JO: Adrian amiral du sprint, Wiggins prince du chrono

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L'AMÉRICAIN NATHAN ADRIAN REMPORTE L'ÉPREUVE REINE DE NATATION
L'AMÉRICAIN NATHAN ADRIAN REMPORTE L'ÉPREUVE REINE DE NATATION

par Ian Ransom et Mark Trevelyan

LONDRES (Reuters) - L'Américain Nathan Adrian, sacré sur la distance reine des bassins, est devenu mercredi à Londres le navire amiral du sprint mondial, au terme d'une journée qui a offert à la Grande-Bretagne les premiers joyaux d'or de "ses" Jeux olympiques et fait Bradley Wiggins prince du chronomètre.

La France, elle, a assisté avec liesse à l'adoubement de la judoka Lucie Décosse, impériale médaille d'or des -70 kg, et à l'avènement du relais 4x200 m nage libre féminin, médaillé de bronze, soit les douzième et treizième podiums de la délégation française.

Un quatorzième trophée aurait pu rallier les bannières tricolores si Yannick Agnel, déjà double champion olympique et triple médaillé, n'avait pas échoué à quatre centièmes du bronze sur le 100 m nage libre qui a couronné Nathan Adrian.

En un aller-retour dans les lignes d'eau de l'Aquatics Centre (47"52), l'Américain a renversé le champion du monde australien James Magnussen, médaille d'argent pour un petit centième de seconde, et succédé sur le trône du sprint au Français Alain Bernard, qui avait régné sur Pékin en 2008.

Les Etats-Unis reconquièrent ainsi le titre olympique de cette épreuve phare des Jeux après un long hiatus de 24 ans. Nathan Adrian était encore à deux mois de voir le jour lorsqu'un Américain, Matt Biondi, s'était imposé pour la dernière fois en finale du 100 mètres olympique aux Jeux de Séoul en 1988.

DÉCOSSE ET WIGGINS LES PLUS RAPIDES

Dans la querelle dynastique qui oppose depuis dimanche la reine du 400 m, la Française Camille Muffat, à la souveraine du 200 m, l'Américaine Allison Schmitt, c'est la seconde qui a pris l'ascendant en gagnant le 4x200 m nage libre avec l'équipe des Etats-Unis, devant l'Australie et la France.

La natation française compte désormais six médailles - trois d'or, deux d'argent, une de bronze -, soit autant que sa belle moisson de Pékin.

En judo, c'est encore mieux: l'or de Lucie Décosse permet à la délégation tricolore de dépasser son score des Jeux de 2008, où elle avait emporté quatre médailles.

La Française, qui avait dû se contenter de l'argent il y a quatre ans, a obtenu son Graal en battant en finale l'Allemande Kerstin Thiele, au terme d'un combat qu'elle a dominé de bout en bout, apportant du même coup sa première médaille d'or au judo français depuis 12 ans.

A bientôt 31 ans, la Française a écrit la seule ligne qui manquait à son exceptionnel palmarès, non sans avoir infligé au passage l'ippon le plus rapide des Jeux - neuf secondes de combat - à la Colombienne Yuri Alvear, championne du monde en 2009.

Le plus rapide, le Britannique Bradley Wiggins l'a été lui aussi, s'adjugeant devant son public l'or olympique du contre-la-montre sur route, dix jours seulement après son triomphe dans le Tour de France.

Son dauphin et compatriote Christopher Froome s'est paré de bronze, parachevant face au chronomètre la domination que la Grande-Bretagne n'était pas parvenue à concrétiser dans la course en ligne.

Sur le podium dressé au pied Hampton Court Palace, vêtu d'un blouson aux couleurs de l'Union Jack qui le faisait ressembler à l'un des musiciens des groupes Mod qu'il révère, Sa Majesté Bradley a salué les fans brandissant des bannières à sa gloire : "Go Wiggo" ou "Wiggold".

LE BADMINTON DANS LA TOURMENTE

Et les Britanniques, sevrés d'or ces derniers jours, ont même pris goût au plus rutilant des métaux grâce à deux reines de l'aviron, Helen Glover et Heather Stanning, qui ont fait retentir en milieu de journée le tout premier 'God Save The Queen' depuis le début des compétitions.

De la Grande-Bretagne triomphante à la "perfide Albion", il n'y a qu'un pas : le président du comité organisateur des Jeux, Sebastian Coe, l'a franchi à petites foulées en déclarant que Michael Phelps, qui a battu mardi le record de médailles (19) de l'histoire des JO, n'était "probablement pas" le plus grand champion olympique de tous les temps.

Un titre que l'ancien athlète décernerait par exemple au rameur Steve Redgrave, que Bradley Wiggins vient de déposséder du record de médailles olympiques remportées par un Britannique en portant son total personnel à sept.

Si Sebastian Coe n'a pas fait preuve d'un grand esprit olympique à l'égard du "kid de Baltimore", que dire des huit joueuses de badminton disqualifiées par leur Fédération internationale du tournoi de double pour avoir fait exprès de perdre un match de poule afin de bénéficier d'un tableau plus favorable ?

Ces joueuses originaires de Chine, de Corée du Sud et d'Indonésie n'ont "pas fait tout leur possible pour gagner" et se sont "conduites de manière offensante et préjudiciable pour le sport", a tranché la Fédération.

Quant à la gymnaste ouzbèke Luiza Galiulina, qui avait subi un contrôle antidopage positif la semaine dernière, elle a été définitivement exclue des Jeux après la révélation des résultats de l'échantillon B.

Jean Décotte pour le service français, édité par Tangi Salaün

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