Jérôme Kerviel incarcéré à Nice

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JÉRÔME KERVIEL INCARCÉRÉ
JÉRÔME KERVIEL INCARCÉRÉ

NICE (Reuters) - L'ancien trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel, a été incarcéré lundi à la maison d'arrêt de Nice pour purger sa peine de prison au lendemain de son arrestation à son arrivée en France, a annoncé le procureur de Nice, Eric Bedos.

L'ex-courtier de 37 ans avait été transféré un peu plus tôt dans la matinée au parquet de Nice pour se voir signifier sa condamnation à trois ans de prison ferme pour avoir fait perdre 4,9 milliards d'euros à la Société Générale en 2008.

Sa condamnation pénale pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé a été confirmée par la Cour de cassation fin mars.

La haute juridiction a toutefois cassé les dispositions civiles de l'arrêt l'obligeant à payer 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts. La justice devra se prononcer lors d'un nouveau procès au civil sur le préjudice financier de la banque et le montant des dommages qui lui sont imputables.

Dans une opération de communication savamment orchestrée, Jérôme Kerviel a laissé planer le doute pendant tout le week-end sur ses intentions, conditionnant dans un premier temps son retour en France à une réponse de François Hollande à sa demande de protection de témoins des dysfonctionnements qui ont selon lui émaillé son procès.

Il a finalement décidé dimanche soir de passer la frontière entre l'Italie et la France, où il a été aussitôt interpellé par la police avant de passer la nuit au commissariat de Menton (Alpes-Maritimes).

Invité sur Europe 1 lundi matin, l'avocat de la Société Générale a jugé scandaleuse l'interpellation par Jérôme Kerviel du chef de l'Etat François Hollande.

"Dans cette affaire, (...) tous les témoins ont été entendus, M Kerviel a usé 14 avocats parmi les meilleurs de la place", a souligné Jean Veil. "Tous ces gens ont pu examiner la situation complètement, la presse se laisse mystifier par M. Kerviel dans des conditions absolument incroyables".

"Comment veut-on que les collaborateurs de la Société générale ne se soient pas laissés tromper par le même M. Kerviel? Il ne paye pas pour les autres, il était là pour faire son travail, il est sorti de son mandat et par conséquent il a été condamné."

Jérôme Kerviel a toujours affirmé que la Société Générale savait qu'il prenait des positions vertigineuses non couvertes.

(Matthias Galante, édité par Yves Clarisse)

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