JO: Chardin et Mortelette, duo de rameurs en argent

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LES FRANÇAIS GERMAIN CHARDIN ET DORIAN MORTELETTE DÉCROCHENT L'ARGENT DU DEUX SANS BARREUR
LES FRANÇAIS GERMAIN CHARDIN ET DORIAN MORTELETTE DÉCROCHENT L'ARGENT DU DEUX SANS BARREUR

par Olivier Guillemain

LONDRES (Reuters) - Germain Chardin et Dorian Mortelette ont repoussé vendredi les barrières de la douleur pour offrir à l'aviron français sa première médaille des JO de Londres: celle d'argent du deux sans barreur.

Les deux rameurs ont obtenu leur récompense d'années d'entraînement dans un cadre aussi prestigieux que bucolique, sur le lac d'Eton, considéré par les puristes comme l'un des meilleurs sites d'aviron au monde.

Propriété du très célèbre collège éponyme qui a donné à l'Angleterre nombre de ses Premiers ministres, David Cameron en dernier lieu, ce lieu restera à jamais comme le théâtre de leur rêve.

Ce rêve aurait pu être encore plus fort si la paire néo-zélandaise Eric Murray-Hamish Bond ne les avait devancés sur la ligne d'arrivée.

Les quadruples champions du monde en titre ont tenu leur rang en couvrant les 2000 m en 6'16"65 avec près de cinq secondes d'avance sur les Français, qui ont coiffé sur le fil le bateau britannique George Nash-William Satch de 66 petits centièmes.

"On s'est régalé, on voulait vivre la finale comme si c'était l'un des plus beaux moments sportifs de notre carrière. Voilà, c'est chose faite. C'est fabuleux, un truc de malade", a expliqué Germain Chardin à l'issue de l'épreuve.

Médaillés de bronze en quatre sans barreur aux JO de Pékin, les deux compères sont descendus de catégorie cette année, la Fédération française d'aviron considérant que leurs chances sur un bateau plus court étaient plus importantes en perspective des JO.

"ILS ONT FAIT UNE COURSE PARFAITE"

Et dès les premiers mètres de course, les deux grands gaillards d'1m95 ont confirmé la pertinence de ce choix, virant en tête à un quart de la course.

"On a pris un départ comme d'habitude, à l'envie, comme on a toujours l'habitude de faire. On s'est accroché au maximum et après, dans les 500 derniers mètres, on joue la médaille avec les Anglais et les Italiens", a raconté Germain Chardin.

"A ce moment-là, c'était fou. L'arène du public faisait tellement de bruit que l'on n'entendait plus rien. On a juste fermé les yeux, on s'est plus parlé et on a mis les gaz pour finir parfaitement à l'enlevage."

Moins bavard que son acolyte, Dorian Mortelette s'est contenté de souligner, avec une pointe de perfidie, que son sentiment de joie était encore plus grand du fait d'avoir battu les Britanniques, sur le fil, à domicile.

Dans la foulée de cette médaille d'argent, le Directeur technique national de l'aviron Pascal Berrest a tenu à saluer la performance de ses athlètes, "deux grands compétiteurs avec un potentiel énorme qu'ils ont prouvé aujourd'hui".

"Ils ont fait une course parfaite. Le bateau néo-zélandais, très complet et expérimenté était tout simplement hors d'atteinte. Comme il n'y avait que la médaille d'argent à aller chercher, on peut dire que c'est une grande performance", a-t-il ajouté.

Invaincue depuis 2009, la paire de l'hémisphère Sud a en effet survolé cette course comme prévu, virant en tête à mi course pour se décrocher encore plus dans la dernière partie du tracé.

Avant d'aller se plier aux traditionnels contrôles antidopages, les deux Français souvent décrits dans le milieu de l'aviron comme "un vieux couple" ont promis qu'ils allaient fêter dignement leur exploit.

Avec combien de bières au pub ?

"Au moins une bonne centaine", a répondu Germain Chardin.

Edité par Jean-Paul Couret

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