JO: la pentathlonienne Amélie Cazé croit en elle

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À LONDRES, AMÉLIE CAZÉ CHERCHERA À TOURNER LA PAGE DE PÉKIN
À LONDRES, AMÉLIE CAZÉ CHERCHERA À TOURNER LA PAGE DE PÉKIN

par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - L'histoire d'Amélie Cazé est celle d'une petite fille dont les parents, comme beaucoup d'autres, ont mis leur enfant à la piscine toute jeune, un sport qui l'a rapidement menée au pentathlon moderne, ce qui est beaucoup plus rare.

Pour sa troisième participation aux Jeux, la Française triple championne du monde (2007, 2008, 2010) rêve désormais à 27 ans de l'or olympique à Londres.

A Athènes, en 2004, elle avait terminé 12e. A Pékin, quatre ans plus tard, elle avait dû se contenter de la neuvième place alors qu'elle figurait parmi les prétendantes au titre suprême.

Cette année encore, elle peut nourrir des espoirs dorés mais se veut prudente au vu de ses échecs précédents.

"Je m'entraîne, je fais chaque jour ce qui me paraît le mieux pour aller chercher l'or mais les 37 autres concurrentes font la même chose", a-t-elle souligné lors d'un entretien accordé à Reuters.

"Je crois en ma force, je crois en moi", ajoute la jeune femme, professeur d'EPS actuellement mise à disposition du rectorat.

"Croire en soi, en sport, comme dans la vie de tous les jours, c'est ce qui fait la différence, pour tout le monde."

Dans les bassins très jeune, à sept ans, elle s'est orientée vers le pentathlon deux ans plus tard, découvrant par là-même de nouvelles disciplines: l'escrime qu'elle estime aujourd'hui être "plutôt son point fort", le tir, la course et l'équitation.

"Pour un gamin, c'est merveilleux de pouvoir monter à cheval, prendre une épée, tirer, courir, nager. En fait, je crois que je suis née pentathlète. Et j'ai appris à maîtriser toutes les disciplines."

Si Amélie Cazé a tourné la page de 2008, l'échec de Pékin reste présent et elle aborde le rendez-vous de Londres dans un état d'esprit différent.

"EXIGENCE"

"Sur une journée de compétition, tout peut arriver. Je n'étais certainement pas bien préparée mentalement, sans que je sache pourquoi. Peut-être que si j'avais plus communiqué, plus partagé... Je ne sais pas", tente-t-elle d'expliquer.

"A Londres, il n'y aura pas de sentiment de revanche. Londres, c'est une évidence", ajoute Amélie Cazé, qui confirme que l'arrivée dans la discipline d'Elodie Clouvel, désormais sa partenaire de club à Noyon (Oise), mais aussi une rivale potentielle, "a été un booster" pour elle.

"On n'a pas le même caractère, ça permet de faire briller la discipline de façon différente."

Un mot revient souvent dans le discours de la jeune femme: "exigence".

"Chacun peut réussir en étant différent. Certains s'amusent à l'entraînement, moi, ce n'est pas ma conception. Le plaisir, je l'ai quand mes exigences sont satisfaites", assène-t-elle.

Si Londres est évidemment son principal objectif, il y aura fatalement un après-JO à gérer, avec une réflexion à mener sur la suite de sa carrière qu'elle n'envisage pas d'arrêter le 12 août, jour de clôture des Jeux où sont programmées les épreuves de pentathlon moderne.

"Après Londres, il faudra penser à autre chose, ce sera une nouvelle aventure, un nouveau départ, mais je continuerai encore le sport de haut niveau. Plus tard, on verra. Je ne suis pas sûre d'enseigner car ce qui m'effraie, c'est d'imposer aux autres les exigences que j'ai pour moi-même", dit-elle.

"Je ne pas sûre que 30 gamins le supportent et que, moi, je les supporte. Il y a pas mal d'indécision sur l'avenir mais pour l'instant, je suis dans le haut niveau. Au fond de moi, j'ai envie de transmettre, je n'ai pas choisi ce métier par hasard mais est-ce que ce sera à des ados en mal de jeux-vidéos ou à des athlètes de haut niveau ? Entre les deux, mon coeur balance."

Edité par Olivier Guillemain

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