JO: la bataille des sexes passe des rings à la piscine

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par Belinda Goldsmith

LONDRES (Reuters) - Les boxeuses ont fait disparaître le seul sport olympique réservé aux hommes mais les nageurs synchronisés ont ouvert un nouveau front dans la bataille des sexes et demandent la parité avec les nageuses.

L'admission de la boxe féminine fait des Jeux de Londres les premiers où les femmes seront autorisées à participer aux 26 sports au programme.

A titre de comparaison, à Stockholm, il y a 100 ans, les femmes n'avaient concouru que dans cinq épreuves sur 110.

Les militants pour l'égalité entre les sexes reconnaissent que de grands progrès ont été faits mais ils soulignent que la bataille est loin d'être finie et que les Jeux doivent symboliser et refléter les valeurs et les croyances fondamentales de la société.

Aux Jeux de Londres, du 27 juillet au 12 août, les femmes participeront à 30% d'épreuves de moins que les hommes.

Les athlètes mâles auront 162 médailles d'or pour enjeu, les femmes ne pourront en gagner que 132. Aux Jeux de Pékin, en 2008 le total des titres était de 165 pour les hommes, 127 pour les femmes.

Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes, a annoncé que plusieurs groupes de femmes entendaient manifester le 25 juillet à Londres à l'appui de sept demandes présentées au Comité international olympique (CIO) au sujet de la ségrégation et de la discrimination entre les sexes.

"L'objectif des Jeux olympiques est de construire un mode meilleur grâce au sport mais la réalité est qu'il y a toujours des stéréotypes, de la discrimination et de la prostitution autour des Jeux", a-t-elle dit à Reuters.

"Les Jeux sont l'endroit idéal pour imposer des changements car il n'y a qu'une loi pour tous et il y a les instruments pour imposer l'égalité, et l'égalité, c'est la justice."

NAGEURS EN COLÈRE

Annie Sugier, qui fait campagne depuis vingt ans pour l'égalité dans le monde de l'olympisme, demande au CIO d'agir plus fermement car, s'il a affirmé son soutien à l'égalité entre les sexes, il est encore loin d'avoir atteint ses objectifs.

En 1996, le CIO avait ainsi promis que les femmes occuperaient en 2005 20% des postes dans ses 205 Comités nationaux et ses 35 fédérations internationales.

Sept ans plus tard, la direction du Comité d'organisation des Jeux de Londres, (LOCOG) ne compte qu'une femme, la princesse Anne, parmi ses 19 membres et le CIO ne compte que 20 femmes sur 105 délégués.

Au niveau des athlètes, l'écart entre les sexes s'est réduit. A Pékin, les concurrentes femmes étaient 4.746 soit un record de 42% du total des participants.

Les militantes de l'égalité entre les sexes font valoir que le président du CIO Jacques Rogge avait déclaré en 2004 que "le but ultime du mouvement olympique était une participation à 50-50 des hommes et des femmes."

La porte-parole du CIO Emmanuelle Moreau fait cependant remarquer que le président du CIO n'avait pas fixé d'échéance à cet objectif.

Le CIO risque d'être confronté à de nouveaux problèmes car, désormais, les femmes ne sont plus les seules à revendiquer la parité.

Des hommes ont lancé des appels après avoir été exclus de deux disciplines des JO d'été, la natation synchronisée et la gymnastique rythmique alors que de plus en plus d'hommes pratiquent ces sports.

Un groupe de pression de nageurs synchronisés a interpellé le CIO. La Fédération internationale de natation (FINA) a soutenu en juin que les hommes ne devaient plus être exclus de cette discipline aux Jeux.

Jean-Paul Couret pour le service français

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