JO: Julien Bahain et Cédric Berrest, rameurs métronomes

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CEDRIC BERREST ET JULIEN BAHAIN EN QUÊTE D'UN NOUVEAU TITRE À LONDRES
CEDRIC BERREST ET JULIEN BAHAIN EN QUÊTE D'UN NOUVEAU TITRE À LONDRES

par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - Les rameurs français Julien Bahain et Cédric Berrest, médaillés olympiques en 2008, veulent confirmer à Londres la régularité de l'aviron français, qui a pris la bonne habitude d'obtenir au moins deux podiums à chaque édition des JO depuis 1996.

Eux-mêmes très réguliers, les sociétaires de l'Aviron Toulousain ont décroché le bronze en quatre de couple à Pékin avec Jonathan Coeffic et Pierre-Jean Peltier, avant de se lancer dans le défi du deux de couple et d'en ravir le titre de champions d'Europe en 2010.

Les deux métronomes peuvent compter sur une préparation plus poussée qu'en 2008 pour viser le titre de champion olympique, même si la tâche sera rude dans une catégorie très relevée et particulièrement indécise.

"On peut gagner (les Jeux). On joue l'or olympique, c'est clair, mais les courses sont hyper denses", résume Julien Bahain, dressant une longue liste de rivaux potentiels.

Parmi lesquels les Britanniques, qui rament à domicile, les Néo-Zélandais doubles champions du monde en titre, les Allemands champions du monde en 2009, les Australiens champions olympiques à Pékin, leurs prédécesseurs slovènes de Sydney en 2000, ou encore les impressionnants Lituaniens, "deux gros golgoths", sourit le rameur français.

Sans oublier les Norvégiens, vainqueurs inattendus de l'étape de Coupe du monde disputée mi-juin à Munich, soit, en comptant la France, au moins huit bateaux pour seulement six places en finale.

"L'AMBIANCE NOUS TRANSCENDERA"

"Tu ne peux jamais trop prévoir, parce que ce sont les Jeux. Tu ne sais pas pourquoi le favori ce jour-là ne va pas réussir à sortir une bonne course et pourquoi quelqu'un d'autre va se surpasser parce que lui, la pression le 'booste'", met en garde Cédric Berrest.

"On ne peut pas se reposer sur l'idée que la médaille est acquise", renchérit son équipier, qui a rejoint son compère à Toulouse ces derniers mois pour renforcer ensemble et à plein temps leur préparation olympique.

"J'ai l'impression qu'on monte en puissance, qu'on prend les paliers les uns après les autres", estime Julien Bahain. "Je pense que l'ambiance des Jeux nous transcendera. C'est ce que je vise depuis quatre ans", ajoute cet ingénieur de 26 ans natif d'Angers.

Même sentiment pour Cédric Berrest, 27 ans, qui rappelle notamment leurs beaux résultats aux Mondiaux depuis trois ans, avec une deuxième place en 2009 et deux troisièmes places les années suivantes.

"La différence avec les Jeux de 2008, c'est que là sur les épreuves de Coupes du monde on joue la gagne, alors qu'à l'époque on jouait les médailles, mais jamais la gagne", précise le rameur toulousain, lui aussi ingénieur.

"On n'a jamais fait de contreperformance. Pour nos pires courses, on est médaillé mondiaux. Et ça, ça peut faire peur aux autres: ils savent qu'en finale, nous serons meilleurs qu'en demi-finale."

INITIALES "BB"

Les deux rameurs se connaissent depuis plus de neuf ans, lorsque, par le hasard de l'ordre alphabétique, ils se sont retrouvés dans la même chambre lors d'un stage de l'équipe de France.

La complémentarité a fait le reste entre Julien Bahain, le volubile Angevin, et Cédric Berrest, plus posé derrière ses lunettes carrées. Avec pour les deux hommes la même idée fixe : succéder à leurs compatriotes Sébastien Vieilledent et Adrien Hardy, sacrés à Athènes en 2004 dans la même discipline.

Au pays du duel séculaire entre Oxford et Cambridge, sur le bassin du vénérable collège d'Eton, près du château de Windsor, les deux rameurs espèrent marquer de leurs initiales "BB" la finale, prévue le 2 août.

Et ne veulent surtout pas manquer le coche.

"Ça peut être très ingrat, les Jeux olympiques en aviron. C'est d'autant plus ingrat que contrairement à la natation et l'athlétisme, on n'a pas plusieurs épreuves", souligne Cédric Berrest.

"(En cas d'échec), c'est: 'A dans quatre ans', si tu es toujours là, si tu t'entraînes toujours bien et si tu n'as pas dix mecs qui sont sortis de nulle part entre-temps. Autrement dit, on a une opportunité dans la vie, c'est celle-là, il ne faut pas la rater."

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Olivier Guillemain

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