JO: la nageuse syrienne Bayan Jumah a savouré sa trêve olympique

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LA NAGEUSE SYRIENNE BAYAN JUMAH EST RESTÉE BLOQUÉE AUX SÉRIES
LA NAGEUSE SYRIENNE BAYAN JUMAH EST RESTÉE BLOQUÉE AUX SÉRIES

par Mohammed Abbas

LONDRES (Reuters) - La nageuse syrienne Bayan Jumah a été éliminée dès les séries du 100 mètres nage libre, mercredi aux Jeux olympiques de Londres, mais les convulsions qui secouent son pays, en particulier sa ville natale d'Alep, n'ont pas affecté ses performances, si l'on en croit l'adolescente.

La jeune Syrienne de 18 ans s'entraîne depuis un an et demi à Rouen, en Seine-Maritime, où les structures d'entraînement se prêtent davantage à une préparation olympique et où elle échappe aux violences.

Comme les neuf autres sportifs syriens présents à Londres, elle a fait profil bas depuis le début des Jeux. Tous se sont bien gardés de commenter la situation, au moment où la pression internationale s'accroît sur le président Bachar al Assad.

"Je ne m'intéresse pas beaucoup aux histoires de politique en Syrie, parce que je n'ai pas besoin de ça. Je me consacre juste à la natation et aux études", a-t-elle dit après avoir fini sa série à la deuxième place, mais bien loin des meilleures mondiales.

Aux journalistes qui lui demandaient si elle avait suivi à la télévision les nouvelles du conflit, elle a répondu: "Non, jamais."

"UN RÊVE"

Les violences dans son pays ont perturbé la préparation des athlètes. En décembre dernier, Bayan Jumah n'a pas pu s'aligner aux Jeux panarabes à Dubaï, un avant-goût des JO, après le boycott décrété par les instances dirigeantes du sport syrien pour protester contre la décision de la Ligue arabe d'exclure a Syrie.

Et la participation de la Syrie aux Jeux a fait, jusqu'au bout, l'objet de spéculations.

Le président du Comité olympique syrien, Mowaffak Joumaa, considéré comme un proche de Bachar al Assad, s'est vu refuser l'entrée sur le territoire britannique, selon la BBC.

Les autorités britanniques ont refusé de commenter cette information, mais le ministre des Sports, Hugh Robertson, a affirmé en juin qu'"aucune personne liée aux entorses aux droits de l'homme en cours en Syrie ne pourrait participer Jeux".

Quand la délégation syrienne est arrivée en Angleterre, le mois dernier, certains dirigeants sportifs n'avaient pas fait le voyage, selon Pere Miro, un responsable de l'organisation des Jeux, pour "éviter beaucoup de problèmes".

Un retrait de la Syrie aurait constitué pour Bayan Jumah une immense désillusion.

"Représenter la Syrie aux Jeux olympiques, c'est le rêve de tout le monde", a-t-elle dit.

Sa mère et ses deux grands-frères vivent toujours à Alep, où elle a passé des vacances il y a quelques mois.

"J'espère que tous les problèmes vont bientôt prendre fin, parce que, en fin de compte, nous sommes tous Syriens."

Simon Carraud pour le service français, édité par Tangi Salaün

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