Jérôme Kerviel dépose les "preuves" d'un supposé complot

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Jérôme Kerviel dépose les "preuves" d'un supposé complot
Jérôme Kerviel dépose les "preuves" d'un supposé complot

PARIS (Reuters) - L'avocat de l'ex-trader de la Société générale Jérôme Kerviel a remis vendredi à la cour d'appel de Paris ce qu'il présente comme les preuves d'un complot de la banque contre lui au sujet d'une perte historique de 4,9 milliards d'euros.

L'ex-trader a admis lors de son procès en appel qui s'est ouvert lundi avoir pris des positions irrégulières de 50 milliards d'euros en 2008 et les avoir dissimulées, mais assure que la banque l'a laissé agir pour faire de lui le bouc émissaire des pertes provoquées par les "subprimes".

La présidente de la cour, Mireille Filippini, avait sommé jeudi son avocat David Koubbi de remettre les pièces à l'appui de sa thèse à son greffe ce vendredi, bien qu'il n'y ait pas audience, afin de permettre un débat public.

Les documents versés sont, a dit Me Koubbi à Reuters, une note d'un témoin anonyme présenté comme un employé de la Société générale prêt à déposer et qui soutient la thèse en question.

Il y a aussi, dit l'avocat, un tableau résumant son analyse et des centaines de pages relatives aux transactions par lesquelles la Société générale dit avoir "débouclé" la position Kerviel en 2008, perdant 4,9 milliards d'euros.

Me Jean Veil, un des avocats de la banque qui a également reçu les pièces vendredi, a vivement contesté le scénario présenté par son contradicteur, qu'il a qualifié de "délire". Il nie tout intérêt aux pièces déposées.

"C'est sans aucun intérêt et ça ne montre rien du tout. C'est la répétition des délires développés par Jérôme Kerviel lors des dernières audiences à propos du débouclage", a-t-il dit à Reuters.

Ce scénario présenté par Jérôme Kerviel, qui a jusqu'ici suscité le scepticisme de la présidente de la cour et de l'accusation, fera l'objet d'un débat à l'audience lundi.

Le parquet soutient la thèse du dérapage d'un homme seul, et retient que même si la banque a montré des défaillances de contrôle, elle n'en est pas moins fondée à demander réparation au moins symbolique de la totalité de son préjudice.

Jérôme Kerviel a été condamné en première instance en 2010 à trois ans de prison ferme et à l'obligation de rembourser les 4,9 milliards d'euros, ce qui constitue un record dans l'histoire judiciaire. Cette sentence est suspendue par l'appel.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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  • M140210 le vendredi 8 juin 2012 à 17:49

    50 milliard de position, et il n'ont rien vu? On nous prend pour des c...

  • sophiatr le vendredi 8 juin 2012 à 17:03

    SG direction 16E