JO: deux rameurs qui ont changé de bateau et de médaille

le
0
DORIAN MORTELETTE ET GERMAIN CHARDIN, NOUVEAU BATEAU, NOUVELLE MÉDAILLE
DORIAN MORTELETTE ET GERMAIN CHARDIN, NOUVEAU BATEAU, NOUVELLE MÉDAILLE

par Olivier Guillemain

DORNEY, Angleterre (Reuters) - En l'espace de quatre ans, les rameurs français Germain Chardin et Dorian Mortelette ont réussi la prouesse de changer de bateau et de médaille olympique.

A Pékin, en 2008, ils avaient remporté le bronze du quatre sans barreur, une discipline dans laquelle ils ont décroché le plus beau titre de leur carrière, celui de champion du monde en 2010 à Hamilton, en Nouvelle-Zélande.

A Londres, en 2012, ils se sont couverts d'argent sur le prestigieux lac d'Eton, à quelques encablures de la prestigieuse université éponyme. Mais cette fois-ci, sur un bateau plus court, le deux sans barreur.

Curieusement, les deux compères n'ont pas forcément choisi ce virage de carrière et pensaient, comme à leur habitude, être alignés avec leurs copains du quatre sans barreur dans le temple de l'aviron britannique.

Mais à l'issue des derniers championnats de France, où les deux rameurs ont brillé de mille feux, leur fédération a tranché, considérant que leur chance de remporter une médaille serait plus importante à deux, et non à quatre.

"Au départ on était plutôt parti pour un quatre sans barreur pour eux mais leur performance aux championnats de France bateaux courts nous ont orienté vers le deux sans barreur", a expliqué le Directeur technique national (DTN) de l'aviron, Pascal Berrest.

"Aujourd'hui ils ont validé ce choix", s'est-il félicité.

Ivres de bonheur d'avoir remporté la deuxième médaille olympique de leur carrière, Germain Chardin et Dorian Mortelette ont semblé tout de suite un peu plus gênés, à l'heure de répondre sur le bien-fondé de cette décision.

"CE SERAIT UN PEU PRÉTENTIEUX"

"On n'est ni contents ni déçus par rapport à ça. On va savourer le moment présent", a commencé par répondre Germain Chardin, le sourire moins franc que dix secondes auparavant.

"Il y avait quelque chose à jouer et on est content de valider cet investissement tous les deux depuis les championnats de France."

"On croyait en ce projet. Il était solide et concret. On est vice-champions olympiques", a conclu le plus à l'aise des deux rameurs, sur un ton toutefois peu assuré.

C'est à ce moment-là que son compère est sorti de son silence pour délivrer un petit message de chaleur destiné à ses ex-coéquipiers.

"Je pense que nos collègues du quatre sans barreur sont fiers de nous et d'autant plus heureux qu'on ait fait ça. Donc c'est très bien", a dit Dorian Mortelette, qui avait comme particularité vendredi de ramer avec une photo de son fils né en mai dernier cachée dans son cuissard.

Pour le DTN de l'aviron, nul doute que ce choix était le bon.

"C'est un bateau spontané qui travaille depuis deux, trois ans ensemble. Ce sont deux copains qui sont portés par une superbe cohésion et par l'envie d'être ensemble", a-t-il dit à propos de deux médaillés d'argent.

Seront-ils encore là dans quatre ans? Pour cette fois aller chercher l'or?

"C'est fabuleux, on a déjà une médaille de bronze et une médaille d'argent", a commencé par répondre Germain Chardin.

"Mais bon, même si on est super fiers, je ne vous donne pas rendez-vous à Rio en 2016. Car, là ce serait un peu prétentieux", a-t-il poursuivi, dans la pure tradition des gentlemen de l'aviron, seul sport olympique où on ne monte pas sur un podium, par respect pour ses adversaires.

Edité par Simon Carraud

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant