Jihad en prison : «On m'a proposé de partir au front»

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Jihad en prison : «On m'a proposé de partir au front»
Jihad en prison : «On m'a proposé de partir au front»

Depuis sa cellule, où il purge une peine de trois ans dans une prison du nord de la France, Adil*, 35 ans, suit avec intérêt ce qui se dit du parcours de Mehdi Nemmouche. « Je n'ai pas entendu un politique, un policier ou un sociologue dire quelque chose de concret », balaie-t-il, assurant qu'« entre étudier le comportement d'une personne appelée à combattre et le vivre au fond de soi, il y a une très grande différence »...

Adil laisse entendre qu'il connaît bien le processus qui peut conduire un musulman ex-détenu à vouloir « partir au front ». Et la façon dont celui qui recrute opère : « Il faut qu'il ressente une ferveur chez le candidat au jihad, une sincérité. Faire sa prière et se laisser pousser la barbe, jouer au musulman, ça ne suffit pas. Il faut une confiance énorme. Une prière de consultation à Dieu, des rêves, des signes... »

Lui qui se retrouvera bientôt en fin de peine l'affirme clairement : « On m'a proposé de partir à la sortie. J'ai l'âge et le bon profil : je suis pratiquant, sportif et j'ai la rage contre eux. » « Eux », qu'il appelle avec mépris « les chiens », ce sont tous « ceux de l'administration pénitentiaire » qui veulent « casser du détenu ».

« Je vous le dis, dans certaines prisons, on subit beaucoup. C'est devenu dur psychologiquement. Il y a des gens qui ont peur. La haine s'installe. Un faible d'esprit va se dire : C'est nos ennemis. A la sortie, il voudra se venger. Il ira dans une mosquée plus ou moins réputée chez les musulmans radicaux. Il va tomber sur quelqu'un qui a besoin de main-d'oeuvre. Et il va y aller. »

Adil précise qu'en prison les « recruteurs » n'approchent jamais « le mec qui vient d'arriver ». « Lui parler d'emblée d'islam ou de l'envoyer au front : quel âne bâté ferait ça ? Il se ferait balancer. » L'approche, qui passe par « du contact individuel », est « un travail ...

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