JO: le nageur Michael Phelps prêt pour son plongeon d'honneur

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ULTIMES PLONGEONS OLYMPIQUES POUR MICHAEL PHELPS
ULTIMES PLONGEONS OLYMPIQUES POUR MICHAEL PHELPS

par Julian Linden

OMAHA, Nebraska (Reuters) - Michael Phelps s'apprête à plonger dans des eaux qu'il n'a jamais connues, à Londres, où il va entonner son chant du cygne olympique.

Le géant, aussi bien par la taille (1,93m), la pointure (49), l'envergure (deux mètres), que le palmarès - 14 médailles d'or olympiques et 26 mondiales en grand bassin - a passé sa vie à pulvériser des records et à gagner des courses.

Il a atteint son sommet il y a quatre ans à Pékin où il a établi un nouveau record tous sports confondus en remportant huit médailles d'or en une seule édition des Jeux.

Paradoxalement, son triomphe a été une sorte de petite mort puisqu'il s'est aperçu qu'il ne pourrait jamais faire mieux ni même aussi bien.

Il l'a lui-même reconnu en ne s'inscrivant que dans sept courses à Londres, une de moins qu'à Pékin et qu'à Athènes, en 2004, où il avait remporté six médailles d'or et deux de bronze.

Après avoir renoncé au 200m nage libre pour lequel il était qualifié, il s'alignera sur 100 et 200m papillon, sur 200 et 400m quatre nages en individuel et dans les trois relais.

Personne ne peut exclure qu'il fasse un nouveau carton plein mais dans un sport où un titre ne se joue que sur des fractions de seconde, ses chances d'y parvenir paraissent minces d'autant que ses rivaux ne cessent de progresser.

Michael Phelps a d'ailleurs connu cette désescalade aux championnats du monde. Il y a gagné cinq titres en 2009 et quatre en 2011 et il sait qu'à 27 ans, le temps est peut-être fini où il gagnait toutes les courses auxquelles il participait.

"Nous avons fait beaucoup de belles choses, de choses étonnantes et formidables, maintenant, le moment est venu de se faire plaisir", dit-il au nom de son équipe.

"Nous sommes détendus. La seule chose importante est la grosseur de la cerise que je poserai sur mon gâteau."

"JAMAIS AIMÉ PERDRE"

Michael Phelps reconnaît que sa principale difficulté après les Jeux de Pékin a été de se forcer à se lever chaque jour avant l'aube pour s'entraîner et enchaîner les milliers de longueurs indispensables pour se maintenir au sommet.

Déjà devenu une icône, déjà à la tête d'une belle fortune, il n'avait plus besoin d'argent ni de gloire et l'envie d'ajouter quelques records à son C.V. commençait à disparaître.

Même s'il détient le record du plus grand nombre de médailles gagnées lors d'une seule édition des Jeux olympiques et celui du total des médailles d'or dans une carrière (14), le nageur américain a encore quelques records à battre.

Il n'a besoin que de trois médailles de n'importe quel métal pour battre le record de 18 médailles olympiques détenu par la gymnaste russe Larissa Latynina.

S'il remporte une des deux finales de quatre nages ou une des deux de papillon, il deviendra le premier nageur à remporter le même titre olympique individuel à trois reprises.

"Si je fais tout ce que je peux et qu'en fin de compte je ne gagne pas de titre, ni de médaille d'argent ou de bronze (...) et si quelqu'un dit que c'est un échec, je m'en moque", dit-il.

"Tout ce qui compte c'est que je puisse dire que j'ai fait tout ce que je pouvais et que je suis heureux de ma carrière."

Michael Phelps s'est laissé aller après les Jeux de Pékin. Son image s'est détériorée au fil de séjours festifs à Las Vegas et il a même été photographié tenant une pipe à cannabis.

Après avoir envisagé de mettre fin à sa carrière, il dit avoir retrouvé sa motivation.

"Je veux toujours gagner toutes les courses auxquelles je participe. Je n'ai jamais, mais alors jamais aimé perdre", dit-il. "Les Jeux me passionnent toujours. C'est la plus belle des scènes."

Jean-Paul Couret pour le service français, édité par Chrystel Boulet-Euchin

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