Jérôme Chartier dénonce le «massacre fiscal»

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INTERVIEW - Selon le député UMP, les hausses d'impôts depuis 2012 ont pesé 90 milliards en impact réel sur l'économie.

Le Figaro. - On considère en général qu'il y a eu 30 milliards de hausses fiscales sous Sarkozy et 30 sous Hollande. Ce n'est pas votre analyse. Quel mode de calcul avez-vous utilisé?

Jérôme CHARTIER. - Le PS a dit et répété en 2012 que Nicolas Sarkozy avait créé 600 milliards de déficits. J'ai utilisé le même mode de calcul: ce qui est retiré une année par une taxe en plus, cela se répercute aussi sur les années suivantes. En impact réel sur l'économie, il ne s'agit donc pas de 30 milliards de hausses, mais de plus de 80 milliards d'euros qui ne sont pas allés dans le porte-monnaie des Français, auxquels il faut ajouter un peu plus de 9 milliards ponctionnés sur la capacité de financement des entreprises. Les hausses des impôts et des déficits après 2008 sont une conséquence de la dépression mondiale qui a suivi la crise. Cela n'a rien à voir avec les trois premières années du quinquennat de François Hollande. Malgré un climat économique international bien meilleur, il a continué d'augmenter les impôts sans baisser les déficits! À ce rythme, on pourrait se retrouver avec 450 milliards de déficit et de hausses de taxes et d'impôts cumulées à la fin du quinquennat. Et tout cela sans crise financière et dans un contexte de reprise économique mondiale!

Vous dites qu'il y a eu 55 hausses décidées en trente mois par les socialistes. Sous les gouvernements Fillon, il y a aussi eu de nouvelles taxes.

Oui, mais pas de cette ampleur. Nous avons constaté qu'on arrivait à deux nouvelles taxes ou augmentations d'impôts par mois en moyenne. C'est énorme. Et ces décisions ont de plus considérablement accru l'iniquité fiscale. Le sentiment que certains payent tout et les autres rien remet en cause la relation entre les Français et l'impôt. Et d'ailleurs, si pour la première fois l'impôt rentre difficilement cette année dans les caisses de l'État, il ne faut pas aller chercher un autre motif. Mais le plus grave est le peu d'efforts accompli par cette majorité pour réduire la charge des dépenses publiques, alors que les Français se sont fait massacrer fiscalement pendant ce temps.

Que faut-il faire?

Le seul moyen de créer de l'investissement, qui est la condition de la croissance, c'est la baisse des impôts par la baisse de la dépense publique. On ne peut pas envoyer le message qu'on réduit seulement les impôts sans réduire la dépense publique. Il faut donc qu'on inscrive dans les principes généraux de la fiscalité qu'à toute réduction des déficits correspondra une baisse des impôts. Les Français constateront alors que la baisse des dépenses entraînera une baisse directe de leurs impôts. Ainsi, s'ils déplorent la fermeture d'un service public, ils verront aussi qu'elle correspond à une réduction directe de leur fiscalité.

Les collectivités locales doivent-elles faire un effort particulier?

Les régions et les départements ont beaucoup embauché, beaucoup dépensé. Aujourd'hui, elles sont en difficulté car l'État retire ses dotations. Les électeurs doivent savoir à quoi ils s'exposent en votant socialiste aux départementales. Ils acceptent de courir le risque de la hausse de la taxe insidieuse, qui fait florès au gouvernement et dans les collectivités locales de gauche.

Votre liste ressemble à un bric-à-brac de taxes en tout genre. Pourquoi ces données ne sont-elles pas plus facilement accessibles?

Ce fut l'une des difficultés de la tâche. Je souhaite que Bercy puisse présenter lors de chaque discussion de la loi de finances l'ensemble des taxes et impôts au fil de l'année, lissés en fonction de ce qu'ils ont effectivement rapporté. Aujourd'hui, même si on continue d'observer quelques tentatives de surestimation, il est de plus en plus illusoire de prétendre maquiller un budget et donc inutile de ne pas donner les vrais chiffres, le plus rapidement possible. Nous avons compilé l'ensemble des lois de finances et réalisé un travail de bénédictin. Mais qui portera ses fruits. Le gouvernement ne peut plus cacher l'ampleur de ce qu'il a prélevé dans la poche des Français.

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  • bearnhar le jeudi 12 mar 2015 à 09:30

    Ce qu'il faut faire, on le sait depuis...on ne compte meme plus. Ils n'ont donc AUCUNE excuse d'avoir fait l'inverse, pour cela qu'ils ne meritent plus d'avoir un seul mandat. C'est simple. Faut meme arreter de les interviewer, nous ne les payons pas pour causer, eux croient que si.

  • M2931816 le mercredi 4 mar 2015 à 12:55

    Pour supplimer les "politiquards "à vie" il faut une loi limitant à 2 les mandats des élus.

  • b.renie le mercredi 4 mar 2015 à 11:15

    On asssite là encore une fois à l'effet serendip d'une disposition intelligente qui avait pour but d'aider les collectivités locales à la dérive de recevoir de quoi se créer un avenir. Mais la généralisation de cette mesure a créé une aubaine pour toutes les collectivités qui n'ont pas manque d'en abuser. C'est cela que Alain PEYREFITTE appelle l'effet serendip. On n'aboutit pas au but poursuivi. On a aboutit à la gabegie et non au développement.

  • b.renie le mercredi 4 mar 2015 à 11:09

    La réduction drastique de la dépense publique est la seule voie qui peut éviter à la France le naufrage annoncé.Les collectivités ne réduiront leurs dépenses que sous la pression créée par la réduction de de la dotation venant du budget de l'Etat car pour financer leurs folies ils devront taxer leurs électeurs. Aujourd'hui c'est l'autre, le voisin qui paie alors allons-y plein pot.

  • mlemonn4 le mercredi 4 mar 2015 à 10:22

    La seule chose à faire , c'est de renvoyer cette caste de technocrates de politicards fonctionnaires et carrièristes qui ont foutu la france à sac et en faillitte depuis 40 ans qui se sont royalement octroyés sur le dos du contribuable avec leurs pertits copains coquins, des privilèges et avantages indécents qu'il faudra très rapidement éradiquer et demander leur remboursement à la nation; je pense qu'ils vont très bientot moins rigoler et que cela va leur chauffer les fesses.

  • mfouche2 le mercredi 4 mar 2015 à 09:36

    Pendant ce temps MLP progresse . On va encore le mesurer dans quelques jours aux résultats des départementales . Les socialos vont être balayés .

  • MrCac40 le mercredi 4 mar 2015 à 09:33

    kejocol, dans ce cas la il faudrait les payer aussi bien que dans le privé aussi.....

  • kejocol le mercredi 4 mar 2015 à 08:52

    Que faut il faire?? c evident, il faut virer la moitie des deputes , tous les senateurs, conseillers politiques et la plupart des agences qui sont des doublons de l'etat sans valeur ajoutée. de plus il faut faire cotiser tous les fonctionnaires et les faire travailler le meme nombre d'année que le prive avec bien sur la retraites a60 ans pour tous. en clair, justice sociale en restructurant l'etat.