JO: Jason Lamy-Chappuis rêve d'être un condor

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JASON LAMY-CHAPPUIS FAVORI POUR UN DOUBLÉ EN COMBINÉ NORDIQUE À SOTCHI
JASON LAMY-CHAPPUIS FAVORI POUR UN DOUBLÉ EN COMBINÉ NORDIQUE À SOTCHI

par Sophie Greuil

PARIS (Reuters) - Porte-drapeau de l'équipe de France olympique à Sotchi, champion olympique en titre de combiné nordique, favori pour un doublé aux Jeux de Sotchi, Jason Lamy-Chappuis rêve d'être "un condor pour voler à flanc des plus hauts sommets".

A 27 ans, son sens aiguisé du vol, skis aux pieds ou manche d'avion en mains, le porte de podium en podium.

Il a été sacré champion olympique au petit tremplin à Vancouver en février 2010. Il a à son palmarès quatre titres de champion du monde, trois sacres au classement général de la Coupe du monde et 26 victoires.

A Sotchi, il visera le titre individuel et le titre par équipes avec ses partenaires Maxime Laheurte, François Braud et Sébastien Lacroix.

"Quoi qu'il en soit, je continue à m'amuser, à trouver un maximum de plaisir à sauter loin et aller vite en skis. Là est certainement le secret de ma réussite", a-t-il déclaré à Reuters.

"Alors, maintenant que je n'ai, quelque part, plus rien à prouver, j'essaye de le cultiver", ajoute-t-il d'une voix très posée.

Né à Missoula, dans le Montana, patrie de sa mère américaine, Lamy-Chappuis a débarqué à quatre ans et demi dans le Jura, sanctuaire du ski nordique français.

Sa double nationalité et son lieu de naissance lui ont donné sa seconde passion, celle de l'aviation et du pilotage.

Il a embarqué pour son premier vol international entre les Etats-Unis et la France à l'âge de cinq semaines puis a traversé l'Atlantique tous les deux ans entre cinq et quinze ans.

"Etre au-dessus des nuages m'a tout le temps et même encore aujourd'hui, littéralement fasciné. Sans doute est-ce l'aspect de vivre dans une autre dimension", dit-il.

Lamy-Chappuis reconnaît être dingue de tout ce qui vole, du petit coucou à l'A380 qu'il aimerait "piloter un jour" en passant par le jeu vidéo "Simulator Flight".

Il a baptisé son site internet "Flying Jason", il suit entre deux épreuves de coupe du monde une formation de pilote par correspondance, compte près de 150 heures de vol et espère "un jour, travailler dans une petite compagnie".

Mais pour l'instant c'est le combiné nordique qui mène sa vie.

DE COPPER MOUNTAIN À BOIS D'AMONT

Quand il raconte sa vie, il dit avoir découvert le ski à un an, dans le dos de son père, à Copper Mountain, dans le Colorado, avoir fait ses premiers virages à deux ans, en 1988, en ski alpin mais avec déjà l'envie de sauter et avoir participé à sa première course en mars 1990 toujours à Copper Mountain.

C'était avant le déménagement de la famille en France, la découverte du ski de fond en famille à Bois d'Amont, un des quatre villages de la station des Rousses, et celle du saut sur un petit tremplin dont il lissait la pente à la pelle derrière la maison familiale.

La formation physique et technique de patineur lui a été donnée par Jean-Pierre Vandel, un des meilleurs "sculpteur de fondeurs" français, qui a fait de lui un skieur à l'ultime envolée redoutable.

Aujourd'hui, Fabrice Guy qui fit découvrir le combiné nordique à la France lorsqu'il en devint champion olympique en 1992, est son premier supporter.

L'ancien champion âgé de 45 ans reconnaît être "forcément très ému" quand il parle de son illustre héritier.

"Comme moi, il est arrivé à ses premiers Jeux olympiques avec six victoires en Coupe du monde au compteur. Comme moi, il les a gagnées à 23 ans. Comme moi, il a gagné le globe de cristal, la même année", dit-il.

"L'été, Jason n'est jamais parmi les meilleurs mais, dès que l'hiver arrive, il mue. Et, dès qu'il met un dossard, à l'image des Américains, il donne tout, n'a pas froid aux yeux, n'est jamais dans la retenue, utilise ce fighting spirit manquant tant aux Français", ajoute-t-il.

"J'adore sa façon de voler, toujours doux, jamais agressif. Même s'il fait une faute à la table, il sait sauver ses sauts au feeling. En ski de fond, sa gestuelle reste belle, animale, féline jusqu'à l'arrivée. Mort de faim, toujours prêt à sauter sur sa proie, il ne se désunit jamais, toujours beau à regarder skier."

Il serait difficile de faire mieux comme éloge surtout quand l'icône du combiné nordique français conclut: "Sans aucun problème, Jason Lamy-Chappuis est un champion bien supérieur à Fabrice Guy".

Edité par Jean-Paul Couret

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