JO: le cadet des Manaudou gagne sa légitimité

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FLORENT MANAUDOU SE FAIT UN PRÉNOM
FLORENT MANAUDOU SE FAIT UN PRÉNOM

par Mario Andres

LONDRES (Reuters) - Pas facile de s'appeler Manaudou, d'être "le petit frère" et de s'aligner aux Jeux olympiques: la victoire inespérée de Florent, cadet de la famille, dans le 50 m nage libre des JO de Londres est aussi une conquête de légitimité.

Même si ce grand gaillard de 21 ans, dont les traits évoquent par moments ceux de sa grande soeur, n'est pas du genre à gamberger, il fallait se faire un prénom dans le sillage de celle qui était devenue la figure de proue de la natation française depuis Athènes en 2004.

Et le succès de Florent Manaudou est d'autant plus significatif qu'il était un peu l'invité surprise de ces Jeux, tant est dense la qualité du sprint français depuis des saisons.

Frédérick Bousquet, recordman de France et père de sa petite nièce Manon, Fabien Gilot, autre camarade de club, Alain Bernard, tous pouvaient prétendre s'aligner sur le 50 m et briguer les sommets.

"La semaine a mal commencé pour Florent. Il a débuté par un mauvais 22"09, en faisant trop d'erreurs. Il était crispé. En demi-finales, ça s'est un peu arrangé et c'est sa qualification pour la finale qui a tout débloqué", explique son entraîneur au Cercle des Nageurs de Marseille, Romain Barnier.

"Il s'est déchargé du fardeau qu'il portait de se dire qu'il devait faire aussi bien que Frédérick, Fabien ou Alain auraient fait."

"LA DÉCONTRACTION, C'EST LA CLÉ"

Cette mission accomplie, ne restait plus en finale que la joie de nager et de faire parler son potentiel naturel.

"J'étais de loin le plus décontracté des huit et la décontraction, c'est la clé sur 50 mètres", expliquait le Français.

Si Romain Barnier assure que Florent Manaudou a "le même capital génétique" que sa grande soeur, cette décontraction, ce relâchement les distinguent totalement.

"Florent m'apporte au moins autant que je lui apporte. Ce qu'il m'apporte, justement, c'est ce relâchement. Les jeunes générations sont beaucoup moins focalisés sur la performance", expliquait Laure Manaudou en début de Jeux.

C'est cette innocence ou cette inconscience qui a fait la différence vendredi sur les Cullen Jones ou les Cesar Cielo.

Mais aussi, assure Romain Barnier, l'émulation créée par l'équipe de France.

"Florent a beaucoup pris de Yannick, de Camille, de toute l'équipe", explique le coach marseillais, qui sauve ainsi des Jeux assez moyens pour ses troupes, puisque Camille Lacourt ou Fabien Gilot n'ont pas obtenu les résultats escomptés.

Et Romain Barnier d'avouer avoir lui aussi appris de Fabrice Pellerin, coach à Nice de Yannick Agnel et de Camille Muffat, les autres champions olympiques français de Londres.

"Entre l'excellence quotidienne de Fabrice ou les méthodes plus au coup par coup des Américains, qui ont su encaisser les échecs et finir en trombe, nous devons trouver notre voie", résume-t-il.

Avant de s'interroger sur l'avenir du nouveau champion olympique.

"Je ne m'attendais tellement pas à cette victoire que je ne sais pas quoi vous dire."

Edité par Jean Décotte

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