Jeux : l'Etat schizophrène entre en piste

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Sous la pression du PMU et de la filière hippique, le gouvernement a demandé à la Française des jeux de stopper son système d'identification de ses clients, après l'avoir incitée à le mettre en place.

L'Etat schizophrène a encore frappé ! Après avoir poussé depuis deux ans la Française des jeux (FDJ) à mettre en place un système d'identification de ses clients, le gouvernement a brusquement contraint l'entreprise, mercredi 29 mars, à stopper l'expérience qu'elle venait de lancer en ce sens. Tout cela sous la pression du PMU et de la filière hippique, qui craignent qu'en cas de succès de ce test, la FDJ ne leur fasse encore plus d'ombre qu'aujourd'hui. L'Etat freine ainsi une entreprise publique en forme pour protéger un secteur privé mal en point...

« Depuis que je suis arrivée en 2014, l'Etat m'a demandé à plusieurs reprises de proposer des solutions pour mieux identifier les joueurs », raconte Stéphane Pallez, la PDG de la FDJ. C'est que l'anonymat des joueurs dans les bars-tabacs pose des problèmes. De nombreux mineurs touchent à des jeux d'argent alors que c'est interdit. Des adultes profitent aussi de l'anonymat pour blanchir de l'argent sale. Après l'Etat, la Cour des comptes a incité en octobre 2016 les entreprises de jeu à lever l'anonymat des parieurs, puis une mission parlementaire a enfoncé le clou en février.

Il n'y avait pas de cannibalisation possible

Sous pression, la FDJ a décidé de mener un test, validé par l'Etat. Ces derniers mois, une centaine de points de vente (bars, etc.) ont ainsi été identifiés et des contrats signés avec leurs gérants. Les clients devaient y bénéficier d'offres exceptionnelles, en pariant, par exemple, sur des résultats de foo...

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