JO 2016 - Handball - Bleus - Onesta : « Redevenir l'équipe de France qui fait peur »

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JO 2016 - Handball - Bleus - Onesta : « Redevenir l'équipe de France qui fait peur »
JO 2016 - Handball - Bleus - Onesta : « Redevenir l'équipe de France qui fait peur »

A quelques heures du départ des Bleus pour Rio, Claude Onesta attend de ses joueurs d’inspirer de nouveau de la crainte chez leurs adversaires. Ce qui n’était pas le cas lors du dernier Euro. Mais le sélectionneur français sait que les Jeux transcendent toutes les équipes.

Claude Onesta, sentez-vous la même envie qu’en 2012 avant les Jeux de Londres ? Oui, enfin de l’envie… Je peux vous assurer que celui qui n’avait pas envie, il ne serait pas là au bout d’un mois de travail. Quand vous voyez tout ce qu’ils se sont avalé, si tu n’as pas envie… Même s’ils ont compris que l’entraînement était complètement incontournable, ils ont plus envie de jouer que de s’entraîneur quand même. Ceux qui sont encore là et ont tout fait à fond, ils n’ont qu’une envie, c’est que ça soit rentable. Après, ce ne sont pas les mêmes moments. Pékin, il fallait que l’on purge Athènes et d’une certaine façon, cette équipe-là commençait à s’installer et c’était le moment pour elle d’attraper la dernière compétition qui lui manquait. Et Londres, alors ? Londres, c’était différent, parce qu’il y avait eu l’échec de l’Euro précédent en Serbie. C’était une équipe ébranlée qui était arrivée à Londres, plus que cette fois-ci, car le malaise en Serbie avait été plus conséquent que celui-là. En Serbie, on avait une équipe au complet, à qui il ne pouvait pas arriver grand-chose, sauf une mauvaise surprise, et c’est ce qui nous est arrivé. L’équipe de Londres avait d’abord besoin de se reconstruire pour revenir au niveau qui pouvait être le sien et, ensuite, l’imposer aux autres. Mais le premier combat était pour nous-mêmes. Là, on est dans une situation un peu différente. L’Euro n’a pas été une grande réussite, mais on peut être champion olympique. Je sais que c’est dur d’arriver au bout. Mais non, il n’y a aucun problème d’envie, de détermination ou de motivation. Ne me posez pas la question sur la motivation. Les gens de l’entreprise me la posent tous les jours. Quelle est la plus grosse barrière ? Vous ou la concurrence ? Les deux. C’est une compétition sur quinze jours, c’est vraiment un examen, pas un contrôle continu. Et sur un examen, on peut très bien avoir fait une très bonne année et se prendre les pieds dans le tapis. On doit être dans la meilleure configuration et être capable de prendre la mesure des autres, qui, eux aussi, se seront mis dans leur meilleur costume, car personne n’a été avare d’efforts et de travail. Chacun va arriver bien mieux construit qu’on ne l’est quand on aborde un championnat d’Europe ou du monde. Quand vous avez un mois de travail et d’entraînement quotidien, c’est forcément mieux contrôlé. Mais comme toutes les équipes seront à ce niveau-là, il faudra savoir arracher ce que l’on n’est pas capable de réaliser complètement, et puis se faufiler et ne pas se tromper au fil de la compétition sur ce qui est essentiel et ce qui l’est moins.

Onesta : « A Pékin, toutes les équipes se frottaient les mains de jouer les Islandais »

Quel sera votre enjeu sur la phase de poules ? Atteindre les deux premières places pour avoir un quart de finale peut-être plus abordable ? De l’autre poule, tu peux a priori avoir de l’Allemagne, de la Pologne, de la Suède et de la Slovénie. Ce serait bien compliqué de se dire aujourd’hui quel est le meilleur adversaire possible. On va le découvrir au fil du temps. L’Allemagne, qui est championne d’Europe, si elle joue comme elle a joué à l’Eurotournoi, elle peut finir troisième ou quatrième. Et est-ce que ce serait vraiment une chance de les jouer ? Je ne sais pas. Franchement, les équipes sont plus majeures et titrées dans notre poule, mais ce qu’il y a de l’autre côté, quand on voit la Slovénie, qui a été capable de sortir l’Espagne, et que l’on voit leurs résultats en préparation, on se rend compte que ce n’était pas seulement un moment de qualité. Ce sont des moments qui se répètent de la part d’une équipe qui prend confiance. Donc, ce qui pouvait sembler un adversaire à notre portée peut devenir un adversaire pénible. Avez-vous un exemple précis en tête ? A Pékin, toutes les équipes se frottaient les mains de jouer les Islandais en quarts ou en demi-finales, et ils sont tous passés à la trappe. Ce qui va nous donner des éléments de comparaison, c’est le niveau de qualité de ce que ces adversaires vont nous proposer au fil des matchs et la configuration de ces équipes. Il y a des équipes dont le jeu pourra plus s’adapter au nôtre, ou moins. C’est vraiment sur les cinq premiers matchs qu’on doit prendre la température de ce que peut faire chaque équipe. La typologie de certaines équipes, surtout les plus jeunes, peut être différente de ce que l’on a déjà vu d’elles lors de l’Euro six mois plus tôt. Il faut d’abord attendre de voir à quel niveau sont les uns et des autres et quel est le type de jeu produit pour savoir s’il y a des équipes qui semblent plus abordables.

Onesta : « Les frères Karabatic sont souvent ensemble mais ne se coupent pas des autres »

Donc ce premier tour vous servira surtout à vous ? Il y a ce que l’on fait nous et ce que l’on inspire aux autres. Dans une compétition, lorsque vous inspirez de la peur aux autres, vous apportez des arguments qui risquent d’être décisifs lors de votre confrontation. L’équipe de France telle que les gens l’ont vue à l’Euro, ce n’était pas une équipe de France qui faisait peur. Si les types commencent à se dire : « Merde, ils vont recommencer à être difficiles à jouer », c’est évident que tu vas consommer la confiance de ton adversaire. Il fait être capable de jouer à un très bon niveau, mais surtout de montrer dans certains secteurs du jeu, la défense notamment, une sorte de stabilité et de solidité qui fassent que les autres commencent au fond d’eux-mêmes à avoir quelques doutes avant de nous rencontrer. C’est une forme de construction progressive sur de la qualité collective, de la capacité individuelle à terminer les actions et à rentabiliser la qualité du jeu et montrer à l’adversaire que quand on est à ce niveau-là, on est difficile à jouer. Quelle est la relation entre les frères Karabatic et comment est-ce que cela se passe dans une équipe quand il y a deux frères ? Je ne vais pas écouter à la porte pour savoir ce qu’ils se disent, mais ce sont des gens qui sont très liés et qui l’ont toujours été tout au long de leur jeunesse. Ce ne sont pas de grands bavards ni des gens qui s’expliquent beaucoup pour expliquer les choses, ils ont plutôt tendance à les démontrer par des actes. Mais ce n’est pas du tout un problème. Ils sont souvent ensemble, mais ce n’est pas pour autant qu’ils se coupent des autres. Ce ne sont absolument pas des gens difficiles dans la vie de groupe, au contraire. Ce sont des gens très respectueux des autres, quelques soit les statuts des uns et des autres. Ce sont des gens très faciles à vivre. Propos recueillis par Steve Picard [fpvideo mediaid='digiteka' url='http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01896197/zone/1/showtitle/1/src/usmfsr']
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