JO: la Grande-Bretagne sur l'Olympe du cyclisme

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LA GRANDE-BRETAGNE SUR L'OLYMPE DU CYCLISME
LA GRANDE-BRETAGNE SUR L'OLYMPE DU CYCLISME

par Mario ANDRES

LONDRES (Reuters) - Avec huit médailles d'or, dont sept dans son vélodrome du Parc olympique, la Grande-Bretagne s'est affirmée comme la nouvelle superpuissance du cyclisme mondial.

Le Royaume-Uni pouvait déjà revendiquer ce titre depuis Pékin mais les Jeux de Londres ont durci le braquet d'autant que les succès du Team GB pendant la quinzaine ont succédé à la fantastique campagne menée par le Team Sky de Bradley Wiggins tout au long de la saison sur route et jusqu'au Tour de France.

Sept titres sur la piste, c'est le même bilan qu'en 2008, mais dans un programme remanié, où chaque pays ne pouvait engager qu'un seul concurrent par épreuve.

Sir Chris Hoy et les siens, dans ce contexte, ont annihilé la concurrence, le porte-drapeau du pays hôte ayant porté son total personnel à six médailles d'or olympiques pour devenir le Britannique le plus titré de l'histoire des Jeux.

Bradley Wiggins suit désormais avec cinq médailles d'or, comme le rameur Steve Redgrave, mais son titre sur le contre-la-montre, une dizaine de jours après sa victoire sur le Tour, en fait sans nul doute, vu de Londres, la vedette de ces Jeux, ex-aequo avec Chris Hoy.

S'il n'a plus fait jaser comme à Pékin, ce cavalier seul a poussé les nations rivales des Britanniques - Australiens, Allemands, Français, Chinois qui ont ramassé les miettes laissées par leurs hôtes - à se poser des questions.

Pour Dave Brailsford et ses hommes, pas de recette miracle, juste un travail de fond et d'ensemble, lancé depuis que la Loterie nationale a investi dans ce sport en 1997.

LA RELÈVE EST LÀ

La création du centre national du cyclisme à Manchester en 1994, la politique de détection mise en place depuis, le recrutement d'entraîneurs de très haut niveau débauchés en Australie et en Allemagne, l'accent mis sur l'équipement de pointe, confié à l'ancien champion olympique de poursuite Chris Boardman, l'attention prêtée au moindre détail, mais aussi le budget élevé - on parle de 30 millions de livres - de British Cycling, sont autant d'explications à cette mainmise.

Si des figures emblématiques du Team GB, Chris Hoy et Victoria Pendleton notamment, ne seront pas à Rio dans quatre ans, la relève est déjà assurée par Jason Kenny, vainqueur de la vitesse individuelle à 24 ans, et par sa fiancée Laura Trott, 20 ans, médaillée d'or de l'omnium.

Dans ce paysage, la France s'en sort grâce au VTT, où la jeune Bretonne Julie Bresset, championne olympique, fait oublier la triste sortie de Julien Absalon, victime d'une crevaison.

Sur piste, il a fallu aux Tricolores se contenter de trois médailles d'argent plutôt frustrantes pour le triple champion du monde de vitesse Grégory Baugé et ses équipiers.

La deuxième place à l'omnium du jeune Bryan Coquard, 19 ans, fut en revanche la bonne surprise de ces Jeux, et l'éclosion d'un talent qui ne demande qu'à mûrir sur la route au sein de l'équipe Europcar qu'il rejoindra la saison prochaine.

"Pour ces Jeux, c'est fini. Mais il va falloir qu'on trouve des solutions pour l'avenir", a résumé la directrice technique nationale Isabelle Gautheron à propos de la domination britannique.

C'était de sa part un appel du pied aux pouvoirs publics et aux équipementiers pour aider la France à combler son retard.

Le BMX, discipline aussi spectaculaire qu'aléatoire, n'a pas non plus apporté à la France les médailles escomptées. Que les Britanniques échouent également dans cette épreuve qui confine souvent à la loterie n'est sans doute pas une consolation.

Edité par Jean-Paul Couret

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