JO: Adrien Mattenet, le "Harry Potter" du ping-pong

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ADRIEN MATTENET, ESPOIR PONGISTE FRANÇAIS
ADRIEN MATTENET, ESPOIR PONGISTE FRANÇAIS

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - Le tennis de table français cherche un nouveau Jean-Philippe Gatien ou un nouveau Patrick Chila depuis longtemps. Adrien Mattenet, sélectionné pour les JO de Londres, semble être un postulant crédible.

Surnommé "Harry Potter" par la presse allemande en raison de son look juvénile et de ses lunettes en permanence vissées sur le nez, le pongiste français n'a, à première vue, rien d'un apprenti sorcier.

Pourtant, lorsqu'on se penche sur son parcours atypique, chacun est en droit de se demander par quel coup de baguette magique il a réussi à percer si vite dans ce sport.

"J'ai commencé 'le ping' un peu par hasard, quand j'étais petit. J'étais venu voir ma soeur s'entraîner. J'ai joué deux-trois balles, comme ça, et l'entraîneur a décidé de me garder", raconte-t-il.

Fidèle à son club de Beauchamp, dans le Val-d'Oise, le jeune Mattenet a ainsi grandi et fait ses classes loin de la filière fédérale, considérée comme le passage obligé pour tout pongiste souhaitant un jour évoluer au haut niveau.

"Il a vraiment un parcours atypique. Il a intégré les structures fédérales il n'y a pas longtemps, il y a quatre-cinq ans. Sa marge de progression est donc très intéressante", a confié à Reuters le Directeur technique national du tennis de table français, Michel Gadal.

"Une fois qu'il a intégré l'INSEP, il est allé très vite. Il a énormément de potentiel. Aujourd'hui, il est à la porte des tous meilleurs", estime-t-il.

Pour le sélectionneur de l'équipe de France masculine, Stéphane Hucliez, le longiligne pongiste du Val d'Oise est un "garçon tout neuf qui apporte une certaine fraîcheur".

"Le fait d'être sélectionné en équipe de France juniors en 2009 lui a ouvert les yeux sur le haut niveau, sur les efforts qu'il fallait fournir. Depuis, il a fait son chemin et il a beaucoup progressé", a-t-il raconté à Reuters.

"Ses qualités ? Rigueur, détermination et ambition."

"LA PERFECTION DU DÉTAIL"

Passé tout près d'un ticket pour les JO de Pékin il y a quatre ans, Adrien Mattenet a pris conscience à ce moment précis que pour briller au niveau mondial, il lui faudrait encore redoubler d'efforts.

Et à partir de là, la machine stakhanoviste s'est mise en marche: création de sa propre structure d'entraînement, augmentation de la cadence d'entraînement - entre 35 et 40 heures par semaine -, recrutement d'un préparateur physique, d'une diététicienne et d'un coach mental.

Quand il parle de cette structure, "la Team Mattenet", le pongiste français souligne la nécessité d'avoir "la perfection du détail, celle qui fait la différence".

Et dans ce souci de concentration extrême, Adrien Mattenet a refusé systématiquement toute demande d'interview au cours des dernières semaines, réservant sa parole après les Jeux olympiques, "en cas de bonne performance".

Les Jeux, il en rêve d'ailleurs depuis qu'il a neuf ans.

"A l'époque, c'est en voyant les JO d'Atlanta que l'olympisme est devenu un rêve, comme de représenter l'équipe de France et de gagner des médailles", raconte-t-il.

"Pour moi, le titre suprême est celui de 'champion olympique'. Dans une carrière, c'est le Graal. C'est ce que je veux."

Si le DTN Michel Gadal sent l'actuel 26e joueur mondial capable de "faire un coup" à Londres, le sélectionneur de l'équipe de France préfère rester plus prudent quant aux chances de son poulain.

"Aux JO, c'est vrai qu'en vertu de la règle des quotas olympiques, il n'y aura que deux Chinois engagés au lieu de six ou sept d'habitude. Le tableau sera donc plus ouvert mais bon, cela ne signifie pas qu'Adrien fera une médaille. Il va falloir y aller crescendo."

Y aller crescendo, Adrien Mattenet ne fait que cela depuis qu'il évolue au haut niveau. De quoi être plutôt optimiste.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Hélène Duvigneau

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