JO: le canoë-kayak français à la pêche aux médailles

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MATHIEU GOUBEL VISE L'OR SUR LE BASSIN D'ETON
MATHIEU GOUBEL VISE L'OR SUR LE BASSIN D'ETON

par Olivier Guillemain

LONDRES (Reuters) - L'attention du public français devrait se focaliser mercredi sur la demi-finale du 200 m de Christophe Lemaitre et sur les qualifications du perchiste Renaud Lavillenie, mais loin de la piste d'athlétisme et de ses étoiles, un homme de l'ombre pourrait bien devenir champion olympique.

Mathieu Goubel vient de Boulogne-sur-Mer, il a 32 ans et pratique le canoë à l'ancienne. Il n'a donc rien à voir avec Tony Estanguet, qui pagaie en eau vive.

Contrairement au triple champion olympique palois, le Boulonnais navigue en eau calme dans une position impressionnante, en flexion sur un genou.

Lundi, sur le prestigieux bassin d'Eton, le Français a envoyé un signal très fort à ses futurs adversaires en finale du C1 1.000 m, signant la meilleure performance du jour.

Septième à Pékin, il vise cette fois l'or, sans complexe, fort de son titre de champion du monde conquis en 2009.

A peine une heure après la course matinale de Mathieu Goubel, d'autres Françaises prendront également le départ d'une finale à Dorney.

Mais il s'agira d'une course en ligne de kayak à quatre, avec Marie Delattre-Demory, Sarah Guyot, Joanne Mayer et Gabrielle Tuleu, cinquièmes temps des demi-finales.

Si jamais le coup des anonymes du canoë-kayak ne fonctionne pas, le public français pourra toujours se rabattre sur ses deux stars de l'athlétisme.

Le premier à entrer en piste au stade olympique sera Renaud Lavillenie, champion du monde en salle et double champion d'Europe en plein air, impressionnant de régularité depuis quatre ans.

Mais pour le Clermontois, prudent, ces lettres de créances ne sont pas pour autant des gages de réussite.

"Ce n'est pas parce qu'on est favori et qu'on est celui qui a sauté le plus haut dans l'année qu'on va avoir la médaille d'or. On peut passer de l'exploit à l'échec en très peu de temps", a-t-il souligné ces derniers jours.

"J'ai fait ce qu'il fallait pour être prêt. Maintenant, on en profite au maximum. Le concours sera dense, je suis serein et confiant car j'ai fait une belle saison."

DEUX FRANCE-ESPAGNE AU PROGRAMME

L'autre porte-drapeau de l'athlétisme français, Christophe Lemaitre, s'élancera lui pour décrocher une place en finale du 200 m aux côtés d'Usain Bolt, Yohan Blake et consorts.

Mardi, "les sensations étaient bonnes" pour le sprinteur d'Aix-les-Bains qui a dominé sa série en 20"34. Vingt-quatre heures plus tard, il s'agira pour lui de prouver qu'il a bien fait de ne pas courir le 100 m pour privilégier sa distance fétiche.

Deux Françaises disputeront une finale mercredi dans le stade olympique, avec l'envie de se glisser dans la lutte pour un podium: Myriam Soumaré sur 200 m et la championne d'Europe Eloyse Lesueur à la longueur.

Du côté des sports collectifs, le hasard et le charme des JO ont fait que les handballeurs et les basketteurs français se frotteront à leurs homologues espagnols en quart de finale.

Histoire d'ajouter un peu de piment à ces rencontres, il s'agit pour les deux équipes de leur bête noire respective.

En basket, l'équipe emmenée par les frères Gasol et Juan Carlos Navarro règne sur le basket mondial depuis plusieurs années aux côtés des Américains.

Champions du monde 2006, vice-champions d'Europe 2007, vice-champions olympiques 2008, champions d'Europe 2009 et 2011, les Ibériques veulent cette année prendre leur revanche contre les États-Unis, qui les avaient privés de l'or il y a quatre ans à Pékin.

Récemment, les Espagnols ont éliminé la France en quart de finale du championnat d'Europe 2009 et les ont battus à nouveau en finale de la même épreuve en 2011.

Historiquement, le bilan penche franchement du côté ibérique puisque les Bleus n'ont réussi à battre leurs voisins que cinq fois en 23 matches.

Pour "les Experts" du handball, la tâche sera sans doute un peu facile, même si leur capitaine Jérôme Fernandez préfère rester prudent.

"L'Espagne sait nous jouer et sait nous gêner mais on a vu au dernier Eurotournoi que quand tout le monde est bien dans sa tête, on redevient une équipe très forte", a-t-il souligné récemment.

Lors de cette compétition de préparation aux JO, en juillet, la France s'était imposée 31-24, un résultat de bon augure avant ce quart de finale.

Enfin la surprise du chef pourrait venir mercredi de la voile.

Engagé dans la course à la médaille en catégorie des 49er, le duo composé de Stéphane Christidis et d'Emmanuel Dyen pointe avant la dernière régate à la sixième place, à portée de podium.

Edité par Jean Décotte

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