Jérôme Lavrilleux livre quatre noms dans l'affaire Bygmalion

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PARIS (Reuters) - Jérôme Lavrilleux, placé mardi en garde à vue dans le cadre de "l'affaire Bygmalion", un système présumé de fausses factures de l'UMP pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, affirme que la décision de mettre en place une double comptabilité a été prise avec quatre autres responsables de l'UMP et de la société.

L'ancien directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy explique dans Libération de jeudi que ni Nicolas Sarkozy, ni Jean-François Copé n'étaient au courant de ce montage.

La décision a été selon lui prise au cours d'une réunion organisée après le second tour de la présidentielle de 2012.

"Après le second tour, j'ai été averti que le coût des meetings de campagne avait explosé le plafond autorisé. Une réunion s'est tenue, il a été décidé de mettre en place une double comptabilité", a dit Jérôme Lavrilleux à Libération.

Une comptabilité reprenait les coûts minorés pour chaque événement, et une autre prenait en compte les montants restants, via de fausses factures portant sur de faux événements.

Selon Jérôme Lavrilleux, le montage s'est décidé après le second tour dans le bureau du directeur général de l'UMP Eric Cesari, en présence de Fabienne Liadzé, directrice financière du parti, de Guillaume Lambert, directeur de campagne, de Franck Attal, chargé d'organiser les meetings de campagne au sein de la filiale de Bygmalion Event&Cie.

Joint par Reuters, Me Patrick Maisonneuve, avocat de Franck Attal, n'a pas souhaité faire de commentaire dans l'immédiat, n'ayant pas pris connaissance de l'article de Libération ni eu son client au téléphone. Ni Guillaume Lambert ni son avocat n'ont souhaité réagir aux déclarations de Jérôme Lavrilleux.

Fabienne Liadzé et Eric Cesari n'étaient pas joignables.

Le quotidien précise, que hormis Fabienne Liadzé qu'il n'a pas pu joindre, tous les participants désignés par Jérôme Lavrilleux nient qu'une telle réunion se soit tenue.

Jérôme Lavrilleux a répété aux enquêteurs que Jean-François Copé n'était pas au courant d'un système de fausses factures, écrit le journal.

L'ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé à la tête de l'UMP a admis le 26 mai sur BFM TV un montage de fausses facturations à l'UMP afin d'absorber une "dérive" des frais de campagne pour un montant, précisait-il, de l'ordre de 10 à 11 millions d'euros.

Selon des documents comptables de la filiale événementielle de Bygmalion, société fondée par deux proches de Jean-François Copé, publiés mardi par Mediapart, le dépassement s'élèverait à quelque 17 millions d'euros.

Jérôme Lavrilleux, récemment élu au Parlement européen, a été entendu mardi durant douze heures par la police judiciaire.

(Marion Douet, avec Chine Labbé et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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  • davidnad le vendredi 4 juil 2014 à 11:57

    encore une promotion au parlement Europeen!!

  • pier4564 le dimanche 29 juin 2014 à 21:25

    Lavrilleux a aussi compté les voix du duel Copé Fillon! D'où la victoire de Copé!

  • ratapon le mercredi 25 juin 2014 à 16:47

    et jean-édouard Lamouche, il est pas cité?

  • g.marti4 le jeudi 19 juin 2014 à 17:27

    eh bé... c'est du propre !!!