JO: le "cadeau d'adieu" d'Alexandre Vinokourov en cyclisme

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ALEXANDRE VINOKOUROV SACRÉ EN CYCLISME AUX JO
ALEXANDRE VINOKOUROV SACRÉ EN CYCLISME AUX JO

par Mario Andres

LONDRES (Reuters) - Alexandre Vinokourov a paraphé samedi sa tumultueuse carrière d'un dernier succès de prestige : la médaille d'or sur route des Jeux olympiques de Londres.

Déjouant avec d'autres vieux briscards les plans trop bien huilés de l'équipe britannique, placée au service exclusif de Mark Cavendish, le Kazakh s'est montré le plus roué du groupe d'échappés pour se jouer dans le final du Colombien Rigoberto Uran, le bronze revenant au Norvégien Alexander Kristtoff.

La boucle est une nouvelle fois bouclée pour le sportif le plus célèbre du Kazakhstan, déjà médaillé d'argent sur route en 2000 à Sydney derrière Jan Ullrich et devant Andreas Klöden, ses équipiers dans une équipe Telekom qui dominait alors le cyclisme comme le Team Sky le fait aujourd'hui.

En trois olympiades, de l'urine a coulé dans les éprouvettes et l'ancien serviteur de cette formation allemande décimée par le dopage a lui aussi payé sa dette d'une suspension de deux ans en 2007 après un contrôle positif pour une autotransfusion dans le Tour de France.

"On m'a déjà posé la question du dopage en 2010. J'ai démontré depuis que 'Vino' était toujours 'Vino'", a-t-il répondu aux inévitables questions sur son passé.

Car le passé d'Alexandre Vinokourov, avec ou sans dopage, ce sont aussi des dizaines de victoires: la Vuelta en 2006, Paris-Nice, le Critérium du Dauphiné, deux Liège-Bastogne-Liège ou encore une Amstel Gold Race.

Des coups durs, aussi: sa suspension mais aussi sa terrible chute du Tour 2011 et cette blessure à la hanche et au fémur qui lui avait donné l'envie, contre toute attente, de prolonger sa carrière d'une saison.

"Cette médaille d'or, c'est vraiment la récompense des efforts déployés tout au long de ma carrière. Après ma chute, tout le monde me demandait d'arrêter mais ma famille et mes enfants m'ont soutenu", a-t-il expliqué.

"J'avais dit que je referais le Tour et je n'ai pas réussi à y remporter à nouveau une étape. Mais cette médaille d'or est un formidable cadeau d'adieu", a-t-il ajouté, jurant que cette fois, on ne l'y reprendrai plus.

ANCIENS ET MODERNES

La victoire de "Vino" en ce premier samedi des Jeux fut aussi celle des anciens contre les modernes.

L'absence d'oreillettes dans la course olympique et la réduction des équipes à cinq éléments maximum ont certainement favorisé un cyclisme "à la papa", la science de la course plutôt que la haute technologie.

"Moi, je n'ai pas besoin d'oreillettes. Je vois la course de l'intérieur. C'est sûr qu'avec les oreillettes, ou avec des équipes plus fournies, comme aux championnats du monde, il y aurait eu un sprint massif à l'arrivée", a résumé le Kazakh.

Ce sprint, qu'espéraient les dizaines de milliers de spectateurs massés le long des rues les plus huppées de Londres et des petites routes du Surrey, n'a pas eu lieu.

Dans la foulée du succès sans partage de Bradley Wiggins sur le Tour de France, l'équipe high-tech britannique était convaincue de pouvoir épingler une médaille d'or sur le maillot arc-en-ciel de Mark Cavendish.

Wiggins, Chris Froome, David Millar, Ian Stannard s'employèrent sans compter pour y parvenir, sans jamais vraiment contrôler une course pour coureurs rusés et expérimentés.

"Les autres équipes se sont liguées pour gâcher notre course", a expliqué David Millar, capitaine de course du Team GB et autre rescapé du dopage.

Mais à trop annoncer un succès aléatoire, les hommes de Dave Brailsford ont aiguisé l'appétit des trouble-fête.

Dans cette course de dupes, où tous les grands baroudeurs du peloton - Philippe Gilbert, Luis Leon Sanchez, Vincenzo Nibali ou Fabian Cancellara, avant une chute spectaculaire du Suisse - ont tenté de fausser le scénario écrit à l'avance, les Français n'ont pas vraiment pu jouer leur chance.

Sylvain Chavanel faisait comme de juste partie de l'échappée victorieuse forgée au fil des tours. Arnaud Démare, lui, a fini troisième du sprint du peloton. Un sprint pour rien.

Edité par Jean Décotte

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