JO: au revoir Phelps, bonjour Bolt et Fraser

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MICHAEL PHELPS A FAIT SES ADIEUX AUX JO AVEC BRIO
MICHAEL PHELPS A FAIT SES ADIEUX AUX JO AVEC BRIO

par Mike Collett-White

LONDRES (Reuters) - D'une flèche à l'autre, d'un maître des bassins à un roi de la piste : Michael Phelps a pris sa retraite samedi sur un dernier sacre en confiant au passage le flambeau de star des Jeux olympiques de Londres au Jamaïcain Usain Bolt.

Le nageur de Baltimore, 27 ans, a repoussé les limites des records lors de son séjour dans la capitale britannique, en portant son total de médailles à 22 dont 18 en or.

Avant de rejoindre la coulisse, le "missile de Baltimore" a offert au relais américain un dernier triomphe, sur 4x100 m quatre nages, en guise de cadeau d'adieu, quelques minutes après le sacre des nageuses américains sur la même distance.

Portés par Michael Phelps, les Américains ont fait main-basse sur 16 des 32 médailles d'or mises en jeu à l'Aquatics Centre de Londres.

Au stade olympique, les Britanniques étaient comme chez eux : au premier jour complet de compétition en athlétisme, les locaux ont profité de ce que les autres nations étaient encore en rodage pour faire entendre le God save the Queen à trois reprises.

Mohamed Farah, sur 10.000 m, Greg Rutherford en saut en longueur et Jessica Ennis en heptathlon, ont donné au pays hôte trois médailles d'or, pour le plus grand bonheur des 80.000 spectateurs euphoriques qui avaient redécoré le paysage aux couleurs de l'Union Jack.

MUSIQUE CALIFORNIENNE

La musique était décidément anglo-saxonne au stade olympique, où résonnait dans la matinée le "Good vibration" des Beach Boys. La chanson des Californiens donnait un aperçu fidèle de la bonne humeur générale du public, tout heureux de voir de près les nouveaux exploits de la colonie jamaïcaine.

Shelly-Ann Fraser-Pryce, déjà couronnée à Pékin il y a quatre ans, a ouvert le bal sur le 100 m dames, qu'elle a bouclé en 10"75, avec trois minuscules centièmes d'avance sur l'Américaine Carmelita Jeter.

Tout semble réuni pour que la Jamaïque réalise un nouveau doublé hommes-femmes sur 100 m, mais l'identité du vainqueur chez les messieurs paraît plus incertaine que jamais.

L'étoile Bolt a singulièrement pâli depuis un mois. Lors des sélections nationales, Yohan Blake, 22 ans, a eu l'insolence de battre son aîné coup sur coup, sur 100 m et 200 m.

Il y a un an, le plus jeune des prétendants jamaïcains avait profité du faux départ d'Usain Bolt pour gagner le titre de champion du monde. Mais il semble aujourd'hui avoir les jambes pour le battre à la régulière.

Sebastian Coe, double champion olympique du 1.500 m à la retraite et président du comité d'organisation des Jeux de Londres, ne veut toutefois pas croire à l'hypothèse d'un coup d'Etat aux allures de fratricide.

JAMBES EN CARBONE

"Intuitivement, je continue à croire que Bolt va gagner, tout simplement parce qu'il a cet atout déterminant qui est si précieux lors des championnats majeurs, à savoir l'expérience des grands rendez-vous", a-t-il dit à Reuters.

Blake mènera la meute des poursuivants, qui compte également Asafa Powell et Tyson Gay. Tous ont passé la formalité des séries, dominées par l'Américain Ryan Bailey en 9"88. Seul Usain Bolt s'est fait quelques frayeurs.

"J'ai fait un faux pas. J'ai un peu trébuché. Mais je suis content que cela se soit produit à ce moment-là", a-t-il expliqué.

De son côté, le Sud-Africain Oscar Pistorius n'a pas tremblé au moment de devenir le premier double amputé à courir une course olympique en compagnie des valides.

Aligné lors de la première série du 400 m, il a terminé deuxième en 45"44 et s'est qualifié, sur ses deux jambes en carbone, pour les demi-finales.

A chaque pays sa spécialité. Le sprint en athlétisme pour les Jamaïcains, la natation et le tennis pour les Américains.

La délégation venue d'outre-Atlantique a fait coup double sur le gazon de Wimbledon, avec le titre en simples dames pour Serena Williams, moins d'un mois après sa victoire au même endroit en Grand Chelem, et le sacre en double messieurs des jumeaux Bob et Mike Bryan.

La paire américaine, qui survole la double depuis près d'une décennie, a brisé les rêves de gloire olympique de Jo-Wilfried Tsonga et Michaël Llodra, battus en finale sur le score de 6-4 7-5.

Ces deux médailles ont permis aux Etats-Unis de conserver leur place en tête du tableau des médailles, avec 26 sacres contre 25 pour la Chine, seule superpuissance sportive en mesure de contester le leadership américain.

Derrière, la Grande-Bretagne a fait un bond, avec désormais un bilan de 14 médailles d'or et semble bien partie pour s'assurer la troisième place. Un objectif à la hauteur de "ses" Jeux.

Simon Carraud pour le service français, édité par Jean Décotte

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