JO: en basket, la génération Parker a peut-être raté sa chance

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LES BASKETTEURS DE LA GÉNÉRATION PARKER ONT PROBABLEMENT MANQUÉ LEUR DERNIÈRE OCCASION DE MÉDAILLE AUX JEUX
LES BASKETTEURS DE LA GÉNÉRATION PARKER ONT PROBABLEMENT MANQUÉ LEUR DERNIÈRE OCCASION DE MÉDAILLE AUX JEUX

par Romain Brunet

LONDRES (Reuters) - Au lendemain de leur élimination du tournoi olympique de Londres, la déception est immense pour les basketteurs français de la génération Parker, qui ont peut-être laissé échapper leur dernière chance de connaître l'ivresse d'un podium aux Jeux.

Battus par l'Espagne (59-66) en quart de finale, les Bleus de Tony Parker et Boris Diaw conservent, malgré leur talent et leur allant, un palmarès vierge de toute médaille olympique.

Passée à côté de la qualification aux Jeux en 2004 et 2008, cette génération nourrissait beaucoup d'espoirs pour l'édition 2012, douze ans après la médaille d'argent obtenue à Sydney par l'équipe emmenée par Laurent Sciarra, Antoine Rigaudeau et Jim Bilba.

C'est donc avec un bonheur immense que les Bleus version 2012 sont arrivés à Londres, fin juillet, pour participer à leurs premiers Jeux olympiques. Aujourd'hui, le rêve de médaille s'est envolé et pourrait ne plus jamais se présenter.

"Ce sont des joueurs qui sont nés en 1982", rappelle l'entraîneur des Bleus, Vincent Collet.

"Les Jeux olympiques de Rio, c'est dans quatre ans. Alors peut-être qu'ils y seront, mais ils savent aussi que c'est dans quatre ans. À un moment donné, il ne faut pas dire ce sera mieux la prochaine fois. Là on avait l'opportunité, on savait qu'on avait les capacités pour le faire donc la frustration est légitime. Je la partage, je me mets avec eux."

L'ANNÉE DE LA BASCULE

Malgré une préparation perturbée - forfait de Joakim Noah, blessure à l'oeil de Tony Parker, problèmes d'assurance de Nicolas Batum et Boris Diaw, blessure d'Ali Traoré -, les Bleus se sont qualifiés sans trembler pour les quarts de finale du tournoi olympique en terminant à la deuxième place de leur groupe.

La frustration est d'autant plus grande d'avoir été éliminés en quart de finale par les Espagnols, qui les avaient déjà battus à ce niveau de la compétition au championnat d'Europe 2009, puis en finale de l'Euro 2011.

"On sait qu'ils ne nous respectent que moyennement, c'est pour ça qu'on avait très envie de les battre et de les dominer", explique Vincent Collet.

"(Mercredi), on n'était pas loin de pouvoir le faire. Mais l'objectif n'était pas de se rapprocher. C'était l'année où il fallait que ça bascule. C'était déjà possible cette année. Il ne nous manque vraiment rien du tout. Un petit peu d'adresse extérieure de la part de nos ailiers et peut-être que ça suffisait."

Face aux doubles champions d'Europe (2009 et 2011) et vice-champions olympiques (2008), les Français ont en effet manqué de réussite dans les dernières minutes et ont dû s'incliner.

"Je suis très frustré parce que ce n'est pas tous les jours que tu es en quart de finale des Jeux olympiques", regrette Tony Parker.

"Je pense qu'on se rapproche et là on était tout prêt. On est passé à un ou deux paniers de gagner et d'aller en demi-finale."

Même constat pour Nicolas Batum, pour qui la France était digne d'un podium.

"On voulait ramener une médaille pour notre pays. On le méritait plus qu'eux (les Espagnols). Sur ce qu'on a montré depuis le deuxième match, on le mérite", estime le joueur de Portland.

"ON SERA CHAMPIONS D'EUROPE"

Le capitaine Boris Diaw, lui, veut déjà regarder de l'avant, même si cette génération, qui comprend aussi Mickaël Gelabale (né en 1983), Florent Pietrus (1981) et Ronny Turiaf (1983), a peut-être vécu ses derniers Jeux.

"On était persuadé d'avoir passé une marche et d'être meilleurs que les années précédentes et je pense qu'on l'a fait", estime Boris Diaw, né en 1982 comme Tony Parker et qui aura 34 ans lors des JO de Rio.

"Ce qu'on a présenté ce soir (mercredi) comme match, c'est mieux que ce qu'on a pu faire auparavant. Mais c'est encore insuffisant. Donc on va continuer à travailler."

Boris Diaw a dit à ses coéquipiers dans les vestiaires qu'il s'agissait du match le plus important de sa carrière. Vincent Collet plaçait lui aussi ce match au-dessus de tous les autres.

"Autant le fait d'être allé en finale du championnat d'Europe l'année dernière était un grand moment, autant je place les Jeux comme la plus grande compétition dans le basket mondial", estime Diaw.

"Je rêvais de cette médaille et j'étais persuadé qu'on allait aller la chercher. Donc en ce moment, c'est d'abord la frustration qui me submerge. Je crois que ce groupe a confirmé malgré tout son état d'esprit, sa capacité à jouer avec les meilleurs. Ce sont des choses qui sont positives mais ce soir (mercredi) on n'a pas envie de parler de ça. On a envie d'aller se cacher dans un coin et de ravaler sa déception. C'est tout."

Les basketteurs français doivent maintenant tourner la page et se servir de cette expérience pour grandir et revenir encore plus forts en 2013.

"L'année prochaine, on sera champions d'Europe", annonce déjà Nicolas Batum. Rendez-vous est pris.

Edité Jean Décotte

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