JO: le canoéiste Tony Estanguet va jouer sa peau

le
0
ESTANGUET JOUE SA PEAU POUR LES JO
ESTANGUET JOUE SA PEAU POUR LES JO

par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - Porte-drapeau de la délégation française aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, le canoéiste Tony Estanguet va jouer gros à partir de lundi à Pau où il tentera de décrocher une qualification pour ses quatrièmes Jeux olympiques.

Pour la première fois depuis 2000 et les Jeux de Sydney, le double champion olympique du slalom en 2000 et 2004 ne partira pas favori pour décrocher l'unique billet pour Londres, son compatriote Denis Gargaud-Chanut dominant le canoë monoplace depuis deux saisons.

"Nous sommes deux pour une place. C'est particulier mais pas inédit. Je suis toujours passé par les qualifications. C'est frustrant et pas simple de se dire que l'on travaille durant quatre ans pour ça et que tout peut s'arrêter en avril", explique Tony Estanguet à Reuters, lors d'un rassemblement du team EDF à Londres.

"Cela fait dix ans que je n'ai pas connu ça. Je suis dans la position du chasseur. Denis est champion du monde en titre", ajoute le triple champion du monde, détrôné l'an passé par Gargaud-Chanut, 24 ans, de neuf ans son cadet.

Les épreuves qualificatives débutent lundi à Pau - ville d'où est originaire Tony Estanguet - et c'est là que tout va se jouer pour lui.

"Je n'avais pas rêvé d'une fin de carrière comme ça. Je n'ai plus à réfléchir, plus à gérer, il faut foncer. Je ressens de l'envie et de la détermination", affirme-t-il.

"J'AI PENSÉ À ARRÊTER"

Tony Estanguet assure ne pas être surpris de voir son rival à ce niveau-là, rappelant qu'il était déjà son remplaçant à Pékin, il y a quatre ans.

Mais il se souvient aussi avoir manqué la course qu'il ne fallait pas perdre, lors des derniers Mondiaux à Bratislava l'an passé, où son adversaire a pris l'ascendant psychologique.

"Je n'ai perdu qu'une course sur l'olympiade et je paye très cher cet échec des championnats du monde", reconnaît-il.

A Pékin, il avait également loupé sa course, terminant neuvième alors qu'il était attendu sur la plus haute marche du podium. Il refuse néanmoins de mettre cette contre-performance sur le compte de son statut de chef de file français en Chine.

"Etre porte-drapeau est un outil à la performance. Moi, je me suis planté dans ma gestion des Jeux mais cela n'a rien à voir avec le fait d'être porte-drapeau", assure-t-il.

Malgré un dos fragilisé par les efforts répétés et la petite prise de risque que représente le changement de matériel effectué cette saison, Tony Estanguet reste confiant en sa capacité de décrocher un troisième titre olympique, si tant est qu'il se qualifie.

"Triple champion olympique, je mesure la difficulté de la tâche. Avec l'âge, c'est plus compliqué mais ça reste possible et ça reste mon objectif", dit-il.

"J'ai besoin de valider ce parcours que j'effectue depuis douze ans. Le triplé, ce serait de me prouver à moi-même que j'ai bien fait de continuer ma carrière car j'ai sérieusement pensé à arrêter."

Qu'en sera-t-il donc après Londres, si Londres il y a ?

"La suite ne dépendra pas du résultat de Londres. Je sors d'une olympiade très riche alors pourquoi ne pas refaire une saison ?", conclut Tony Estanguet.

Edité par Grégory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant