JO: Claude Onesta ne vise que l'or pour ses handballeurs

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ONESTA NE VISE QUE L'OR POUR SES HANDBALLEURS
ONESTA NE VISE QUE L'OR POUR SES HANDBALLEURS

par Chrystel Boulet-Euchin

LONDRES (Reuters) - "On y va pour gagner, le reste ne m'intéresse pas": Claude Onesta, le sélectionneur du handball masculin français, ne cache pas ses ambitions et celles, il en est convaincu, de ses joueurs à Londres.

Les Bleus ont un titre à défendre - celui de champion olympique - mais aussi un sévère revers à effacer - l'échec de l'Euro en début d'année où ils ont dû se contenter de la 11e place.

Seule équipe de hand à avoir jamais détenu en même temps les couronnes olympique, mondiale et européenne, les "Experts" ont remis les choses à plat après l'échec en Serbie.

"On a beaucoup travaillé depuis pratiquement cinq semaines. On a beaucoup travaillé car il fallait que l'on se lave de la dernière compétition", a expliqué Claude Onesta lors d'une conférence de presse jeudi.

"On a innové, on saura si on a eu raison à la fin du tournoi qui débute dimanche. On a pris le temps d'analyser les causes de l'échec, on a essayé de disséquer ce qui a pu en être responsable."

Le sélectionneur a évidemment évoqué le niveau de jeu, sans stigmatiser un joueur en particulier, suggérant que le fait que l'équipe était sans doute "moins déterminée que les fois précédentes" était pour quelque chose dans ce fiasco.

"Avant même la compétition, j'avais senti que quelque chose n'allait pas. On a abordé cette compétition sans vrai danger et, du coup, chacun est arrivé en étant un peu trop approximatif. On était en place mais inactifs. Il nous fallait retrouver détermination et engagement."

Et Claude Onesta admet ses propres responsabilités, estimant qu'à trop vouloir s'occuper de gestion, il avait probablement trop délégué.

"PLUS INTRUSIF"

"On s'est rendu compte lors de l'Euro que le staff n'échangeait plus. On s'est fait trop confiance. Comme je l'ai déjà dit, on avait atteint la limite de la démocratie. Mon rôle a été de redevenir le lien entre les uns et les autres. Et, je crois, on est redevenu une belle équipe", a-t-il dit.

"Je suis un peu plus intrusif car, à un moment, on a oublié de décider. On s'est souvent mis d'accord mais on ne savait pas sur quoi. Maintenant, quand il n'y a pas de consensus, c'est moi qui décide à la fin."

A l'unisson de Didier Dinart, défenseur-pivot, qui estime que l'échec de l'Euro a "ouvert une brèche" aux adversaires des Français, Onesta reconnaît que "plus personne ne renonce quand il rencontre l'équipe de France".

"Il est à la limite pardonnable de rater un championnat d'Europe, il serait impardonnable de rater les JO. Il n'est pas question de repartir de Londres sans médaille", a ajouté Dinart.

Le capitaine Jérôme Fernandez, qui disputera ses quatrièmes Jeux, espère lui aussi monter sur le podium et se raccroche au fait que quand les Experts "sont à leur meilleur niveau, peu d'équipes peuvent les battre".

Les Français ne tiendront certainement pas le résultat pour acquis parce qu'ils sont tenants du titre, assure-t-il, car "quatre ans ont passé et beaucoup peuvent prétendre à une médaille".

Si ses joueurs font semblant, peut-être seulement par fausse modestie, de ne viser "que" le podium, Claude Onesta a pour seul objectif la plus haute marche de la "boîte".

"Mais si on se retrouve avec une médaille de bronze, peut-être qu'elle aura du sens", concède-t-il dans une moue explicite.

Edité par Tangi Salaün

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