JO: la France au troisième rang mondial de la natation

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SEPT MÉDAILLES, DONT QUATRE TITRES POUR LA NATATION FRANÇAISE
SEPT MÉDAILLES, DONT QUATRE TITRES POUR LA NATATION FRANÇAISE

par Mario Andres

LONDRES (Reuters) - Emmenée par un Yannick Agnel exemplaire, la natation française rentre de Londres bardée de sept médailles, dont quatre titres, un bilan olympique exceptionnel qui place la France au troisième rang mondial derrière les Etats-Unis et la Chine.

"C'est une grande fierté d'avoir pu porter la natation française aussi haut sur ces Jeux olympiques. C'est la récompense du travail entrepris dans les différentes structures d'entraînement. C'est une réussite collective qui débouche sur un bilan historique", a résumé Christian Donzé, le directeur technique national.

La folle semaine des Bleus a débuté par ce relais 4X100 m messieurs qui faisait tant défaut à l'équipe tricolore depuis Pékin, pour s'achever en apothéose vendredi soir avec le titre tonitruant de Florent Manaudou sur 50 m nage libre, pied de nez au temps qui passe.

Car la relève incarnée par Yannick Agnel, Florent Manaudou et Camille Muffat s'affirme au moment où les stars des bassins des Jeux d'Athènes et de Pékin, Laure Manaudou et Alain Bernard, tirent leur révérence à ce niveau.

Le relais est donc passé.

Yannick Agnel s'en est saisi avec autorité en emmenant vers l'or ce 4X100 m frustré à plusieurs reprises des sommets, et notamment aux Jeux de 2008, où Alain Bernard avait été battu d'une aspiration par le dernier relayeur américain.

Le dernier 100 mètres de l'élégant Niçois fut un premier coup de tonnerre qui annonçait un déluge de succès.

Mais personne, encore, ne s'attendait à voir le Français dominer d'une classe le 200 m nage libre et signer le meilleur temps de l'histoire sans combinaison (1'43"14), lui qu'avait révélé son insistance à courir en slip de bain au plus fort de la vogue du polyuréthane.

Gendre idéal, avec son regard doux, son ton posé et son curriculum lettré, Yannick Agnel s'est imposé comme un leader stylé mais imposant, conduisant également la France à l'argent sur le relais 4X200 m, souvent considéré comme le révélateur de la qualité d'une nation dans les bassins.

"Il y a un leader en la personne de Yannick mais il y a aussi d'autres leaders avec des personnalités différentes. C'est la richesse de cette équipe que tout ne soit pas focalisé sur un seul élément", explique Christian Donzé.

Le coup d'éclat de Florent Manaudou l'avant-dernier jour de courses au Centre aquatique de Londres, doit tout autant à son talent, à son potentiel familial qu'à l'inspiration qu'a pu lui donner le protégé de Fabrice Pellerin.

"Nous avons beaucoup appris au contact de Yannick, de Camille et des autres", avouait Romain Barnier, entraîneur du cadet des Manaudou à Marseille.

BALADE NIÇOISE

Le triomphe de la natation française est avant tout celui de l'école niçoise puisque Camille Muffat, deuxième Française championne olympique, huit ans après Laure Manaudou et sur la même distance du 400 m, est licenciée, comme Yannick Agnel, à l'Olympic Nice natation.

Les quatre nageurs entraînés par Fabrice Pellerin repartent ainsi du Royaume-Uni avec au moins une médaille dans leurs bagages puisque Clément Lefert et Charlotte Bonnet ont été décorés en relais.

Camille Muffat, qui a tout sacrifié voilà deux ans aux méthodes de son mentor pour exprimer enfin tout son potentiel, s'est même offert la collection complète avec l'or du 400 m, l'argent du 200 m et le bronze au relais 4x200 m.

La méthode Pellerin est un peu à la natation ce que le football total était au ballon rond, une discipline de tous les instants, une attention maximale prêtée au détail, ce que son rival marseillais, plus inspiré par les campus américains, appelle "l'excellence au quotidien".

Si la méthode niçoise a surnagé, les nageurs phocéens ont un peu marqué le pas, à l'image du champion du monde du 100 m dos, Camille Lacourt, échoué au pied du podium.

Mais Florent Manaudou a réconcilié les deux écoles et promis que la vague en cours ne cesserait pas de déferler de sitôt : il n'a que 21 ans et Yannick Agnel seulement 20.

"Il n'y a pas de méthode unique, il faut respecter les diversités. Mais aux Jeux olympiques, il y en a qui grandissent et d'autres qui rapetissent. Il faut maintenant remettre les compteurs à zéro. Nous sommes en fin de cycle. Il faut repartir travailler et entretenir cette dynamique en espérant que nos nageurs puissent en attirer d'autres. C'est le cycle de la vie", a conclu Christian Donzé.

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