JO: Emilie Fer en or, Klauss et Péché au pied du podium

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LA FRANÇAISE EMILIE FER DÉCROCHE LE TITRE OLYMPIQUE EN KAYAK MONOPLACE
LA FRANÇAISE EMILIE FER DÉCROCHE LE TITRE OLYMPIQUE EN KAYAK MONOPLACE

par Olivier Guillemain

WALTHAM CROSS, Angleterre (Reuters) - Deux jours après le sacre historique de Tony Estanguet, le canoë-kayak français a offert jeudi une deuxième médaille d'or à la France aux Jeux de Londres avec Emilie Fer, une performance qui a éclipsé celle de "chocolat" rapportée par Gauthier Klauss et Matthieu Péché.

Juste avant que la kayakiste monoplace ne devienne la première Française à décrocher l'or olympique dans cette discipline surnommée le "K1", les deux compères d'Epinal ont en effet échoué au pied du podium de l'épreuve du canoë biplace, quatrièmes à l'arrivée.

Cette déception n'a pas perturbé Émilie Fer qui, quelques minutes plus tard, a signé le meilleur temps de sa finale (105"90) pour offrir à la France sa sixième médaille d'or depuis le début des JO.

La kayakiste de 29 ans a devancé grâce à un parcours sans faute sur l'exigeant bassin de Lee Valley l'Australienne Jessica Fox (106"51), médaillée d'argent, et l'Espagnole Maialen Chourraut (106"87).

"Je ne réalise pas trop ce qui vient de se passer. Je vois juste plein de gens heureux autour de moi. Je crois que je m'en rendrai compte plus tard", a expliqué la Française à l'issue de sa course.

"Quand je me suis élancée, j'avais envie de tout donner et je suis super heureuse d'avoir fait cette manche à ce moment-là", a ajouté Emilie Fer, qui est tombée dans les bras du triple champion olympique Tony Estanguet quelques minutes après son arrivée.

Peu sensible aux lauriers et aux statistiques, la kayakiste a expliqué que le fait de devenir la première Française à décrocher le graal olympique dans cette discipline lui importait peu.

"Il paraît que c'est le cas. Pour moi, ce qui compte le plus est d'ajouter une médaille dans l'escarcelle du canoë-kayak. Je suis très fière de ça", a-t-elle conclu.

Décevante en début de semaine en qualifications, Emilie Fer a su se montrer sous son meilleur jour au bon moment pour frapper fort, très fort.

"LE COUPERET, LA GUILLOTINE"

En demi-finale, elle s'est d'abord appliquée à ne commettre aucune faute, histoire d'assurer sa place au tour suivant. Et la tactique a plutôt bien fonctionné puisque la Française, avec beaucoup de prudence, a signé un troisième temps plein de promesses.

Au moment de s'élancer en finale, Emilie Fer a pris au contraire tous les risques, à la limite de la faute presque sur chaque porte.

Puissante dans ses coups de pagaie, précise dans ses trajectoires, la Française a avalé le parcours de Lee Valley, portée par un public chauffé à blanc par le doublé réalisé quelques minutes plus tôt par deux bateaux britanniques en canoë biplace.

"Je suis contente d'avoir placé cette manche-là au bon moment. Je savais que je serais capable de naviguer à mon meilleur niveau le jour d'une grande course", a poursuivi celle dont le meilleur résultat avant cette finale olympique restait une quatrième place aux championnats du monde en 2011.

A Pékin, il y a quatre ans, elle avait terminé septième.

Avec cette nouvelle médaille, il s'agit du quinzième podium pour la délégation française, qui rêvait d'un autre sacre en eau vive jeudi, avec Gauthier Klauss et Matthieu Péché. Mais les Tricolores ont échoué à la quatrième place du slalom en canoë biplace.

Troisième temps des demi-finales, Klauss et Péché ont touché une porte 'stop' en toute fin de parcours en finale, synonyme d'une pénalité de deux secondes qui les a privés d'une médaille.

"C'est horrible, une immense déception. On est passé si près", a dit à Reuters Gauthier Klauss à l'issue de la finale.

"On était bien parti, très fort et on est arrivé à cette porte stop sur le bas du parcours où on a commis une erreur de placement. Et là, ça été le couperet, la guillotine, on a perdu le podium", a complété son compère Matthieu Péché.

Pour le plus grand plaisir du public venu en masse à Lee Valley, l'or est allé aux Britanniques Tim Baillie et Etienne Stott, juste devant leurs compatriotes David Florence et Richard Hounslow pour le doublé.

Les deux frères slovaques Pavol et Peter Hochschorner, champions olympiques en 2000, 2004 et 2008, ont dû se contenter du bronze.

Edité par Simon Carraud

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