JO: l'athlétisme français prêt à se sublimer à Londres

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LES ATHLÈTES FRANÇAIS PRÊTS À SE DÉPASSER À LONDRES
LES ATHLÈTES FRANÇAIS PRÊTS À SE DÉPASSER À LONDRES

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - "Aux JO de Londres, plus que de mouiller le maillot bleu-blanc-rouge, l'objectif pour l'équipe de France d'athlétisme sera de le rendre carrément liquide", explique le Directeur technique national Ghani Yalouz dans un entretien accordé à Reuters.

Réputé pour sa chaleur méditerranéenne et pour son implication sans compter dans ses fonctions, l'ancien champion de lutte gréco-romaine travaille depuis 2009 à insuffler au sein de ses troupes les valeurs "du partage, de l'humilité et de l'amour de la tunique bleue".

Et à l'heure de défier les plus grandes nations, le DTN français espère que ses 54 athlètes engagés à Londres, dans 11 disciplines chez les femmes et 16 chez les hommes, sauront se montrer à la hauteur, même si leurs chances de médailles seront ténues.

"Ils ne vont pas tous gagner, c'est une évidence, car en athlétisme, les miracles sont rares mais je sais qu'ils vont se dépasser. Je veux une équipe de France sans complexe, actrice et non pas spectatrice", demande-t-il.

"Tout le monde ne sera pas Usain Bolt mais il faudra se donner un maximum les moyens pour s'en rapprocher. Le plus important sera le dépassement de soi."

Côté médailles, la Fédération française d'athlétisme (FFA) s'est fixée un objectif raisonnable, celui de faire mieux qu'aux JO de Pékin, où la délégation hexagonale avait rapporté une médaille d'argent sur 3000m steeple avec Mahiedine Mekhissi puis en avait récupéré une autre sur tapis vert plus tard, avec Mehdi Baala sur 1500m.

Prié de dire si cet objectif n'était pas trop modeste, Ghani Yalouz a rapidement balayé ce procès d'intention.

"Ce n'est pas un manque d'ambition. Ma ligne de conduite, en tant que DTN, est de ne pas mettre de pression inutile sur le dos des athlètes. C'est du bon sens", affirme-t-il.

"Après, quand on comptabilise les médailles séniors engrangées lors de l'olympiade qui s'achève, on en est à 54, rien que sur les championnats du monde et d'Europe. Du coup, sans trop s'avancer, cela veut dire que l'on a un potentiel intéressant."

LEMAITRE ET LAVILLENIE EN TÊTES D'AFFICHE

Malgré les forfaits "regrettables et tristes" de certains "cadres" comme Teddy Tamgho et Mehdi Baala, Ghani Yalouz est persuadé que Christophe Lemaitre au sprint et Renaud Lavillenie à la perche porteront haut les couleurs françaises à Londres.

"Christophe a l'air de sentir plutôt bien, serein. L'opposition, que cela soit sur 100m ou sur 200m sera très dure. Mais c'est un garçon qui ne se pose pas de questions, qui n'a pas de complexe", dit-il à propos du sprinteur d'Aix-les-Bains.

"Il a en lui une espèce de 'fighting spirit' qui peut l'emmener très loin. J'espère bien qu'il fera une médaille. Il a terminé quatrième du 100m aux Mondiaux de Daegu, troisième du 200m. Il n'y va pas en tant que spectateur ou alors juste pour prendre son accréditation et ses équipements."

Pour Renaud Lavillenie, Ghani Yalouz est tout aussi confiant.

"Il a démontré qu'il savait être très régulier. C'est un battant qui arrive toujours à se dépasser. Il est très souvent sur les podiums et à Londres, même si le concours de la perche est toujours aléatoire, il sera l'un des favoris", pense-t-il à propos du Clermontois.

Du côté des surprises et des nouveaux visages, le DTN pense que le public français va certainement apprendre à découvrir et à aimer la nouvelle championne d'Europe du saut en longueur Eloyse Lesueur, "une fille exceptionnelle, extraordinaire qui se frottera à Londres à un niveau très relevé".

"Après, il y en a beaucoup d'autres qui peuvent jouer les outsiders. Je pense notamment à Antoinette Nana Djimou Ida à l'heptathlon, à Vanessa Boslak à la perche, à Garfield Darien sur 110m haies et aux relais, bien entendu."

Conscient qu'aucun détail ne doit être négligé dans ce genre de compétition, la FFA a décidé de placer ses athlètes dans les meilleures conditions à Londres, notamment sur le plan psychologique.

"On a décidé de privilégier leur environnement et de faire en sorte qu'un maximum d'entre eux, environ une trentaine, puissent avoir leur entraîneur personnel sur place. Nous sommes une des seules fédérations à faire cela", explique Ghani Yalouz.

"On va faire le maximum pour accompagner au mieux les athlètes. On va notamment les faire partir à J-3, J-4, histoire qu'ils ne tournent pas en rond au village olympique et qu'ils soient dans le meilleur environnement possible."

Edité par Benjamin Massot

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