JO: l'escrime française touchée et coulée

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L'ESCRIME FRANÇAISE SORT BREDOUILLE DES JO
L'ESCRIME FRANÇAISE SORT BREDOUILLE DES JO

par Chrystel Boulet-Euchin

LONDRES (Reuters) - Le ciel de l'escrime française est plus gris encore que celui de Londres où, pour la première fois depuis 1960, elle est sortie des Jeux olympiques, dimanche, sans la moindre médaille.

La débâcle des fleurettistes battus en quart de finale par équipes a mis un terme au parcours olympique cauchemardesque de l'équipe de France et l'heure est désormais à la réflexion comme l'a dit à Reuters Eric Srecki, le directeur technique national (DTN).

"S'il y avait une explication simple et évidente, on le saurait. Il y a certainement plein de petites choses à revoir, il va falloir prendre le temps de la réflexion. C'est une énorme contre-performance, une énorme déception", a reconnu l'ancien champion olympique à l'épée en individuel, à Barcelone, en 1992.

"Il y a des choses à changer, c'est sûr mais on n'est pas mort. Il y a, c'est vrai, une baisse de niveau et une hausse de la concurrence ais je pense aussi qu'on est au bout d'un système, au bout d'un cycle."

Il y a trois jours, Jean-François Lamour, ancien champion olympique, lui aussi, et ancien ministre des Sports, avait pointé du doigt une façon de faire qui ne menait plus les plus jeunes vers le haut niveau. Question d'éducation selon lui.

Erwann Le Péchoux, battu dimanche avec ses coéquipiers, lui qui est triple champion du monde par équipes, n'a pas caché sa déception et a, plus ou moins discrètement, mis en cause l'encadrement.

"RESPONSABILITÉS PARTAGÉES"

"Ce sont les Jeux les pires et c'est dommage de se retrouver là-dedans parce qu'on a l'impression qu'on ne s'est pas battus, qu'on n'a pas fait le boulot, alors que si il y a certains qui ont lâché des matches, l'état d'esprit était bon, malgré ce que l'on a pu en penser", a-t-il dit aux médias.

"Il y a beaucoup de choses qui doivent changer. En 2005 (aux championnats du monde-NDLR), on se voyait tout beau avec 14 médailles puis, depuis, ça ne fait que baisser. C'est vrai que les autres nations montent. Ils se donnent les moyens pour réussir, ils ont beaucoup d'outils qu'on n'a pas. Il y aura beaucoup de choses à changer. Moi, je suis tireur, je fais ce qu'on me dit."

Fermez le ban.

Eric Srecki ne l'entend pas forcément de cette oreille, ce qui est somme toute logique compte tenu de sa position de DTN qui, fatalement, se trouve sur le banc des accusés.

"Remettre le staff en cause, il ne sera pas le seul à le faire", a-t-il dit à l'évocation de propos de Le Péchoux.

"Et moi, j'en ai pas mal à dire aussi sur l'engagement et le professionnalisme des athlètes. Les responsabilités sont partagées et ce n'est pas en se désolidarisant que cela va s'arranger."

Ce qui pourrait arranger les choses serait, selon lui, une vaste réflexion sur le système actuel.

"Il faut tout passer en revue pour identifier les rouages qui n'ont pas fonctionné", a-t-il conclu.

Passée de pourvoyeuse de médailles au rôle de vilain petit canard, l'escrime française n'a plus qu'à espérer une éclaircie.

Edité par Jean-Paul Couret

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