JO: la Grande-Bretagne bien réveillée, Emilie Fer en or

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LA KAYAKISTE FRANÇAISE ÉMILIE FER REMPORTE L'OR
LA KAYAKISTE FRANÇAISE ÉMILIE FER REMPORTE L'OR

LONDRES (Reuters) - La Grande-Bretagne a peiné à se réveiller au début de "ses" Jeux olympiques de Londres mais, au lendemain d'une journée de rêve, la délégation britannique a accouché jeudi de deux nouvelles médailles d'or, tandis que la kayakiste française Emilie Fer domptait le lit de la rivière.

La Tricolore de 29 ans s'est jouée de l'eau qui ne dormait pas pour décrocher l'or du slalom, soit le deuxième cocorico de la semaine au bassin de Lee Valley après la consécration de son compatriote Tony Estanguet mardi en canoë.

Sans autre référence qu'une quatrième place aux championnats du monde en 2011, Émilie Fer s'est distinguée au bon moment pour offrir à la France sa sixième médaille d'or depuis le début des JO, la deuxième en canoë-kayak.

La kayakiste a devancé l'Australienne Jessica Fox, médaillée d'argent, et l'Espagnole Maialen Chourraut.

La Grande-Bretagne, elle, s'est défaite de son image de belle endormie du début des Jeux: au lendemain du sacre de ses rameuses en deux sans barreuse et de Bradley Wiggins en contre la montre, le canoë et le tir ont montré que le pays hôte était bel et bien éveillé.

Les Britanniques ont réalisé le doublé or et argent en canoë biplace, une finale que les Français Gauthier Klauss et Matthieu Péché ont terminé au pied du podium.

L'or est allé à Tim Baillie et Etienne Stott, juste devant leurs compatriotes David Florence et Richard Hounslow, pour le plus grand plaisir du public londonien.

AUDREY TCHEUMÉO EN BRONZE

'God save the Queen' a également retenti en fin d'après-midi pour le tireur Peter Wilson, qui a vaincu les bourrasques et s'est s'adjugé la médaille d'or du double trap.

Détenteur du record du monde de l'épreuve, le Britannique a devancé au score le Suédois Hakan Dahlby et le Russe Vasily Mosin, respectivement médaillés d'argent et de bronze.

Les athlètes de Sa Majesté auraient même pu obtenir deux autres médailles d'or si les rameurs du quatre de pointe poids léger ou la judoka Gemma Gibbons n'avaient dû se contenter de l'argent dans leurs disciplines respectives.

Gemma Gibbons avait pourtant créé la surprise en demi-finale des -78 kg en battant la championne du monde française Audrey Tcheuméo, mais la Britannique de 25 ans n'a rien pu faire en finale et a dû s'incliner contre l'Américaine Kayla Harrison.

De son côté, Audrey Tcheuméo a remporté la médaille de bronze mais n'a pas caché sa déception de ne pas avoir tenu son rang.

Le Russe Tagir Khaibulaev, lui, pouvait exulter : non seulement il est devenu champion olympique des moins de 100 kg, mais il l'a fait sous les yeux de son président Vladimir Poutine, lui-même ceinture noire de judo.

LA REMONTÉE BRITANNIQUE

Au classement des médailles, la France reste quatrième grâce à ces deux nouveaux podiums qui portent son bilan à 15 médailles. Elle est désormais talonnée par la Grande-Bretagne, passée en deux jours de la 21e à la 5e place.

L'équipe de France et la Team GB devraient poursuivre leur moisson dans la soirée sur la piste du vélodrome, en commençant par la finale de la vitesse par équipe hommes.

Autre duel attendu, celui qui opposera Michael Phelps et Ryan Lochte, les frères ennemis de la natation américaine, qui s'affronteront pour la dernière fois dans le bassin du centre aquatique de Londres en 200 m quatre nages (21h19).

Michael Phelps, déjà auréolé du record du nombre de médailles olympiques obtenues par un seul athlète (19), aura l'occasion de devenir le premier nageur à s'imposer sur la même distance lors de trois éditions des Jeux olympiques.

"Nous adorons courir l'un contre l'autre", a déclaré Phelps, qui avait été battu sur le 400 m quatre nages par Lochte, sacré sur la distance.

"Aucun de nous deux n'aime perdre. J'aime bien dire que chacun de nous permet à l'autre de sortir le meilleur de ce qu'il a en lui."

En badminton, la chinoise Yu Yang avait sorti le pire en faisant exprès de perdre un match de double pour bénéficier d'un tableau plus favorable. Disqualifiée mercredi, elle a annoncé jeudi sur son compte de microblog Tencent qu'elle mettait un terme à sa carrière.

A l'inverse, le fondeur français Nour-Eddine Gezzar n'est pas résigné : arguant d'erreurs lors du contrôle anti-dopage qui a mené à sa mise à l'écart, il a contesté son exclusion des Jeux olympiques de Londres devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) qui doit rendre son verdict jeudi.

Jean Décotte pour le service français, édité par Tangi Salaün

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