JO 2020: les Turcs en quête de réponses après un 5e rejet

le
0
LES TURCS EN QUÊTE DE RÉPONSES APRÈS UN 5E REJET AUX JO
LES TURCS EN QUÊTE DE RÉPONSES APRÈS UN 5E REJET AUX JO

par Ece Toksabay et Humeyra Pamuk

ISTANBUL (Reuters) - Déçus et désabusés, les Turcs ont commencé dimanche l'exercice devenu habituel pour eux de comprendre pourquoi leur candidature à l'organisation des Jeux olympiques a été une nouvelle fois rejetée après la victoire de Tokyo pour l'accueil des J.O. de l'été 2020.

La foule qui s'était rassemblée sur la place Sultanahmet à Istanbul, où la décision du Comité international olympique (CIO) était diffusée en direct sur des écrans géants, a remballé ses drapeaux quand la victoire de la capitale japonaise a été annoncée. Et l'examen de conscience a commencé.

L'agitation sociale, notamment les manifestations de juin autour de la place Taksim, ainsi qu'une série de grosses affaires de dopage sont considérées comme les principales causes de la décision du CIO d'écarter une nouvelle fois Istanbul après les refus opposés à la candidature turque pour les J.O de 2000, 2004, 2008 et 2012.

Fin août, quelques jours avant la décision du CIO, la double championne d'Europe du 100 mètres haies Nevin Yanit a été suspendue deux ans pour dopage.

La guerre civile en Syrie voisine est également citée comme un facteur négatif.

"Regardez la réaction de la police aux manifestations pacifiques à Istanbul. Que se passerait-il en cas de problèmes liés à des rassemblements pendant les Jeux olympiques ? Passerions-nous au gaz poivre le public international ? Avec cette image, il n'est que naturel que nous ne les ayons pas obtenus et il est maintenant temps de se regarder dans le miroir", commente Nurhan Aslan, 37 ans, commercial dans le textile.

D'autres déçus soulignaient l'avantage d'organiser une manifestation sportive dans un pays à cheval sur deux continents, l'Europe et l'Asie.

"Je ne peux pas croire que le comité ait manqué l'occasion de commencer le marathon sur un continent et de le finir sur l'autre", regrettait Kadir Gulmez, un ingénieur de 32 ans.

"Ou bien les athlètes du triathlon traversant à la nage entre deux continents. Ce serait épique. Une occasion parfaite de faire l'Histoire. La Turquie aurait dû l'obtenir."

Avec Murad Sezer; Danielle Rouquié pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant