JO: Laurent Vidal, triathlète depuis toujours

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DES CHANCES DE MÉDAILLE RÉELLES POUR LAURENT VIDAL
DES CHANCES DE MÉDAILLE RÉELLES POUR LAURENT VIDAL

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - "Moi, plus tard, je serai triathlète". Quand Laurent Vidal a prononcé ces mots en 1993, il n'avait que neuf ans et ce sport n'était même pas olympique.

Dix-neuf ans plus tard, le voici du voyage à Londres où ses chances de médaille dans cette discipline de titan sont bien réelles pour un athlète qui a occupé à deux reprises cette saison le rang de numéro un mondial.

Le triathlon olympique, autrement appelé "courte distance", n'est rien de moindre que l'enchaînement de 1.500 mètres de natation dans un milieu naturel, de 40km de vélo en huit boucles et de 10 km de course à pied en quatre tours.

Et quand il se raconte, Laurent Vidal explique "être tombé dedans lorsqu'il était petit".

"Quand j'étais minot, j'ai testé tous les sports, entre cinq et dix je crois, du skateboard, au basket, en passant par la gym et le handball. En réalité, je crois qu'il n'y a pas beaucoup de sports que je n'ai pas testés", s'amuse-t-il à souligner lors d'un entretien accordé à Reuters.

"Et puis un jour, mes parents qui m'emmenaient souvent sur des compétitions de course à pied auxquelles ils participaient m'ont aligné lors d'une initiation au triathlon, chez moi, à Sète. J'avais neuf ans. Quinze minutes plus tard, j'ai su que j'en ferais mon métier."

Quand on connaît un peu Laurent Vidal, un grand bonhomme filiforme mais affûté, on se rend vite compte que ce genre de décision prise sur un coup de coeur, ou sur un coup de tête, rythme régulièrement sa vie.

"RIEN N'EST LE FRUIT DU HASARD"

Autre lieu, autre époque, autre exemple.

En 2005, son regard croise celui d'une jeune triathlète néo-zélandaise, Andrea Hewitt, à l'issue d'une épreuve des championnats du monde, au Japon.

Un an plus tard, la "belle de son coeur" signe dans un club en France pour venir s'entraîner. A l'époque, elle n'est pas encore conquise.

Mais qu'importe, le gaillard patiente quelques mois et un jour d'octobre 2007 lui déclare qu'il vient d'acheter, sur un coup de folie, un billet d'avion pour la Nouvelle-Zélande.

"Elle ne m'a pas dit non et depuis ce jour-là, j'habite six mois de l'année là-bas, à Christchurch, et six mois en France. Avec un tel système, on ne connaît pas l'hiver et on s'entraîne tous les deux, toujours l'été", explique-t-il.

Et autant dire qu'ils s'entraînent comme des forcenés.

"Une journée-type, je vais faire du vélo pendant près de deux heures, après je vais nager entre cinq et six kilomètres et le soir, je cours entre 15 et 20 km", détaille-t-il, avec une décontraction déconcertante.

"C'est un sport d'endurance, assez exigeant. Ce que les gens voient aux Jeux olympiques, cela reste juste une course. Mais il faut savoir que derrière, il y a parfois dix, quinze ans de préparation. Dans ce sport, rien n'est le fruit du hasard", souligne-t-il.

Laurent Vidal est un homme entier, presque toujours de bonne humeur, et il trouve la force d'aller au charbon tous les jours dans son amour inexorable pour le triathlon.

"Ce que j'apprécie le plus dans ce sport, c'est qu'on est toujours dans le milieu naturel. On s'entraîne en mer, on court et on fait du vélo dans les forêts", dit-il.

Il n'y a jamais de monotonie et ça, c'est quelque chose qui n'a pas de prix. Sans cette passion, je ne pourrais pas me lever le matin et faire tout ce que je fais."

Edité par Jean-Paul Couret

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