Jeux d'argent: les Français dépensent en moyenne 400 euros par an

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Entre 2000 et 2012, les dépenses globales des joueurs ont augmenté de 48%, passant de 6,4 à 9,5 milliards d'euros, selon une étude publiée ce mercredi par l'Insee.

Malgré la crise, les jeux d'argent continuent d'attirer les Français. Que ce soit pour gratter un ticket, pour miser sur un cheval ou remplir une grille de loto, les ménages français ont parié 46,2 milliards d'euros en 2012, soit 76% de plus qu'en 2000, selon une étude de l'Insee publiée ce mercredi. De quoi couvrir la moitié du déficit de la France, établi à 87,6 milliards d'euros en 2013!

Près de la moitié des Français jouent au moins occasionnellement. En moyenne, le joueur mise 2000 euros par an pour un gain de 1600 euros et une perte de 400 euros. «Mais ceci est bien une moyenne, insiste un expert de l'Insee. Beaucoup de gens jouent des mini-sommes quand une petite partie mise gros». Autre signe de cet engouement pour les jeux: leur part dans le budget des familles qui n' a eu de cesser d'augmenter ces dix dernières années, passant de 0,6% en 1990 à 0,9% en 2004, avant d'enregistrer une léger recul en 2018 à 0,8%. Crise oblige!

Les Français perdent de l'argent, mais moins qu'avant

Les Français misant plus d'argent, leurs dépenses (comprendre leurs pertes) en 2012 ont également progressé, passant de 6,4 milliards d'euros en 2000 à 9,5 milliards d'euros en 2012, soit une hausse de 48% au cours des ses douze dernieres années. Les mises ayant augmenté plus vite que les dépenses (76% contre 48%), le taux de retour des joueurs (TRJ), c'est-à-dire la proportion des mises que les opérateurs restituent aux joueurs, est aujourd'hui meilleure qu'il y a 10 ans, c'est à dire qu'ils perdent moins d'argent qu'avant.

Mais l'Etat veille toujours à ce que ce taux soit équilibré. «Il ne doit pas être trop élevé car il favoriserait l'addiction et le blanchiment d'argent, explique le même expert. A l'inverse, un taux minimal est nécessaire pour assainir la concurrence entre opérateurs et protéger les joueurs». A titre d'exemple, le TRJ doit être infé-rieur à 75 % pour les jeux de loterie, à 85 % pour les paris sportifs et hippiques en ligne et inversement, supérieur à 85 % pour les machines à sous.

Des inégalités entre la FDJ, le PMU, les casinos et les jeux en ligne

Le secteur des jeux d'argent est composé de quatre acteurs: la Française des Jeux (FDJ), le Pari mutuel urbain (PMU), les casinos et les jeux en ligne depuis leur autorisation en 2010. Si l'activité de la FDJ et du PMU a été dynamique sur la décennie et concentre à elle deux 71% de l'activité, celle des casinos (24%) s'est essoufflée à partir de 2007. «Outre la crise de 2008, ils ont souffert des évolutions réglementaires (contrôles d'identité obligatoires puis interdiction de fumer)», écrivent les auteurs de l'étude. Les jeux en ligne, eux, ne représentent que 5% du marché.

Autre enseignement de cette enquête: les prélèvements obligatoires sont très différents d'un jeu à l'autre. La FDJ reverse 67% des mises qu'elle a empochées dans les caisses de l'Etat, les casinos 54%, 51% pour les opérateurs en ligne et seulement 39% pour le PMU. Son faible taux de prélèvement s'explique par sa participation au financement de la filière équine.

Le PMU, l'opérateur le plus rentable

Tous les intervenants n'ont pas le même taux de rentabilité qui se calcule à partir du produit brut des jeux (PBJ), c'est-à-dire la différence entre les mises des joueurs et leurs gains. Ainsi, le PMU a la plus forte rentabilité en touchant 34% du PBJ, les casinos parviennent à dégager 18% du PBJ quand les jeux en ligne ne dégage aucun bénéfice, note l'Insee. Le plus surprenant est sans doute le taux de rentabilité de la FDJ, qui n'est qu'à 3% du PBJ. En cause? Sa fiscalité très élevée. Pour autant, l'État qui en est son principal actionnaire (72%) n'a pas l'air d'en pâtir!

A la fin de son enquête, l'Insee rappelle que l'addiction aux jeux concerne 10,8% des joueurs actifs, soit 1,3% de la population adulte.

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