JO: Emilie, kayakiste au mental de Fer

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LA KAYAKISTE ÉMILIE FER A SU SE FORGER UN MENTAL POUR REMPORTER L'OR
LA KAYAKISTE ÉMILIE FER A SU SE FORGER UN MENTAL POUR REMPORTER L'OR

par Olivier Guillemain

LONDRES (Reuters) - Avant de triompher jeudi à Londres devant plus de 10.000 spectateurs, la kayakiste Emilie Fer avait la réputation de n'avoir pas de "mental".

A la veille de sa finale victorieuse en monoplace, voici ce que disait un journaliste spécialisé à propos de la Française de 29 ans : "Emilie, physiquement, elle est au-dessus de tout le monde mais son gros problème, c'est qu'elle ne sait pas gérer la pression lors des grands événements."

Au vu de sa course parfaite dans l'exigeant bassin de Lee Valley, Emilie Fer a fait mentir toutes les Cassandre.

"On a souvent dit que mentalement elle craquait mais je crois que ce n'est pas ça qui la faisait craquer", a confié à Reuters son entraîneur Sylvain Curinier, qui est également son compagnon.

"Je crois que c'était un tout. Aujourd'hui on a trouvé la bonne formule pour combiner le physique, le technique, le mental."

Cette "bonne formule", le couple l'a cherchée pendant quatre ans. Et à les écouter, la tâche fut ardue.

Lorsque Sylvain Curinier a pris en charge l'entraînement d'Emilie Fer, il a en effet trouvé une athlète blessée, usée et presque désabusée après sa décevante septième place aux JO de Pékin.

En plus de ce contexte émotionnel, une opération à l'épaule gauche est venue ajouter du drame au drame, laissant Emilie Fer sur le carreau pendant quatre mois, "une période longue, dure et faite d'incertitudes".

C'est précisément ce moment qu'a choisi Emilie Fer pour se faire accompagner, notamment par des préparateurs mentaux.

"JE ME DÉCOUVRE"

"Après Pékin, je me suis dit que ce qui était important de développer chez moi, c'était mon état d'esprit. Je savais qu'il fallait que j'aille creuser par là", a-t-elle expliqué, la médaille autour du cou.

"J'ai beaucoup apprécié. J'ai appris plein de choses qui m'ont été utiles, notamment sur des courses comme aujourd'hui."

Après sa convalescence, Emilie Fer a travaillé dur pour revenir, dans l'ombre, répétant les efforts en se mettant à croire qu'un jour, certainement, un exploit serait dans ses cordes.

"Pendant ces quatre dernières années, il y a eu de gros moments de doute. Il y a eu des hauts et des bas. Les hauts me faisaient dire que cela serait possible un jour d'aller au sommet et les bas, je les ai gérés en étant vraiment très bien accompagnée", a-t-elle expliqué.

"J'ai aussi fait ce qu'il fallait. J'ai été accompagnée. Sylvain a su mettre en place des choses pour surmonter tout ça et faire en sorte que j'arrive à zapper tout l'environnement autour de moi le jour des courses. J'ai appris à être froide."

Du sang-froid, Emilie Fer en a fait preuve cette année pour décrocher son sésame olympique, contrainte de disputer une troisième manche décisive pour la départager de l'autre prétendante à un voyage à Londres, Carole Bouzidi.

Et de son propre aveu, il n'y a désormais que devant la difficulté qu'elle se transcende.

"Je marche au gros challenge. Je ne suis pas comme ça dans la vie de tous les jours, je me découvre. C'est quand je suis au pied du mur que je sors vraiment des courses à mon niveau", a-t-elle confié.

Un dernier argument pour convaincre de la mue mentale d'Emilie Fer ?

"Entre la demi-finale et la finale, j'ai mis la musique à fond dans la tente où je me trouvais. Je pensais à tout sauf à la course. C'était chouette, j'ai dansé !"

Edité par Jean Décotte

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