Jibril Rajoub, le général football des Palestiniens

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Jibril Rajoub, le général football des Palestiniens
Jibril Rajoub, le général football des Palestiniens

À l'occasion de la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, So Foot a rencontré celui qui s'est donné pour mission d'ajouter le football au keffieh comme emblème de la cause palestinienne, Jibril Rajoub.

Proche de la résistance armée, responsable politique, emprisonné en Israël pendant plusieurs années, le sexagénaire un brin mégalo n'est pas facile à approcher. Après plusieurs semaines de négociations, on a fini par le rencontrer dans son bureau de Ramallah. Installé entre un immense portrait de Yasser Arafat et un écran géant branché sur Al Jazeera, il a brièvement interrompu les questions d'un revers de la main impérieux - le temps de suivre un court reportage consacré aux petits soucis de son vieux copain Sepp Blatter.

Ici, les gens vous connaissent comme résistant, stratège et animal politique… Comment êtes-vous arrivé à la tête de la Fédération de football palestinienne ? Les autres dirigeants palestiniens m'ont proposé ce poste en 2008, et en fait, on m'a vraiment poussé à m'y installer. À mon sens, c'est surtout parce que je jouis d'une excellente réputation à la fois ici en Palestine, mais aussi à l'étranger. De mon côté, j'y ai vu une opportunité de servir la cause palestinienne, qui est le combat de ma vie. J'ai d'abord étudié la situation du football en Palestine et j'ai estimé que nous avions un fort potentiel. Je me suis dit que le foot pouvait permettre d'instiller des valeurs positives dans notre société, tout en faisant connaître notre sort, donc j'ai accepté. Mais j'ai quand même travaillé dur… J'ai vraiment lu tout ce que je pouvais trouver sur le foot les trois premiers mois, car même si je jouais au football enfant, comme j'ai passé plus de quinze ans dans des prisons israéliennes, j'avais un peu oublié les règles et les enjeux.

Quels sont les principaux défis du football palestinien ? Nos principaux problèmes sont liés à l'occupation israélienne, car nos joueurs ne peuvent pas se déplacer librement. Il faut que vous imaginiez qu'à quelques jours d'un match qualificatif, on ne sait jamais combien de joueur pourront venir sur le terrain. Donc je ne vous parle même pas des entraînements… Ensuite, nous manquons de moyens, malgré l'aide de la FIFA et de l'UEFA. Nous n'avons pas encore de véritable "industrie", mais nous y arriverons bientôt. Enfin, il y a comme partout dans le monde de la récupération politique autour du football – sauf qu'ici, ça crée des divisions très sérieuses.

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