JO: déjà un record historique pour la France en natation

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RECORD HISTORIQUE POUR LA FRANCE EN NATATION AUX JO
RECORD HISTORIQUE POUR LA FRANCE EN NATATION AUX JO

par Mario Andres

LONDRES (Reuters) - Après seulement deux jours de compétition à l'Aquatics Center de Londres, la natation française a déjà établi un record historique en s'offrant dimanche deux titres olympiques dans les mêmes Jeux.

Au 400 m nage libre, Camille Muffat a rejoint Laure Manaudou en devenant la deuxième nageuse tricolore médaillée d'or, et sur la même distance que la star des Jeux d'Athènes.

Et cette journée magique pour la France a été ponctuée de la plus belle des manières avec la victoire du relais 4X100 m nage libre messieurs, souvent battu d'un rien ces dernières années, et qui obtient enfin la consécration suprême.

"Deux titres, c'est déjà historique. Mais il reste encore six jours de courses et nous pouvons encore en gagner d'autres", tempérait le directeur technique national Christian Donzé, comblé mais toujours ambitieux.

Battus d'une vaguelette par les Américains à Pékin voilà quatre ans, coiffés par les Australiens aux derniers championnats du monde de Shanghai, les Français, incarnés par Amaury Leveaux, Fabien Gilot, Clément Lefert et Yannick Agnel, ont rectifié le tir en 3'09"93 et vengé ces deux affronts.

"C'est vraiment la vengeance de Pékin. C'est une vendetta, c'est unique !", exultait Fabrice Pellerin, entraîneur de Camille Muffat et de deux des quatre relayeurs champions olympiques.

"À Pekin, on perd de huit centièmes, à Shanghai de 14. On finit par gagner la plus belle", enchaînait Fabien Gilot.

Les Français ont construit leur succès patiemment, avec fluidité, laissant leurs adversaires s'épuiser, à l'image des favoris australiens, qui finissent hors du podium derrière les Américains et les Russes.

"À Pékin, nous étions stressés, sous pression. Cette victoire est celle de la décontraction", a résumé Amaury Leveaux.

Et les quatre médaillés d'or, emmenés par un Yannick Aignel somptueux dans son dernier relais, d'associer à leur victoire leurs coéquipiers des séries, Jérémy Stravius, mais surtout Alain Bernard, qui termine sa carrière sur une médaille d'or, un peu par procuration.

"Cette victoire n'est pas celle de quatre mecs, mais celle d'un groupe de sept ou huit", résumait Fabien Gilot.

Champion olympique du 100 m nage libre en 2008, Alain Bernard a participé aux séries du matin, mais n'a pas été retenu en soirée pour ce sacre, que la France espérait depuis que Bernard avait été battu sur le fil à Pékin par le dernier relayeur américain, Jason Lezak.

ORGASME TANTRIQUE

"C'était le plus ému de tous. Il est venu tout de suite féliciter les gars. Il termine sur une médaille d'or. C'est une belle fin", soulignait Fabrice Pellerin.

Mais l'entraîneur de Camille Muffat a lui aussi connu une soirée inoubliable avec le titre annoncé - et obtenu avec brio - par sa protégée.

"Avec Camille, j'ai vécu un orgasme tantrique. J'ai dû un peu me retenir pour le relais, mais là, ça a été l'explosion. Je n'ai jamais crié aussi fort de ma vie."

Meilleure nageuse de la saison sur 400 m nage libre, et de loin puisqu'elle a établi sept des dix meilleurs temps de la saison, la Française a parfaitement tenu son rang, alors qu'un grand titre se refusait encore à elle.

"Cette fois, je la tiens. C'est un immense soulagement. Je savais que j'étais la meilleure. Il fallait seulement le prouver", a-t-elle lâché après ce titre, conquis en 4'01"85, devant l'Américaine Allison Schmitt, et la favorite du public, la Britannique Rebecca Adlington.

Sa victoire, Camille Muffat l'a obtenue alors que le matin, Laure Manaudou, qu'elle a dépouillé de tous ses titres et records depuis sept ans, s'inclinait dès les séries du 100 m dos dames.

La transmission de relais s'est donc effectuée chez les hommes comme chez les femmes, et l'ancienne génération a, dans l'ensemble, passé la main.

Ainsi de Michael Phelps, que la victoire du relais français a privé d'un quinzième titre olympique, mais qui dispose maintenant de seize médailles et n'est plus qu'à deux trophées du record absolu de 18 récompenses détenu par la gymnaste soviétique Larissa Latynina.

Au 100 m brasse, le Japonais Kosuke Kitajima, double tenant du titre, a lui aussi senti le poids des ans et n'a terminé que 5e d'une finale enlevée par le Sud-Africain Cameron Van der Burgh, record du monde à la clef (58"46).

Un autre record du monde est tombé au 100 m papillon dames, où l'Américaine Dana Volmer s'est imposée en 55"98.

Edité par Jean Décotte

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