre équipe mérite sa place."

Elles devront désormais assumer l'étiquette de favorites lors du prochain championnat d'Europe, qui aura lieu en France en juin 2013. D'autant plus qu'elles sont assurées de ne pas trouver les Etats-Unis sur leur chemin.

Edité par Simon Carraud

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